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18 février 2015
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Ces merveilleux manuels américains…

Tout le monde loue - pour leurs qualités pédagogiques, leur accessibilité et leur absence de formalisme - les ouvrages sur les "principes de l’économie" publiés ces dernières années par des auteurs américains réputés, tels Mankiw et Stiglitz. Couleurs, photos, extraits d’articles de journaux sur des problèmes d’actualité, raisonnements simples et décomposés à l’extrême : le produit est alléchant.
Ces ouvrages connaissent des tirages très importants : Mankiw a touché plus de 2 millions de dollars avant même d’avoir écrit une seule ligne... Ce qui s’explique par la situation aux USA, où il existe dans toutes les universités des cours d’économie, sur un ou deux semestres, que les étudiants de toutes disciplines (scientifique, littéraire, etc.) peuvent prendre, à titre d’option. Plus d’un million d’entre eux suivent chaque année ces cours ! Voilà de quoi intéresser les éditeurs même si une très faible partie d’entre eux poursuit ensuite des études en économie.
Quel est le but de ces ouvrages - dont L’économique de Paul Samuelson est le grand ancêtre ? Faire passer l’idée qu’il y a une sorte de raisonnement économique accessible à tous, pourvu de faire un petit effort, raisonnement qui est essentiellement basé sur la " loi de l’offre et de la demande " - dont la vie de tous les jours nous prouverait le bien fondé - et sur la proposition selon laquelle le marché est un système efficace - qui affecte, en règle générale, les ressources de façon optimale. Cette proposition est présentée comme un résultat, au sens mathématique - et non comme une affirmation ou une croyance a priori -, mais vu le caractère " élémentaire " des ouvrages considérés, la démonstration ne pourrait en être donnée ; elle n’est donc que suggérée, à travers des métaphores (dont celle, incontournable, de la " main invisible ").
La thèse selon laquelle le marché est un système efficace, qui est au cœur de l’idéologie dominante (tout particulièrement aux USA), est donc affirmée dès le départ, et réaffirmée par la suite. Comme il est toutefois notoire que les économistes sont divisés, ce ne peut donc être que sur des questions secondaires. D’où l’insistance de ces ouvrages sur le " consensus " qui existerait parmi les économistes sur l’essentiel. Stiglitz énumère tout au long de son livre une série de propositions sur lesquelles il y aurait consensus. Le premier chapitre de Mankiw porte sur " Les dix principes de l’économie ", principes présentés comme allant de soi, et donc acceptés par tout le monde ; dans son deuxième chapitre, " Penser comme un économiste ", il énonce " dix propositions qui font l’unanimité " (p 43). Il est vrai que l’un et l’autre admettent l’existence de divergences, mais ils précisent aussitôt qu’il en est de même dans les autres sciences et, qu’en outre, des " systèmes de valeurs " différents expliquent en bonne partie des recommandations différentes de politique économique. Le lecteur retient toutefois l’idée du " consensus " (ou de l’ " unanimité ") sur l’essentiel - à commencer par l’ " efficacité " du marché ; c’est là le plus important.

Mankiw : " la main invisible au caractère magique " du marché

Les trois premiers " principes " du premier chapitre de Mankiw concernent les décisions individuelles ; ils sont relativement triviaux : " les gens doivent faire des choix ", " le coût d’un bien est ce à quoi l’on est prêt à renoncer pour l’obtenir ", " les gens réagissent aux incitations ". Puis viennent les principes sur " comment les gens interagissent ". Après " l’échange enrichit tout le monde ", qui peut déjà prêter à discussion, on tombe sur le principe n°6 : " En général, les marchés concurrentiels constituent une façon efficace d’organiser l’activité économique ".
Pour justifier ce principe, on a d’abord droit à la rituelle allusion à l’ " effondrement du communisme ", puis à la non moins rituelle allusion à Adam Smith et à la " main invisible " (qui n’a rien à voir, chez Smith, avec le marché, mais passons ...) :
" Dans son livre, La richesse des nations, l’économiste Smith fit remarquer (et c’est là la plus célèbre constatation de toute la science économique) que les entreprises et les individus actifs sur un marché se comportent comme s’ils étaient guidés par une main invisible qui favorise l’émergence de résultats favorables à tous. Un des objectifs de ce manuel est d’expliquer comment fonctionne cette main invisible au caractère magique. En étudiant l’économie, vous apprendrez que les prix sont l’instrument par lequel la main invisible organise l’activité économique " (p 13).
On n’apprendra évidemment rien du tout, puisque - contrairement à ce Mankiw laisse entendre - il n’explique nulle part comment " fonctionne " cette " main invisible ", dont les prix seraient " l’instrument " ; peut-être que Mankiw songe à la main, bien visible, du commissaire-priseur walrasien - mais le lecteur n’en saura rien. On ne trouve dans son livre aucune allusion à la modélisation en équilibre général (à la Arrow-Debreu), que les néo-classiques présentent généralement comme la version formalisée de la main invisible - et qui sert à justifier toute la formalisation. Au lecteur de se contenter d’affirmations sur la " capacité remarquable de la main invisible à organiser l’économie " ou " les planificateurs ont échoué parce qu’ils ont voulu gérer l’économie avec une main attachée dans le dos - la main invisible du marché " (p13).
Le postulat sur l’efficience du marché, conséquence de l’action magique de la main invisible, conditionne la structure même de l’ouvrage : il n’y a plus qu’à en voir les conséquences, et éventuellement à s’émerveiller. Il y a cependant une petite réserve : cette efficience ne serait avérée qu’" en général " ; cela permet d’accorder une certaine place aux " déficiences ", qui vont du monopole aux externalités. Mais tout le monde sait que la perfection n’est pas de ce monde !

