<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Autisme-Economie.org</title>
	<link>http://www.autisme-economie.org/</link>
	<description>Le site du Mouvement des Etudiants Pour une R&#233;forme de l'Enseignement de l'Economie et du collectif d'auteurs Les Econoclastes (Petit br&#233;viaire des id&#233;es re&#231;ues en &#233;conomie).</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>

	<image>
		<title>Autisme-Economie.org</title>
		<url>http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L96xH96/siteon0-68c1b.png</url>
		<link>http://www.autisme-economie.org/</link>
		<height>96</height>
		<width>96</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Connaissez-vous la main invisible ?</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article168.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article168.html</guid>
		<dc:date>2010-02-17T19:04:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Godefroy</dc:creator>



		<description>Un enseignant d'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique &#224; l'universit&#233; Paris 1, Monsieur Jean Dellemotte a r&#233;cemment publi&#233; un article sur Adam Smith et sa c&#233;l&#232;bre &quot;main invisible&quot; dans la revue Economie Politique appartenant au groupe Alternatives Economiques. Ces derniers ont eu la grande gentillesse de mettre en libre acc&#232;s cet excellent article qui tord le coup &#224; un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues ! Histoire de vous convaincre de son int&#233;r&#234;t, nous vous proposons le premier paragraphe de l'article : La &quot;main (...)

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique33.html" rel="directory"&gt;7. Nous avons aim&#233;...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un enseignant d'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique &#224; l'universit&#233; Paris 1, Monsieur Jean Dellemotte a r&#233;cemment publi&#233; un article sur Adam Smith et sa c&#233;l&#232;bre &quot;main invisible&quot; dans la revue Economie Politique appartenant au groupe Alternatives Economiques. Ces derniers ont eu la grande gentillesse de mettre en libre acc&#232;s cet excellent article qui tord le coup &#224; un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Histoire de vous convaincre de son int&#233;r&#234;t, nous vous proposons le premier paragraphe de l'article :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &quot;main invisible&quot; d'Adam Smith : pour en finir avec les id&#233;es re&#231;ues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Adam Smith est l'un des auteurs, dans l'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique en particulier et dans l'histoire de la pens&#233;e en g&#233;n&#233;ral, dont l'oeuvre a &#233;t&#233; le plus d&#233;form&#233;e. Depuis plus d'un si&#232;cle, celle-ci est trop souvent caricaturalement r&#233;sum&#233;e par quelques formulations chocs, consciemment ou involontairement sorties du contexte dans lequel elles ont &#233;t&#233; &#233;crites, parfois brandies comme des slogans publicitaires par les sp&#233;cialistes du &quot;pr&#234;t-&#224;-penser&quot;. Ainsi en va-t-il de la c&#233;l&#232;bre m&#233;taphore de la &quot;main invisible&quot;, qui sert encore de v&#233;hicule aux lieux communs les plus redoutables sur les bienfaits de l'&#233;conomie de march&#233;. Les interpr&#233;tations g&#233;n&#233;ralement associ&#233;es &#224; la m&#233;taphore, cens&#233;e symboliser tant&#244;t le fonctionnement pr&#233;sum&#233; harmonieux du &quot;march&#233;&quot;, tant&#244;t la convergence spontan&#233;e des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, le plus souvent les deux &#224; la fois, continuent ainsi &#224; &#234;tre r&#233;guli&#232;rement diffus&#233;es dans la presse &#233;conomique, dans les manuels (2), dans l'enseignement secondaire ou universitaire, voire dans nombre de travaux acad&#233;miques, sans m&#234;me qu'on prenne la peine de renvoyer au texte original de l'auteur, comme s'il &#233;tait d&#233;sormais superflu de l'avoir lu. En revenir aux &#233;crits originaux, malgr&#233; la difficult&#233; inh&#233;rente &#224; leur interpr&#233;tation, demeure alors la meilleure cl&#233; pour acc&#233;der &#224; une pens&#233;e qui ne se laisse pas r&#233;duire &#224; des sch&#233;mas simplistes.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La suite est sur :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.leconomiepolitique.fr/la--main-invisible--d-adam-smith---pour-en-finir-avec-les-idees-recues_fr_art_873_44731.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.leconomiepolitique.fr/la...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bonne lecture !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PS : seule une inscription est n&#233;cessaire, mais elle est bien s&#251;r grauite et vous prendra 15 secondes...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un bon point pour les manuels</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article171.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article171.html</guid>
		<dc:date>2010-02-12T16:09:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard</dc:creator>



		<description>La question des comp&#233;tences des traders et de l'utilit&#233; des march&#233;s financiers se posent aussi dans les manuels d'&#233;conomie. Quelles sont leurs conclusions ? UN BON POINT POUR LES MANUELS Les propositions de limitation des primes et des salaires vers&#233;s aux intervenants sur les march&#233;s financiers se heurtent &#224; l'objection selon laquelle elle aurait pour cons&#233;quence le d&#233;part &#171; des meilleurs &#187; sous d'autres cieux, o&#249; leurs m&#233;rites son mieux reconnus, et r&#233;tribu&#233;s en cons&#233;quent. Bien entendu, tous ceux qui (...)

