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Spécial élections Paris I

Lettre d’information (presque) mensuelle du Mouvement des étudiants pour une réforme de l’enseignement de l’économie

Notre lettre d’information est de retour, avec un numéro spécial, consacré au récit de l’action menée par la section locale d’Autisme-économie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui s’est constituée en juin 2002.

Un vote qui ne trompe pas !

L’expérience de la section Paris 1 d’Autisme-économie

Les étudiants en économie de l’Université Paris 1 sont globalement insatisfaits de leurs enseignements et ils le font savoir en votant !

L’expérience de la section Paris 1 d’Autisme-économie depuis quelques mois est riche d’enseignements. C’est pour cela que nous avons voulu vous la faire partager, en espérant que des étudiants dans d’autres universités suivent la même démarche pour qu’enfin il y ait une réforme en profondeur de la manière dont on enseigne l’économie à l’université au niveau national !

Un peu d’histoire…

Le réseau Autisme-économie est né au début de l’année 2000, à l’initiative d’étudiants animés par les mêmes préoccupations concernant l’enseignement de l’économie.

Les 3 éléments de notre contestation portaient sur :
- la volonté de sortir des "mondes imaginaires" : l’enseignement tel qu’il est dispensé ne satisfait généralement pas le désir de compréhension des phénomènes économiques. La théorie effectue rarement un nécessaire retour aux faits (partie empirique quasiment inexistante) ;
- le refus d’une formalisation excessive : le recours à la formalisation mathématique, lorsqu’elle n’est plus un instrument mais devient une fin en soi, conduit à une véritable schizophrénie par rapport au monde réel ;
- la volonté d’un enseignement plus pluraliste : trop souvent, le cours magistral ne laisse pas la place à la réflexion. On ne nous présente généralement qu’une seule approche, celle de la théorie néoclassique, présentée comme LA vérité économique. Nous refusons ce dogmatisme. Nous voulons un pluralisme des explications, adapté à la complexité des objets et à l’incertitude qui plane sur la plupart des questions en économie.
Suite à notre pétition, lancée à la fin de l’année 2000, et qui a recueilli plus de 2500 signatures, les économistes et enseignants commencèrent à exprimer leurs points de vue et à prendre part au débat : il y eu d’abord une motion de soutien de plus de 200 enseignants, puis la publication d’un "contre-appel". Dans ce dernier, certains économistes affirmèrent que la formalisation était le seul gage de "scientificité" en économie. De plus ils nous accusèrent de vouloir supprimer les mathématiques de la discipline économique. Or il s’agit d’une perception déformée de nos revendications : nous ne prônons la suppression ni des mathématiques, ni des statistiques (qui devraient servir davantage à des études empiriques), ni de “la théorie” (nous voulons étudier LES théories).

D’autre part, les nombreuses signatures recueillies par la lettre ouverte conduisirent le Ministre de l’Education Nationale, Jack Lang, à commander en 2001 un rapport sur l’enseignement de l’économie à Jean-Paul Fitoussi. Ce rapport comporte quelques rares avancées (comme la confrontation de la théorie aux faits), mais entérine la prédominance de la théorie néoclassique. En outre, certains passages de ce rapport, en prônant la mise en concurrence des universités (page 169) et en proposant d’alléger la charge horaire globale des enseignements (page 154), nous semblent incompatibles avec la logique d’un service public de qualité qui doit garantir l’égalité de traitement des étudiants.


La création de la section Paris 1 d’Autisme-économie

La section Paris 1 d’Autisme-économie est née en juin 2002 avec la volonté d’accentuer le travail auprès des étudiants en organisant des débats et en leur proposant de participer à l’élaboration d’une maquette alternative.

En effet, peu importe le succès médiatique de notre mouvement s’il ne se traduit pas par un réel changement des contenus des enseignements d’économie qui sont dispensés aux étudiants.

Il nous semble essentiel que l’enseignement de l’économie ne se limite pas majoritairement à l’enseignement de la théorie néoclassique. Mais toute réforme doit se faire avec la participation du plus grand nombre d’étudiants.

Il est important de souligner que les enseignements d’économie proposés par l’université Paris 1 ne sont pas les plus “autistes”. Bien d’autres universités dispensent des cours où la théorie néoclassique occupe une place encore plus importante. Néanmoins, vis à vis de nos revendications, beaucoup reste à faire. Il s’agit pour nous de faire en sorte que l’université Paris 1 devienne un exemple pour les autres universités.

Pour cela, il nous a semblé nécessaire que la section Paris 1 d’Autisme-économie ait des représentants au sein du conseil d’UFR d’économie (lieu où se prennent les décisions quant à l’organisation des enseignements) afin que nos revendications soient bien comprises (nous ne prônons la suppression ni des mathématiques, ni des statistiques, qui devraient servir davantage à des études empiriques, ni de “la théorie”, nous voulons étudier LES théories) ; et qu’elles soient prises en compte lors des décisions.