De l’" émerveillement " de Samuelson et Nordhaus au " ressort " de Stiglitz

Samuelson et Nordhaus (S&N) font aussi - dans une partie du chapitre 2 de leur Economique (éd. Economica) appelée " qu’est-ce que le marché ? " - le coup de la main invisible, dont " Smith proclamait le principe ", car il aurait été le premier à percevoir l’ " ordonnancement du système de marché " (p 29). Selon eux, les " actions et objectifs " des individus " sont coordonnés de façon invisible par un système de prix et de marchés " p 26). A la " magie " de Mankiw se substitue le " miracle " - " mais le vrai miracle est que tout le système fonctionne sans coercition ni direction centrale de quiconque " p, 26) - et l’émerveillement (" l’essentiel de notre vie économique se déroule sans intervention de l’Etat ; c’est la vraie merveille de notre société " p 26). En outre, il aurait été " démontré " qu’une " économie parfaitement concurrentielle est efficace " - même si c’est sous des " conditions restrictives " (p 29). Le système de marché peut avoir des " carences ", mais c’est son caractère " miraculeux " qui est essentiel.
Stiglitz est un peu moins dithyrambique, mais l’idée est la même. Ainsi, il commence son chapitre " Comment raisonnent les économistes ? " par " le modèle concurrentiel de base " qui décrirait " le fonctionnement d’une économie sans intervention de l’Etat " (p 26). Il résulte de ce modèle que si les marchés sont concurrentiels, " alors l’économie sera efficace " (p27). Bien sûr, " tous les économistes reconnaissent que le modèle concurrentiel ne décrit pas parfaitement la réalité " (les italiques sont de Stiglitz), mais c’est pour eux un " cadre de référence utile ", car il " donne des résultats satisfaisants - les prévisions obtenues, sans être parfaites, correspondent bien à ce que l’on observe effectivement " (p 27). D’où une longue étude des " marché parfaits ", dans lesquels agit sans entrave la " loi de l’offre et la demande " ; la métaphore utilisée est celle du " poids au bout d’un ressort ", dont les mouvements s’amortissent progressivement, jusqu’à atteindre l’équilibre : c’est la version physique de la main invisible. L’idée essentielle est la même : " dans les économies de marché concurrentielles, les prix effectifs tendent vers les prix d’équilibre ", l’" efficacité " s’ensuivant.

Qu’est-ce que le marché ?