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique15.html" rel="directory"&gt;5. D&#233;bats&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La question des comp&#233;tences des traders et de l'utilit&#233; des march&#233;s financiers se posent aussi dans les manuels d'&#233;conomie. Quelles sont leurs conclusions ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;UN BON POINT POUR LES MANUELS&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les propositions de limitation des primes et des salaires vers&#233;s aux intervenants sur les march&#233;s financiers se heurtent &#224; l'objection selon laquelle elle aurait pour cons&#233;quence le d&#233;part &#171; des meilleurs &#187; sous d'autres cieux, o&#249; leurs m&#233;rites son mieux reconnus, et r&#233;tribu&#233;s en cons&#233;quent. Bien entendu, tous ceux qui vivent de la finance &#8211; banquiers, gestionnaires de fonds de toutes sortes &#8211; ont int&#233;r&#234;t &#224; entretenir une telle id&#233;e. Il y aurait ainsi, parmi les op&#233;rateurs boursiers, certains &#8211; les fameux &#171; meilleurs &#187;, auxquels il est difficile d'accoler un nom &#8211; qui permettent de faire des gains en Bourse, gr&#226;ce &#224; leur politique active et avis&#233;e d'achat et de vente de titres. Afin d'accr&#233;diter la th&#232;se qu'on est pr&#233;sence d'experts tr&#232;s pointus et avis&#233;s, les trait&#233;s de finance ou la presse sp&#233;cialis&#233;e font appel &#224; un vocabulaire compliqu&#233; (souvent en anglais) &#8211; avec des mots comme &#171; spread &#187;, &#171; swap &#187;, &#171; carry &#187;, &#171; d&#233;riv&#233;s &#187;, &#171; options &#187;, &#171; collat&#233;ral &#187;, &#171; equity edges &#187;, etc. &#8211; incompr&#233;hensible au commun des mortels, qui n'y comprend rien et qui doit donc confier son argent &#224; ceux qui savent et qui le feront &#171; fructifier &#187;. A titre d'exemple, on peut citer une phrase tir&#233;e au hasard d'un ouvrage de vulgarisation r&#233;cent sur les hedge fund :
&#171; Pour pr&#233;voir les mouvements futurs des prix, le g&#233;rant cherche &#224; capter, via diff&#233;rents signaux, le momentum sur les prix, c'est-&#224;-dire le fait que le march&#233; soit dans une tendance haussi&#232;re (momentum positif) ou n&#233;gative (momentum n&#233;gatif). Ensuite il se positionne en cons&#233;quence, indiff&#233;remment long ou short du fait de la flexibilit&#233; offerte &#187;.
Comprenne qui pourra &#8230;
On ne sait pas, en r&#233;alit&#233;, ce que les hedge funds font exactement. Ils ne peuvent pas le dire, car sinon ils perdraient leur gagne-pain, qui est cens&#233; provenir de ce qu'ils sont les seuls &#224; voir, ou pr&#233;voir, l'&#233;volution du prix des titres qui expliquent leurs profits sup&#233;rieurs &#224; la norme &#8211; qui justifient leur existence. Ils entretiennent ainsi un halo de myst&#232;re sur leurs performances &#8211; qui peuvent faire illusion quand il y a une bulle, comme celles ayant pr&#233;c&#233;d&#233; l'effondrement actuel. Ceux qui disposent d'argent &#224; &#171; placer &#187;, des &#171; liquidit&#233;s &#187;, sont alors attir&#233;s par la perspective de faire des gains sup&#233;rieurs &#224; ceux que la raison permet d'esp&#233;rer &#8211; le taux de croissance de l'&#233;conomie, par exemple, auquel se rajoute le taux d'inflation. De toutes fa&#231;ons, quel que soit le r&#233;sultat, les op&#233;rateurs boursiers ont la certitude de toucher les commissions pour les &#171; services &#187; rendus. C'est la seule certitude de l'histoire. Toute r&#233;flexion concernant les gains, ou pertes, qui peuvent provenir des transactions boursi&#232;res s'appuie sur les deux constatations suivantes : d'une part, il n'est pas possible de faire un gain certain &#8211; car d&#232;s qu'une occasion se pr&#233;sente, elle est saisie par celui qui a la chance de la voir en premier et qui la fait dispara&#238;tre, &#224; son profit &#8211; et, d'autre part, l'&#233;volution des cours est impr&#233;visible, car elle d&#233;pend de facteurs, comme les informations nouvelles, eux-m&#234;mes impr&#233;visibles. Il se peut qu'il y ait de ci, de l&#224;, des occasions pour faire des gains &#8211; en achetant &#224; un prix et en revendant &#224; un prix plus &#233;lev&#233; &#8211; mais elles ne vont pas de soi : les rechercher est co&#251;teux, sans qu'on soit s&#251;r de les trouver, ou de ne pas &#234;tre devanc&#233; par quelqu'un d'autre. Des &#233;tudes men&#233;es apr&#232;s coup sur les cours boursiers peuvent d&#233;celer l'existence de gains possibles ayant pu persister un certain temps, mais cela s'explique par le fait qu'ils n'ont pas &#233;t&#233; per&#231;us sur le moment &#8211; et donc qu'ils n'allaient pas, alors, de soi.
