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Les Echos

Vives critiques sur l’enseignement de l’économie à l’université

Un collectif d’étudiants de l’ENS et des universités critique sévèrement l’enseignement de l’économie qu’il juge trop déconnecté de la réalité. Un rapport commandé par la Direction de l’enseignement supérieur pointe quasiment les mêmes dysfonctionnements.

L’enseignement de l’économie à l’université est dans le collimateur : un collectif d’étudiants " Pour une réforme de l’enseignement de l’économie " fait actuellement circuler une " lettre ouverte " dans laquelle il critique sévèrement le caractère " trop souvent dogmatique " selon lui d’une formation qui manque " de toute ouverture sur le monde et sur les enjeux économiques et sociaux " et " qui ne laisse aucune place à la réflexion et au débat ". Tel qu’il est dispensé, l’enseignement de l’économie s’apparente à des études " dans un monde imaginaire " avec " un empilement de modèles et d’équations, sans explication, ni discussions des hypothèses de base ". Les signataires rejettent " l’usage incontrôlé " de la formalisation mathématique " devenue une fin en soi " qui, certes, " facilite la notation et la sélection, sous couvert de scientificité " mais " ne répond jamais aux questions que nous nous posons ".

Initié par des normaliens et des étudiants de la Sorbonne, Nanterre, Dauphine, Versailles St Quentin, ce réseau de protestataires est en train de s’étendre progressivement en province assure un de leur porte-parole, Olivier Vaury.

" Un malaise général et ancien "

Mais quoi qu’il advienne de ce mouvement, son principal objectif est déjà atteint : mettre sur la place publique un débat qui, pour ne pas être récent, n’avait jamais franchi l’enceinte des facultés jusqu’à présent. " Le malaise est général et il est ancien ", confirme Simone Chapoulie. _ Enseignante en classes préparatoires au lycée Janson-de-Sailly, elle n’est pas étonnée par cette " rébellion " intellectuelle qu’elle a souvent entendue, mais uniquement à titre individuel jusqu’à présent. Alors qu’en classe préparatoire l’enseignement est orienté sur l’étude des réalités concrètes, à la faculté il est essentiellement axé sur la résolution de problèmes mathématiques. " Dans nos cours, nous parlons d’entreprises, de Banque centrale européenne, de politique économique au niveau européen tandis que l’université décourage l’intérêt des étudiants pour la réalité ", affirme-t-elle. " Les enseignants d’économie en facultés n’imaginent pas à quel point ils sont répulsifs ", souligne-t-elle.
Ce rejet, combiné à une baisse continue des effectifs étudiants en économie et à des difficultés de débouchés à la sortie, a conduit la Direction de l’enseignement supérieur à demander à un professeur de sciences économiques, Michel Vernières, un rapport sur l’enseignement des sciences économiques à l’université.

Les bacheliers découragés

Le rapport d’étape que se sont procuré les étudiants pointe quasiment les mêmes dysfonctionnements : " enseignement trop abstrait ", " absence de sens économique donnée aux résultats d’un modèle ", " méconnaissance des données institutionnelles de base ".
Dans les lycées, ce débat rencontre un écho favorable. " Cela fait des années que nous nous battons contre l’utilisation abusive de l’outil mathématique, au cours des deux premières années ", explique le secrétaire de l’association des professeur de sciences économiques et sociales ( l’APSES), Pascal Fuzat.

Outre que cette formalisation n’encourage guère l’analyse critique, elle décourage les bacheliers de la filière économique et sociale ( E. S.). C’est pourquoi l’APSES a pris son bâton de pèlerin pour " sensibiliser " les enseignants-chercheurs.

Brigitte Perucca

 
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