Dans le cas " concurrentiel ", le marché est efficace : c’est la première, et principale, leçon que doit retenir le lecteur de ces ouvrages " de base ". L’efficacité est généralement définie : c’est l’optimalité de Pareto. Et le marché ? Egalement, si on veut. Ainsi, dans le glossaire du livre de Mankiw, il est écrit : " Marché : groupe de vendeurs et d’acheteurs d’un bien ou d’un service particulier ". Ce qui est pour le moins vague ... Mais il y a aussi, tout de suite après : " Marché concurrentiel : marché sur lequel les acheteurs et les vendeurs sont trop nombreux pour que l’un d’entre eux puisse influencer le prix du marché " (p 112). Pourtant, dans l’entrée " marché ", il n’est nulle part fait allusion à un quelconque " prix du marché " : d’où vient-il ? qui le propose ? comment varie-t-il ? On n’en saura rien, bien que c’est à travers lui qu’agit la " main invisible " (qui, d’ailleurs, ne figure pas dans le glossaire). Quand Mankiw veut donner un exemple " concret ", celui du " marché des glaces dans une ville donnée ", il est manifestement ennuyé pour expliquer d’où vient le prix. En effet, après avoir supposé que les acheteurs, nombreux, sont preneurs de prix, il ne peut faire de même avec les vendeurs (car, sinon, il faudrait qu’il précise QUI fixe les prix). C’est pourquoi il introduit subrepticement un " prix courant " (sic !) en faisant appel à un argument (apparemment) de bon sens : " un vendeur a peu de raisons de vendre à un prix inférieur au prix courant, et s’il vend plus cher, les clients iront chez un autre vendeur ". N’est-ce pas évident ? L’économie, c’est si simple ...
Samuelson et Nordhaus tombent dans le même travers : " venons-en maintenant à l’un des domaines les plus importants de l’économie : comment les entreprises répondent aux signaux de prix que le marché leur envoie " (première phrase du chapitre sur le "comportement des entreprises en concurrence parfaite", p 136). Au début de l’ouvrage, ils ont même une section (du chapitre 2) intitulée " Qu’est ce que le marché ? " où, après avoir écrit, en italiques, "dans une économie de marché, aucun individu ou aucune organisation n’est responsable de la production, de la consommation, de la fixation des prix" (p 26), ils donnent la définition suivante :
" Un marché est un mécanisme par lequel des acheteurs et des vendeurs interagissent pour déterminer le prix et la quantité d’un bien et d’un service " (p 27), puis ils précisent " Les prix coordonnent les décisions des producteurs et des consommateurs sur un marché ... Les prix sont la courroie de transmission du mécanisme du marché ".
Ici, c’est la métaphore mécanique - " mécanisme ", " courroie de transmission " - qui sert d’échappatoire.
Pour les auteurs de ces ouvrages, l’étude des " marchés concurrentiels " se ramène en fait à celle de courbes de demande et d’offre d’un bien (cornets de glace pour Mankiw, flocons d’avoine pour S. & N., tablettes de chocolat pour Stiglitz), courbes purement fictives, que " le marché " additionnerait et confronterait, jusqu’à ce que l’équilibre (donné par l’intersection de ces courbes) soit atteint (le truc du ressort).
Au vu de cela, on se demande alors à quoi peuvent - ou ont pu - servir les analyses en équilibre général qui cherchent à montrer " rigoureusement ", à partir de " fondements microéconomiques ", l’existence et la stabilité de l’équilibre, la décroissance de la fonction de demande, etc. Pourtant, Samuelson, dans son ouvrage " avancé ", Les fondements de l’analyse économique (1949), explique que l’économiste ne peut se contenter d’invoquer à tout bout champ, " comme un perroquet ", " la loi de l’offre et de la demande ", alors que c’est ce qu’il fait dans son ouvrage d’initiation à l’économie.

Microéconomie et " analyses concrètes "

Si les ouvrages de Mankiw, S&N et Stiglitz sont tellement vantés, c’est en raison de leur caractère " concret " : ils fourmillent d’anecdotes, d’exemples tirés de la vie réelle, d’encadrés portant sur des tas de questions, etc. L’essentiel des raisonnements utilisent des courbes d’offre et de demande, en faisant appel au bon sens du lecteur.
On peut alors se demander : à quoi sert la microéconomie, et ses fameux " outils " ? On peut en effet lire ces livres d’un bout à l’autre sans avoir besoin d’elle. Ainsi, Mankiw présente la théorie du choix du consommateur au ... chapitre 21 (p 569), en tant que " sujet approfondi " (sous-entendu : on peut sauter ce chapitre). On y trouve - dans le cas d’un choix entre Pepsi et pizza (excellente diète !) -, la présentation, purement graphique, de l’effet substitution et de l’effet revenu, dont sont déduites " quatre applications ", censées répondre à quatre questions précises.

1. " Les courbes de demande pour un bien ont-elles une pente décroissante en fonction du prix de ce bien ? ". Après l’inévitable allusion aux biens-Giffen, la réponse tombe : " la loi de la demande est pratiquement inviolable ". Les économistes disposent donc d’au moins une loi, qui serait " inviolable ", ou presque ! Formidable ! Hélas, comme toujours, cette pseudo loi est avancée en supposant le revenu donné - ce qui est incohérent, car le revenu provient de la vente de quelque chose. Dès qu’on tient compte du lien entre revenus et prix, l’ " inviolabilité " disparaît, et on ne peut plus rien dire (théorème de Sonnenschein, 1972). Il y a indétermination. Mais Mankiw, qui ne peut l’ignorer - cela a été formellement établi il y a trente ans - fait croire le contraire, en jouant sur le caractère apparemment intuitif de la " loi de la demande ".