Les auteurs des ouvrages de finance ne peuvent ignorer tout cela. Mais ils ne sont pas toujours tr&#232;s clairs sur la question. La raison d'&#234;tre de la profession n'est-elle pas de faire croire qu'il existe des &#171; strat&#233;gies &#187; qui &#171; battent le march&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire qui ont un rendement sup&#233;rieur &#224; celui d'un portefeuille de titres choisis au hasard dans un ensemble diversifi&#233; ? Les trait&#233;s de base d'&#233;conomie ont, en revanche, l'avantage d'&#234;tre bien moins ambigus sur cette question &#8211; preuve que leurs auteurs peuvent faire preuve de bon sens. Un bon point pour eux. On va en citer trois, parmi les plus connus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paul Samuelson : &#224; moins d'avoir des dons de voyance &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Commen&#231;ons par le plus ancien, l' Economique de Samuelson, qui en est &#224; sa 18&#232;me &#233;dition &#8211; Samuelson s'&#233;tant adjoint depuis quelques ann&#233;es les services d'un plus jeune que lui, William Nordhaus. Dans le chapitre 25, il est expliqu&#233; que les prix des actions changent en fonction des informations nouvelles, sur l'&#233;conomie dans son ensemble ou sur tel ou tel point particulier. Informations nouvelles que Samuelson et Norhdaus qualifient parfois de &#171; surprises &#187;, pour bien signifier leur caract&#232;re soudain et impr&#233;visible. Il s'ensuit que les cours des titres &#171; varient de fa&#231;on erratique, telle une marche au hasard &#187;. La connaissance du pass&#233; n'est donc d'aucun secours pour d&#233;terminer l'&#233;volution future de ces cours &#8211; qui sont soumis aux seuls al&#233;as du pr&#233;sent. Samuelson et Nordhaus terminent d'ailleurs le chapitre o&#249; ils traitent de cette question par une citation de Bernard Baruch, pr&#233;sent&#233; comme &#171; un des plus grands financiers am&#233;ricains &#187;, o&#249; il est dit que pour avoir &#171; l'ombre d'une chance &#187; de gagner &#224; la Bourse, il faut, entre autres, avoir &#171; le sixi&#232;me sens d'un voyant &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frederic Mishkin : comment on peut se forger une r&#233;putation de gagnant&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Frederic Mishkin consacre dans son manuel Monnaie, banque et finance de longs d&#233;veloppements &#224; l'id&#233;e selon laquelle les gains faits &#224; la Bourse ne sont que le fruit du hasard &#8211; id&#233;e &#224; laquelle il donne, comme Samuelson et Norhaus d'ailleurs, le nom de &#171; th&#233;orie des march&#233;s efficients &#187;. Pour Mishkin, cette id&#233;e est largement fond&#233;e, aussi bien sur le plan th&#233;orique qu'empirique. C'est ainsi qu'il rappelle que &#171; le Wall Street Journal publie r&#233;guli&#232;rement une rubrique qui compare les performances des actions s&#233;lectionn&#233;es par les analystes et des actions s&#233;lectionnes en jetant des fl&#233;chettes au hasard sur le journal. Les analystes l'emportent-ils ? A leur grand d&#233;sespoir, ce n'est pas le cas : le portefeuille compos&#233; al&#233;atoirement bat leur portefeuille aussi r&#233;guli&#232;rement que l'inverse. En outre, m&#234;me lorsque la comparaison se limite aux recommandations &#233;mises par des analystes r&#233;put&#233;s ayant donn&#233; de bons conseils dans le pass&#233;, les analystes ne parviennent jamais &#224; battre r&#233;guli&#232;rement le portefeuille al&#233;atoire ou le portefeuille de march&#233; &#8230;. Et si l'on classe les fonds selon leur performance &#224; un instant donn&#233;, ceux qui &#233;taient les plus performants ne battent plus le march&#233; d&#232;s la p&#233;riode suivante &#187; (p 175). Mishkin remarque toutefois que la plupart des gens acceptent difficilement l'id&#233;e que la sp&#233;culation en Bourse ne rapporte rien, en moyenne, parce que &#171; tout le monde conna&#238;t quelqu'un qui a gagn&#233; sur le march&#233; boursier pendant plusieurs ann&#233;es &#187;. Il raconte &#224; ce propos l'histoire d'un conseiller en finance astucieux qui propose &#224; un moment donn&#233; &#224; la moiti&#233; de ses clients de jouer la hausse du prix d'un titre, et &#224; l'autre moiti&#233; de faire le choix contraire. Quand ceux qui ont gagn&#233; &#8211; la moiti&#233; de la client&#232;le de d&#233;part &#8211; viennent le revoir, il recommence, en proposant &#224; une moiti&#233; d'entre eux de parier &#224; la hausse, et &#224; l'autre moiti&#233; de le faire &#224; la baisse. Il peut ainsi poursuivre un certain temps, en faisant payer une commission chaque fois plus &#233;lev&#233;e &#224; ceux qui reviennent le voir &#8211; puisqu'ils gagnent de plus en plus gr&#226;ce &#224; ses conseils ... Il se b&#226;tit ainsi une r&#233;putation, tout en empochant des sommes rondelettes. Cela peut durer un certain temps, car il est bien connu qu'il existe dans l'esprit humain une propension &#224; oublier les &#233;v&#233;nements d&#233;sagr&#233;ables &#8211; ici, le fait d'avoir perdu. En outre, comme le constate Mishkin :
&#171; Il y a &#233;videmment un groupe d'agents qui perdent toujours plus que les autres, mais personne n'en entend parler : il est rare que quelqu'un se vante d'une performance inf&#233;rieure &#224; la moyenne &#8230; &#187; (p 181).