La section Paris 1 d’Autisme-économie présente des candidats

L’engagement d’Autisme-économie a pour objectif de compléter l’action des syndicats étudiants, en ayant une réflexion sur le contenu des enseignements, mais n’a pas vocation à les concurrencer. Pour cette raison, nous avons recherché une union large auprès de toutes les organisations syndicales progressistes. Par ailleurs la section Paris 1 d’Autisme-économie n’est pas une association corporatiste, et les préoccupations du BDE (Bureau Des Etudiants) ne sont pas les nôtres.

Nous sommes bien conscients que pour défendre les étudiants en économie il faut aussi prendre position sur les grandes réformes universitaires en cours qui auront des conséquences très concrètes sur le contenu et la valeur de nos diplômes en particulier la réforme Lang-ECTS.

En effet, celle-ci, en cassant le cadre national des diplômes ( l’Etat délègue au Conseil d’Administration de chaque université la fixation de l’organisation générale des formations quant à leur contenu et à leur durée ) va à l’encontre de notre vision de l’université républicaine de qualité. C’est pour cela que nous avons décidé de faire liste commune avec Oxygène Résistance Syndicale et Sud étudiant, soutenue par Alternative étudiante, et non avec l’UNEF. D’une part, parce que de nombreuses tentatives de contacts sont restées lettre morte et d’autre part la position de l’UNEF sur cette réforme ne nous a pas parue claire (l’UNEF tout en dénonçant la casse du cadre national des diplômes ne demande pas l’abrogation de cette réforme).


Une campagne enrichissante !

Les étudiants en économie ont accueilli favorablement l’ouverture d’un débat sur leurs enseignements. Beaucoup ont semblé intéressés par les revendications et les actions d’Autisme-économie. Suite à de nombreuses discussions, certains ont même rejoint nos rangs pendant la campagne.

L’ouverture d’un débat au sein de la communauté universitaire sur le contenu des enseignements en économie a donné aux étudiants l’envie de voter. En effet, cet intérêt s’est traduit par un fort taux de participation : 35% des étudiants en DEUG ont voté contre moins de 10% habituellement. Ce fort taux de participation nous conforte dans l’idée qu’il ne faut pas considérer les étudiants comme des “consommateurs de savoirs” mais bien comme des acteurs à part entière de leurs enseignements et qu’il est essentiel de les associer à l’élaboration de cette réforme que nous appelons de nos vœux !


Des résultats plus qu’encourageants !

Les résultats des élections des représentants étudiants au conseil d’UFR d’économie qui ont eu lieu le mardi 10 et le mercredi 11 décembre 2002 sont les suivants :

1er cycleVoixSièges
1er : Autisme-Oxygène RS-Sud 151 1
2ème : UNEF 144 1
3ème : BDE 110 1
4ème : UEJF 33
5ème : AMECAS 25
2ème et 3ème cyclesVoixSièges
1er : BDE 95 2
2ème : UNEF 84 2
3ème : Autisme-Oxygène RS-Sud 83 1
4ème : AMECAS 20
5ème : UEJF 14

En conclusion, la liste Autisme-Oxygène Résistance Syndicale-Sud aura dorénavant deux de ses membres au conseil d’UFR d’économie. En effet, notre liste a obtenu 2 sièges sur 8 mais surtout est arrivée PREMIERE en nombre de voix tous cycles confondus (234 voix). Ceci montre que les étudiants en économie fondent de grands espoirs sur une réforme en profondeur de leurs enseignements.

Les leçons à tirer de cette expérience et les perspectives d’avenir…

Il est essentiel de tirer des leçons de cette expérience et d’en dégager des perspectives.
En votant majoritairement pour la liste Autisme-Oxygène Résistance Syndicale-Sud, les étudiants en économie ont montré qu’ils sont globalement insatisfaits des enseignements qui leur sont proposés, qu’ils souhaitent une réforme en profondeur et surtout être associés à son élaboration.

Pour ces raisons, les élus de notre liste organiseront régulièrement des réunions pour préparer avec le plus grand nombre d’étudiants les réunions des conseils d’UFR. De plus, ils informeront les étudiants des décisions qui seront prises.

En outre, la section Paris 1 d’Autisme-économie souhaite organiser de grands débats auxquels seront invités des enseignants afin que ces derniers puissent confronter leurs points de vue avec les étudiants.

Cette expérience de militantisme de terrain a été particulièrement enrichissante et les résultats obtenus sont bons, tant au niveau électoral qu’en termes de discussions avec les étudiants. Elle doit donc perdurer et surtout s’étendre à d’autres universités. En effet, il serait souhaitable pour établir un véritable rapport de force national que des sections d’Autisme-économie voient le jour dans d’autres universités, et suivent la même démarche que la nôtre. Les militants de la section Paris sont à la disposition de ceux qui en auraient l’envie pour les aider.

Enfin, les syndicats étudiants, à l’image de SUD étudiant Paris 1 et Oxygène Résistance Syndicale Paris 1, doivent prendre conscience que la défense des droits des étudiants passe aussi par une véritable réflexion sur les enseignements qui sont dispensés dans nos universités.

Les militants de la section Autisme-économie Paris 1.

 
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