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MISERE DE LA MACROECONOMIE

mardi 29 novembre 2016

Les banquiers centraux comme Yanet Yellen (USA) et Mario Draghi (UE) sont considérés comme étant un peu les maîtres du monde en économie. « Les marchés » épient leurs moindres gestes et spéculent sur ce qu’ils vont faire ou dire. Ils sont censés rassembler autour d’eux des économistes parmi les plus talentueux, qui « font tourner leurs modèles » en vue de les aider dans leurs prises de décisions – tellement attendues et scrutées.

On peut penser que ces modèles s’appuient sur des théories solides – même si forcément approximatives. Que nenni ! A en croire un récent discours (13 octobre 2016) tenu devant un parterre d’éminents économistes par Yanet Yellen sur La recherche en macroéconomie après la crise, la macroéconomie actuelle semble avoir faux sur à peu près tout ce dont elle s’occupe. Ainsi, contrairement à ce qui était affirmé encore récemment, l’offre de « long terme » (représentée par la fonction de production agrégée) serait affectée de façon significative par les mouvements de la demande de « court terme » - phénomène appelé « hystérésis » (un terme emprunté à la physique). Par ailleurs, les macroéconomistes des banques centrales, comme Yanet Yellen, se seraient enfin aperçus que « l’hétérogénéité, c’est important », alors qu’elle était exclue d’office des modèles à agent représentatif, présentés encore il y a peu comme les seuls à mériter le label de « scientifiques ».
Quant aux effets de l’inflation et de la déflation, et la politique monétaire à faire, … il y a encore « beaucoup de recherches à faire » selon Yanet Yellen. Il faut dire que celle-ci a l’honnêteté de reconnaître notre ignorance sur à peu près tout en macroéconomie (ne parlons pas de la microéconomie, ou c’est encore pire…). Espérons que les rédacteurs de manuels, et ceux qui les enseignent, en prendront de la graine et s’abstiendront de nous faire ingurgiter des modèles sans aucun intérêt – pire, qui nous donnent une vision totalement erronée de la réalité.

Quelques extraits de la conférence de Yanet Yellen suffisent pour se faire une idée sur l’état actuel de la macroéconomie.

1. Effet de la demande sur l’offre ("Hysteresis and supply side damage")
« Y a-t-il des circonstances dans lesquelles des changements dans la demande agrégée peuvent avoir un effet persistant appréciable sur l’offre agrégée ? Avant la Grande Récession, la plupart des économistes auraient répondu à cette question par un ‘non’ clair et net ».
Maintenant, c’est un ‘yes’ clair et net, mais
« Il est toutefois nécessaire de faire plus de recherches pour mieux comprendre l’influence des variations de la demande agrégée sur l’offre agrégée ».

2. Redécouverte de l’importance de l’hétérogénéité (critique de l’agent représentatif)
« Beaucoup de macroéconomistes travaillent avec des modèles où des groupes d’acteurs, ménages ou entreprises, sont assimilés à un agent ‘représentatif’ dont le comportement est présenté comme étant celui du groupe tout entier … Avant la crise financière, ces soi-disant modèles à agent représentatif étaient le paradigme dominant pour l’analyse de nombreuses questions macroéconomiques. Une approche désagrégée semble toutefois nécessaire pour comprendre certains aspects essentiels de la Grande Récession ».
Ce qui relève du simple bon sens : comment un unique agent (même s’il est « représentatif ») pourrait-il se mettre en crise ou en récession ?
« En ce qui concerne les ménages, des recherches récentes trouvent que l’hétérogénéité peut amplifier les effets de chocs adverses, un résultat qui est largement provoqué par des ménages dont la valeur des actifs est très faible, qui augmentent leur épargne pendant une récession ».
Curieux que personne n’y ait songé avant 2008, alors que c’est évident – pas besoin du prix Nobel pour le comprendre, même si ce prix a été attribué à 5 économistes dont les « travaux » supposent un « agent représentatif » pour toute l’économie.
« De façon plus générale, si les grandes entreprises ont un meilleur accès au crédit que les petites, l’augmentation d’ensemble de l’investissement et de l’emploi peut dépendre en partie de la part prise dans la production par les entreprises de différentes tailles. La modélisation de ces situations nécessite l’utilisation d’une approche par l’hétérogénéité des agents ».
Evident.
« Bien que la profession des économistes a depuis longtemps été consciente de ces questions, leurs effets ont été incorporés dans les modèles macro d’une façon très limitée avant la crise financière ».
On se demande pourquoi, tellement c’est évident.
« Les nombreux liens entre hétérogénéité et demande agrégée ne sont pas encore bien compris, aussi bien sur le plan empirique que théorique ».
Encore des « recherches » en perspective …
« Mais je crois que nous avons encore beaucoup à apprendre sur la façon dont les changements sur les différents déterminants du crédit interagissent avec les taux d’intérêt en affectant des choses telles que les dépenses des consommateurs, la demande de logements et leurs prix, l’investissement des entreprises (en particulier des petites) et l’apparition de nouvelles. »
Grande est notre ignorance...

3. La politique monétaire doit jouer son rôle, mais on ne sait trop comment et jusqu’où aller
« En ce qui concerne la politique monétaire, nous devons évidemment avoir en tête qu’une attitude accommodante maintenue trop longtemps pourrait avoir des coûts qui dépassent les bénéfices en augmentant le risque d’instabilité financière ou en sapant la stabilité des prix. De façon plus générale, les bénéfices et les coûts potentiels de la poursuite d’une telle stratégie demeure dure à quantifier, et d’autres politiques peuvent être plus appropriées en ce qui concerne les effets du côté de l’offre. »
P’t’ être ben qu’oui, p’t’ être ben que non…

4. Ignorance sur inflation et déflation
« Est-ce que la sensibilité réduite des prix reflète des changements structurels – tels que la globalisation ou le plus grand rôle du capital dans la production – qui a réduit l’importance des variations cycliques de l’activité domestique sur les coûts marginaux et le pouvoir d’action sur les prix ? Ou peut-être est-ce la réticence bien informée – ou, alternativement, la capacité limitée – des entreprises pour réduire les salaires nominaux de leurs employés, qui peut aider à expliquer les mouvements relativement modérés de l’inflation qui ont été observés avant et après la récession ? Dans l’un et l’autre cas, la cause sous-jacente est inconnue ».
Tout cela de la part de celle qui est censée contrôler l’évolution du niveau des prix.
On se demande ce qu’ont bien pu faire jusqu’à présent, et depuis des décennies, des milliers de "chercheurs" en économie de par le monde...

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