Il &#233;voque aussi le cas des &#171; anomalies du march&#233; &#187; (dont l'effet-taille, l'effet-janvier, la sur-r&#233;action du march&#233; &#224; certaines nouvelles) qui prennent la forme de r&#233;gularit&#233;s dans les cours pass&#233;s de certains titres, et qui peuvent donc &#234;tre exploit&#233;es par les investisseurs pour s'assurer des gains certains. Ces r&#233;gularit&#233;s peuvent ne pas &#234;tre dues au hasard mais, par exemple, &#224; des r&#233;glementations ou &#224; de comportements particuliers. Mishkin rappelle n&#233;anmoins que d&#232;s que la cause d'une r&#233;gularit&#233; est identifi&#233;e &#8211; le hasard &#233;tant exclu &#8211; elle dispara&#238;t, les acheteurs et les vendeurs de titres modifiant leurs comportements en cons&#233;quent. Personne n'aime se faire avoir. Celui qui d&#233;c&#232;le en premier l'origine de la r&#233;gularit&#233; en tire parti, &#233;videmment. Il n'y a cependant aucune raison pour que ce soit toujours le m&#234;me qui devine ce qu'il en est, &#224; moins qu'il ait, comme dit Samuelson, le don de voyance. La chance est, une fois de plus, &#224; l'origine des gains exceptionnels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gregory Mankiw : le co&#251;t des gestionnaires professionnels&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ses Principes d'Economiei, Gregory Mankiw ne se d&#233;marque pas de ceux que disent les autres manuels, m&#234;me s'il consacre bien moins de place que les deux pr&#233;c&#233;dents &#224; la question des gains en bourse. Il rappelle leur caract&#232;re illusoire, tout en insistant sur le caract&#232;re co&#251;teux du recours aux gestionnaires professionnels : &#171; Un avantage sur lequel insistent les fonds de placement r&#233;siderait dans le fait qu'ils donnent au grand public l'acc&#232;s aux conseils des professionnels de la gestion patrimoniale. Ces professionnels consacrent &#233;norm&#233;ment de temps &#224; l'&#233;tude des march&#233;s financiers et des entreprises dans lesquelles ils investissent, en vue de s&#233;lectionner les investissements qui pr&#233;sentent les meilleures perspectives de rendement.
Les &#233;conomistes ne sont gu&#232;re convaincus par ce genre d'argument. Ils remarquent en effet que les intervenants sur les march&#233;s financiers sont tellement nombreux et bien inform&#233;s que le prix d'un titre est g&#233;n&#233;ralement un bon indicateur de la valeur r&#233;elle de l'entreprise &#233;mettrice. Il est donc difficile de gagner de l'argent en achetant les bons titres et en vendant les mauvais. Autrement dit, il est difficile de battre le march&#233;. D'ailleurs certains fonds, dits fonds indiciels, qui se contentent d'acheter tous les titres qui composent un indice boursier de r&#233;f&#233;rence r&#233;alisent en moyenne des performances sup&#233;rieures &#224; celles qu'obtiennent les fonds qui exercent une gestion plus active. Cette performance sup&#233;rieure s'explique par le fait que ces fonds supportent des co&#251;ts inf&#233;rieurs &#224; ceux des autres fonds car, d'une part, leurs interventions sur les march&#233;s sont moins fr&#233;quentes et, d'autre part, ils n'ont pas &#224; payer autant de gestionnaires professionnels &#187;. (p 686).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une r&#233;serve&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e selon laquelle on ne peut battre le march&#233; est raisonnable : &#224; moins de disposer d'informations privil&#233;gi&#233;es (que les autres n'ont pas), on ne peut pr&#233;voir avec certitude le sens dans lequel le prix d'un titre va varier (hausse ou baisse), &#224; un moment donn&#233;. Il n'en d&#233;coule pas pour autant que le prix d'un titre soit, pour cette raison, &#171; un bon indicateur de la valeur r&#233;elle de l'entreprise &#233;mettrice &#187; comme le dit Mankiw. On se demande d'ailleurs ce que peut bien &#234;tre la &#171; valeur r&#233;elle &#187; d'une entreprise, ind&#233;pendamment du fait que les intervenants sur les march&#233;s financiers sont nombreux, ou pas. On consid&#232;re parfois qu'elle est donn&#233;e par la valeur actuelle des profits futurs de l'entreprise. Mais ceux-ci sont forc&#233;ment anticip&#233;s. Ils comportent donc une part importante de subjectivit&#233;. Quelle &#233;tait la &#171; valeur r&#233;elle &#187; en 2004, par exemple, du tunnel sous la Manche, d'Alcatel, d'Alsthom, de General Electric, de Chrysler &#8211; ou de n'importe quelle entreprise, d'ailleurs ? Il est impossible d'&#234;tre &#171; bien inform&#233; &#187; sur leurs profits futurs. En fait, pour qu'il y ait des achats et des ventes de titres, il faut que les anticipations concernant l'&#233;volution de leurs cours soient diff&#233;rentes &#8211; leurs prix &#224; un moment donn&#233; ne faisant tout au plus que refl&#233;ter une opinion moyenne, ou pr&#233;dominante, sur la valeur des entreprises &#224; ce moment l&#224;. Cela appara&#238;t notamment lors des bulles et des krachs boursiers, mais aussi dans la fameuse &#171; volatilit&#233; &#187; des cours, qui va bien au-del&#224; des simples variations al&#233;atoires autour d'une valeur solidement ancr&#233;e dans on ne sait trop quelle r&#233;alit&#233;.