2. " Comment les salaires influent-ils sur la demande de travail ? ". Réponse : on n’en sait rien (" la théorie économique ne peut pas prédire le résultat de ce jeu là ", p 592).

3. " Comment les taux d’intérêt influent-ils sur l’épargne des ménages ? ". Réponse : on n’en sait rien (" le résultat final est donc indéterminé a priori "p 596). Une perle, au passage : " la théorie du choix du consommateur nous apprend donc qu’une augmentation du taux d’intérêt peut encourager ou au contraire décourager l’épargne ". La prédiction de cette théorie est toujours vraie...

4. " Les pauvres préfèrent-ils les transferts en espèces ou en nature".
Faut-il tracer beaucoup de courbes pour y répondre ? Si on vous propose soit 100F, soit 10kg de pommes à 10F le kilo, que préférez vous ? Je vous laisse deviner...
Conclusion : comme des quatre " applications ", la théorie du choix du consommateur ne fournit aucune prédiction pour trois d’entre elles, la réponse à la quatrième étant immédiate, on comprend qu’elle ne serve strictement à rien. Ce n’est pas par hasard que sa présentation se trouve à la fin de la partie " microéconomique " de l’ouvrage (la partie suivante traitant des " données macroéconomiques ").

Il en est de même chez S&N : " l’analyse graphique de l’équilibre du consommateur ", y est reportée en annexe (annexe 5 du chapitre 5). On y trouve évidemment le résultat tellement attendu : " les courbes d’indifférence nous permettent de déduire une authentique courbe de demande de pente négative " (p 101). On passe de l’ " inviolable " à l’ " authentique ", mais c’est toujours la même chose ...
Stiglitz, lui aussi, donne la théorie du choix du consommateur en annexe : comme pour les autres. Bien entendu, les courbes d’indifférence sont dans les trois cas purement ad hoc.
En ce qui concerne le producteur, l’accent est mis sur les fonctions de coût. Les exemples, de fonction de production et de coût sont aussi purement ad hoc. Ainsi, Mankiw privilégie ses exemples " alimentaires " avec l’entreprise de " la gourmande Hélène ", qui n’emploie que du travail (p 340), le " stand limonadier de Thelma " (p 351), la " croissanterie de Bob " (p 359). S&N se contentent de tableaux chiffrés construits pour la circonstance, ou inventent des pseudo entreprises (" Bossenbrie " (sic !), " Touchaud S.A. (resic !)).

Conclusion

Les livres de Mankiw, S & N et Stiglitz comportent des centaines de pages. On n’en a cité que quelques unes, en raison de leur rôle clé dans l’architecture de l’ouvrage : si on postule dès le départ que le marché est un " mécanisme efficace ", guidé par une " main invisible ", alors on évite les questions essentielles - notamment, celle de la formation effective des prix et celle de la coordination des choix (puisqu’elle est postulée), questions qui sont, ou devraient être, au cœur de la réflexion économique. Si ces ouvrages comportent des réflexions intéressantes, c’est justement lorsqu’ils abordent les questions relatives à ce qu’ils considèrent les " défaillances du marché " : asymétrie d’information, externalités, coûts de transaction. Le " mécanisme " magique du marché ne pouvant alors être invoqué, les auteurs de ces ouvrages sont alors obligés d’aborder concrètement les problèmes posés. Des arguments sont avancés, des solutions évoquées : il y a du moins une réflexion, qui n’est pas toujours sans intérêt (notamment chez Stiglitz). Généralement, il n’y a pas de " solution " qui s’impose - si on exclut la référence rituelle à celle du " marché ", vers laquelle il faudrait tendre. Tout dépend des facteurs pris en compte, de leur importance relative, des rapports de force et aussi, très souvent, des normes (critères éthiques) adoptés. Il est d’ailleurs frappant de constater que ces discussions et ces réflexions sont menées sans utiliser les fameux " outils " de la microéconomie ; ce qui n’est pas surprenant, puisque ces " outils " ne concernent que des mondes fictifs, sans rapport avec celui dans lequel les questions sont discutées.

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