Mishkin est d'ailleurs plus prudent dans ses formulations. C'est ainsi qu'il distingue l' &#171; efficience des march&#233;s &#187; &#8211; une autre fa&#231;on de dire pour lui qu'&#171; on ne peut battre le march&#233; &#187; &#8211; de l'efficience &#171; forte &#187;, qui concernerait la valeur &#171; r&#233;elle &#187; dont parle Mankiw. C'est ainsi qu'il &#233;crit : &#171; Beaucoup d'&#233;conomistes d&#233;fendent une forme plus forte de l'hypoth&#232;se d'efficience des march&#233;s &#8230; [en ajoutant une condition suppl&#233;mentaire : un march&#233; efficient est un march&#233; sur lequel le prix d'un actif est &#233;gal &#224; la vraie valeur d'un actif (sa valeur intrins&#232;que)]. Par cons&#233;quent les prix sur un march&#233; sont toujours justes. Ils refl&#232;tent les fondamentaux du march&#233; (les &#233;v&#233;nement ayant des cons&#233;quences directes sur les flux futurs de revenus des actifs financiers &#187; (p 174, italiques de Mishkin).
L'impr&#233;cision dans les formulations &#8211; &#171; vraie valeur &#187;, &#171; valeur intrins&#232;que &#187;, &#171; prix juste &#187;, &#171; fondamentaux du march&#233; &#187; &#8211; est une preuve, si n&#233;cessaire, qu'on est dans le flou total en ce qui concerne &#171; la forme forte de l'hypoth&#232;se de l'efficience des march&#233;s &#187;, et cela bien que Mishkin explique qu'elle &#171; est un des principes fondamentaux sous-tendant la plupart des &#233;tudes consacr&#233;es au march&#233; financier &#187;. Le lecteur du manuel de Mishkin n'en saura pas plus sur ce &#171; principe fondamental &#187;, qui correspond en fait &#224; une vague intuition &#8211; trompeuse &#8211; &#224; laquelle il est impossible de donner une forme pr&#233;cise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171; meilleurs &#187; comme les sportifs ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;mun&#233;rations exorbitantes de certains financiers sont parfois justifi&#233;es en faisant la comparaison avec les sportifs de haut niveau, ou les vedettes des petit et grand &#233;crans. Image flatteuse, qui laisse entendre que les financiers apportent quelque chose comme le font ces personnes &#8211; plaisir procur&#233; par un exploit sportif, beaut&#233; d'un geste, qualit&#233; du jeu ou de la pr&#233;sentation, par exemple &#8211;, de par leur caract&#232;re exceptionnel. Pour que la comparaison tienne, il faudrait pouvoir donner des noms &#224; ces &#171; vedettes &#187; de la finance, dont les exploits justifieraient leurs r&#233;mun&#233;rations faramineuses. Il n'en est rien, &#233;videmment. Les deux financiers les plus connus, George Soros et Warren Buffet, ne cachent d'ailleurs pas leur d&#233;fiance vis-&#224;-vis des sp&#233;culateurs et de leurs mod&#232;les soi-disant miraculeux. Il est vrai que Bernard Madoff &#233;tait tr&#232;s appr&#233;ci&#233; dans les milieux initi&#233;s en raison des rendements &#233;tonnants de ses placements. Il a r&#233;ussi &#224; se forger une r&#233;putation, et &#224; l'entretenir pendant de nombreuses ann&#233;es. On sait ce qu'il en est advenu. L'histoire a retenu le nom de quelques escrocs de g&#233;nie, et non celui d'un quelconque trader ou gestionnaire de fonds dont les gains pourraient &#234;tre mis sur le m&#234;me plan que les exploits sportifs, par leur caract&#232;re exceptionnel.
Le d&#233;sir de retenir certains financiers pourrait tenir, enfin, &#224; leurs montages de titres si compliqu&#233;s &#8211; produits d&#233;riv&#233;s, portefeuilles de CDS, ABS, CDO, etc. &#8211; qu'ils seraient les seuls &#224; y comprendre quelque chose. On peut douter de la validit&#233; d'un tel argument, &#224; moins de penser que la profession s'entende pour faire bloc, en maintenant le secret sur les objets qu'elle a fabriqu&#233;s. En ces temps de ch&#244;mage, notamment en finance, il ne doit pas manquer de volontaires pour aller y voir de plus pr&#232;s, et pour pas tr&#232;s cher. On a bien trouv&#233; des gens pour faire les tests de r&#233;sistance des grandes banques des Etats Unis, dont les actifs comportent beaucoup de titres issus de ces montages qui sont d&#233;sign&#233;s du doigt aujourd'hui. Si on ne peut y croire, pourquoi en serait-il autrement en ce qui concerne ces &#234;tres soit disant exceptionnels ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qu'on aimerait savoir&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les manuels de &#171; principes d'&#233;conomie &#187; s'accordent pour dire que l'&#233;volution future des cours boursiers est impr&#233;visible, et que mieux vaut donc &#171; jouer l'indice &#187;. On peut &#233;videmment essayer de faire mieux que lui, mais avec ce que cela suppose comme risque accru. Toute l'attention se porte sur l'&#233;valuation de ce dernier, qui ne peut &#234;tre faite que sur la base des pr&#233;visions sur l'&#233;volution future de l'&#233;conomie. Mais comment la conna&#238;tre ? De fait, les seules informations que l'on d&#233;tient concernent le pass&#233; &#8211; notamment la &#171; volatilit&#233; &#187; de chaque titre, quelle que soit la fa&#231;on dont elle est estim&#233;e. Il est toujours possible, &#224; condition de disposer de moyens de calcul suffisamment puissants, de combiner les titres en tenant compte des diverses caract&#233;ristiques estim&#233;es des titres (&#224; commencer leur rendement et leur volatilit&#233;) ainsi que de leurs diverses fa&#231;ons de varier en fonction des &#233;v&#233;nements (mesur&#233;e par leurs corr&#233;lations), de calculer des portefeuilles &#171; optimaux &#187; - par exemple, qui minimisent le risque pour un gain esp&#233;r&#233; donn&#233;. On peut supposer que c'est ce genre de calcul qui a &#233;t&#233;, du moins en partie, &#224; l'origine des trop fameuses innovations financi&#232;res de ces derni&#232;res ann&#233;es, qui ont entretenu l'illusion que le risque syst&#233;mique pouvait &#234;tre circonvenu et remplac&#233; par un processus graduel et diffus. Mais on peut faire tous les calculs que l'on veut dans des mod&#232;les aussi compliqu&#233;s que l'on veut, si les donn&#233;es sont douteuses &#8211; pour la simple raison que le pass&#233; ne peut servir &#224; repr&#233;senter le futur de fa&#231;on tant soit peu fiable &#8211; alors les conclusions que l'on peut en tirer le sont aussi moins. On aimerait donc en savoir un (tout petit) peu plus sur les principales id&#233;es qui pr&#233;sident &#224; la constitution de ces mod&#232;les &#8211; un peu comme celles qui sont &#224; la base du mod&#232;le de Markowicz-Sharpe sur la fronti&#232;re d'efficience et le portefeuille de march&#233;, que l'on trouve dans tous les manuels de finance. On attend que quelqu'un s'en donne la peine, quitte &#224; lever le voile sur les fameux mod&#232;les qui ont fait la fortune de nos petits g&#233;nies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Taire la crise &#233;conomique aux lyc&#233;ens ?</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article172.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article172.html</guid>
		<dc:date>2010-02-11T13:52:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;Article paru le 8 F&#233;vrier 2010&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique16.html" rel="directory"&gt;3. Dans la presse&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s la rentr&#233;e 2010, un nouveau programme doit s'appliquer &#224; l'enseignement des sciences &#233;conomiques et sociales (SES) aux &#233;l&#232;ves de seconde. Un programme qui oublie le social, la soci&#233;t&#233; et la sociologie pour ne laisser subsister que la th&#233;orie &#233;conomique n&#233;o-classique. Trente enseignants, chercheurs, &#233;conomistes... s'insurgent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, les &#233;l&#232;ves de lyc&#233;e ont la chance de recevoir, en classe de seconde, un enseignement de &#171; sciences &#233;conomiques et sociales &#187;, ou SES. Cr&#233;&#233; en 1965, cet enseignement se donne pour objectif de permettre aux &#233;l&#232;ves de &#171; mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Actuellement, le programme de SES de la classe de seconde est organis&#233; autour de quatre grands th&#232;mes : la famille ; l'emploi ; la production et la consommation. Chacun de ces th&#232;mes est l'occasion d'aborder les grandes questions contemporaines, telles que les familles monoparentales, le ch&#244;mage, les in&#233;galit&#233;s entre hommes et femmes, le partage de la valeur ajout&#233;e, ou encore les effets de mode dans la consommation. Cet enseignement permet aux &#233;l&#232;ves de s'approprier des notions complexes, telles que les cat&#233;gories sociales, le partage des revenus, ou la r&#233;partition de la population en diff&#233;rents statuts d'emploi. Il conduit les enseignants &#224; allier les enseignements de diff&#233;rentes disciplines, en premier lieu l'&#233;conomie et la sociologie, mais aussi l'histoire et la science politique. Enfin, au sein de ces disciplines, les enseignants peuvent utiliser diff&#233;rentes approches, pratiquant ainsi un indispensable pluralisme th&#233;orique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'&#233;ducation vient de faire conna&#238;tre le nouveau programme, qui doit s'appliquer d&#232;s 2010. Il est pour l'essentiel r&#233;duit aux &#233;l&#233;ments de base de la th&#233;orie &#233;conomique n&#233;o-classique : le comportement du consommateur ; celui du producteur ; et la d&#233;termination du prix d'&#233;quilibre sur le march&#233;. Dans ce programme, des sujets aussi essentiels que... le ch&#244;mage disparaissent. Exit &#233;galement la pauvret&#233;, la famille, l'organisation du travail, les syndicats, les in&#233;galit&#233;s de revenus, le partage salaire/profit, etc. M&#234;me le pouvoir d'achat se voit ray&#233; de la liste ! Et la sociologie se voit r&#233;duite &#224; la portion congrue : seules 4 le&#231;ons sur 12 lui sont consacr&#233;es, dont 2 plac&#233;es en fin de programme, et pr&#233;sent&#233;es comme optionnelles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi des questions aussi essentielles que le ch&#244;mage ou les relations sociales en entreprise ne sont-elles plus trait&#233;es ? La r&#233;ponse tient en partie au cadre th&#233;orique utilis&#233; : la th&#233;orie n&#233;o-classique, dont d&#233;coulent ces programmes, est d'abord une th&#233;orie de l'&#233;change pur, et de l'&#233;quilibre. Ce cadre th&#233;orique, qui domine actuellement la science &#233;conomique, n'est adapt&#233; ni &#224; l'analyse des crises, ni &#224; la prise en compte des aspects collectifs et sociaux du processus &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre partie de la r&#233;ponse est plus directement politique. Il semblerait que ce soit le cabinet du ministre qui ait demand&#233; que soient retir&#233;es du programme les questions politiquement sensibles, comme le ch&#244;mage ou le pouvoir d'achat, et qui a fait en sorte que la sociologie soit r&#233;duite &#224; la portion congrue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce programme abstrait et &#233;conomiciste, construit &#224; partir d'un seul paradigme, est &#224; rebours de la m&#233;thode propre aux SES, qui est &#224; l'origine de son succ&#232;s aupr&#232;s des &#233;l&#232;ves. En SES, il s'agit avant tout de partir de questions, et d'apprendre aux &#233;l&#232;ves &#224; raisonner en les confrontant &#224; des textes, des donn&#233;es, des exemples historiques. Il s'agit de transmettre des m&#233;thodes, des savoirs, de mobiliser des th&#233;ories concurrentes pour &#233;clairer des d&#233;bats et leurs pr&#233;suppos&#233;s, et non pas de faire r&#233;citer une th&#233;orie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces nouvelles orientations sont une catastrophe pour les &#233;l&#232;ves concern&#233;s, qui vont recevoir un enseignement mono-disciplinaire et dogmatique, et, pour dire les choses, absurde sur un plan p&#233;dagogique. Cela est d'autant plus stup&#233;fiant qu'elles interviennent au moment o&#249; la crise a conduit &#224; une tr&#232;s large remise en question de la th&#233;orie &#233;conomique n&#233;o-classique. M&#234;me les &#233;conomistes les plus &#233;minents, &#224; commencer par Paul Krugman, ne cessent de remettre en cause les croyances des &#233;conomistes n&#233;o-classiques dans &#171; l'individu rationnel &#187; et &#171; les march&#233;s efficaces &#187; qui les rendent aveugles aux probl&#232;mes du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous sommes, &#224; des titres divers, engag&#233;s pour un enseignement d'&#233;conomie ouvert aux diff&#233;rentes approches, aux autres disciplines, et aux &#233;volutions du monde. Nous ne pouvons nous r&#233;signer &#224; ce que de jeunes &#233;l&#232;ves soient soumis aux m&#234;mes enseignements mortif&#232;res que ceux qui envahissent, pour le pire, nombre de facult&#233;s d'&#233;conomie. Ce projet de programme, s'il &#233;tait accept&#233;, signerait l'arr&#234;t de mort l'enseignement des sciences &#233;conomiques et sociales tel que l'avait voulu les h&#233;ritiers de Fernand Braudel : ouvert, critique, r&#233;flexif. Nous ne laisserons pas une telle chose se produire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Alain Caill&#233;&lt;/strong&gt; (Universit&#233; Paris Ouest), &lt;strong&gt;Bernard Chavance&lt;/strong&gt; (Paris-VII), &lt;strong&gt;Jean Dellemotte, St&#233;phanie Lagu&#233;rodie, Corinne Perraudin, Nadine Th&#233;venot, Bruno Tinel, Julie Valentin&lt;/strong&gt; (Paris-I), &lt;strong&gt;Ozgur Gun&lt;/strong&gt; (Reims), &lt;strong&gt;Hugo Harari-Kermadec&lt;/strong&gt; (Ecole Normale Sup&#233;rieure de Cachan), &lt;strong&gt;Jean Gadrey, Florence Jany-Catrice, Nicolas Postel, Richard Sobel&lt;/strong&gt; (Lille-I),&lt;strong&gt; Agn&#232;s Labrousse, St&#233;phane Longuet&lt;/strong&gt; (Picardie),&lt;strong&gt; Thomas Lamarche&lt;/strong&gt; (Paris VII), &lt;strong&gt;Dany Lang&lt;/strong&gt; (Paris XIII),&lt;strong&gt; Fr&#233;d&#233;ric Lordon, Andr&#233; Orl&#233;an&lt;/strong&gt; (CNRS), &lt;strong&gt;Gilles Raveaud&lt;/strong&gt; (Paris-VIII), &lt;strong&gt;Catherine Samary&lt;/strong&gt; (Paris-Dauphine), &lt;strong&gt;&#233;conomistes membres de l'Association fran&#231;aise d'&#233;conomie politique&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Emmanuelle B&#233;nicourt&lt;/strong&gt; (Valenciennes), &lt;strong&gt;David Bourguelle, Pauline Hyme&lt;/strong&gt; (Lille-I), &lt;strong&gt;David Cayla&lt;/strong&gt; (Angers), &lt;strong&gt;Bernard Guerrien, Sophie Jallais, Emeric Lendjel&lt;/strong&gt; (Paris-I), &lt;strong&gt;Philippe L&#233;g&#233;&lt;/strong&gt; (Amiens), membres du&lt;strong&gt; Mouvement des &#233;tudiants pour la r&#233;forme de l'enseignement de l'&#233;conomie&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour consulter ce texte directement sur le site de Mediapart, cliquez &lt;a href='http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/080210/pour-oublier-la-crise-economique-evitons-den-pa' class='spip_out' rel='external'&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les tribulations du Dr. Li</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article167.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article167.html</guid>
		<dc:date>2010-02-08T18:44:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Godefroy</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un article de Felix Salmon consacr&#233; &#224; la &quot;titrisation&quot; (ph&#233;nom&#232;ne qui regroupent notamment les c&#233;l&#232;bres &quot;subprimes&quot;) et &#224; la dimension financi&#232;re de la crise nous a paru un excellent outil p&#233;dagogique pour comprendre ce qui a pu se passer pendant ces derni&#232;res ann&#233;es. Nous avons donc d&#233;cid&#233; de le traduire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique33.html" rel="directory"&gt;7. Nous avons aim&#233;...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href='http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/les_copules_du_Dr_Li.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;L'article traduit en fran&#231;ais en fichier pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La version en anglais se trouve sur :
&lt;a href='http://www.wired.com/techbiz/it/magazine/17-03/wp_quant?currentPage=all' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.wired.com/techbiz/it/mag...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/les_copules_du_Dr_Li.pdf" length="114645" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>VA-T-ON FAIRE AU LYCEE LES MEMES ERREURS QU'A L'UNIVERSITE ?</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article169.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article169.html</guid>
		<dc:date>2010-02-05T14:58:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Les nouveaux programmes en SES sont un d&#233;calque presque parfait des programmes de micro&#233;conomie, qui depuis toujours ont &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un malaise profond des &#233;tudiants &#8211; malaise &#224; l'origine de notre mouvement &#8211;, qui sentaient obscur&#233;ment que tout cela ne tient pas la route, n'a rien &#224; voir avec le monde qui nous entoure, m&#234;me si des mots familiers comme consommation, production, marchandises, prix, offre et demande &#233;taient utilis&#233;s. Les math&#233;matiques en moins &#8211; ce qui prouve au passage que le probl&#232;me (...)

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique1.html" rel="directory"&gt;1. Le Mouvement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les nouveaux programmes en SES sont un d&#233;calque presque parfait des programmes de micro&#233;conomie, qui depuis toujours ont &#233;t&#233; &#224; l'origine d'un malaise profond des &#233;tudiants &#8211; malaise &#224; l'origine de notre mouvement &#8211;, qui sentaient obscur&#233;ment que tout cela ne tient pas la route, n'a rien &#224; voir avec le monde qui nous entoure, m&#234;me si des mots familiers comme consommation, production, marchandises, prix, offre et demande &#233;taient utilis&#233;s. Les math&#233;matiques en moins &#8211; ce qui prouve au passage que le probl&#232;me n'est pas au niveau des math&#233;matiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve ainsi le sch&#233;ma habituel : les consommateurs (m&#233;nages ?) d'un c&#244;t&#233;, les producteurs (entreprises ?) de l'autre, et le march&#233; qui coordonne leurs choix &#224; travers le syst&#232;me des prix, pour aboutir &#224; l'&#233;quilibre. Tel est le cas &#171; parfait &#187;. Mais comme nous vivons dans un monde qui ne l'est pas, h&#233;las, on rajoute une partie sur les &#171; imperfections &#187;, l'accent &#233;tant mis ici sur &#171; la pollution &#187;, qui fait consensus, et m&#234;me sur la th&#233;orie des incitations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout le programme de micro en licence est trait&#233; ! Comme quoi la micro se r&#233;duit &#224; pas grand chose, en dehors du pataqu&#232;s des &#233;quations et des courbes, qui peut donc &#234;tre compris par des adolescents. On peut observer, toutefois, qu'il manque quelque chose sur le monopole ou l'oligopole. On comprend facilement pourquoi. On voit d&#233;j&#224; difficilement comment on trouvera des &#171; exemples concrets &#187; &#224; donner aux &#233;l&#232;ves d'entreprises &#171; preneuses de prix &#187;. Voil&#224; un truc difficile &#224; leur faire avaler. Mieux vaut alors rester dans le flou. Le monopole, ou l'oligopole, pourront &#233;ventuellement &#234;tre &#233;voqu&#233;s dans la partie fourre-tout sur l'entreprise, celle o&#249; &#171; on sensibilisera les &#233;l&#232;ves &#224; la diversit&#233; du monde des entreprises selon la taille, la nature de la production, l'environnement &#187;, tout en se gardant de traiter de la politique des prix des entreprises &#8211; un mar&#233;cage dans lequel peu d'&#233;conomistes s'aventurent. Les &#233;l&#232;ves penseront &#234;tre dans le concret &#8211; des entreprises qui d&#233;cident des prix &#8211; alors que par la suite, dans la partie sur march&#233;s et prix, seul le cas hautement fantaisiste des entreprises preneuses de prix est en fait trait&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;dacteurs des nouveaux programmes sont sans doute persuad&#233;s qu'ils fournissent des cl&#233;s pour mieux comprendre le monde &#233;conomique dans lequel le lyc&#233;en est plong&#233;. Ils font manifestement partie des universitaires qui sont convaincus que la micro&#233;conomie a un contenu &#171; concret &#187;. Si les &#233;tudiants ne le per&#231;oivent pas toujours, c'est parce qu'elle est mal enseign&#233;e. Il suffit pourtant de reprendre au pied de la lettre leurs propositions pour constater qu'ils se heurtent aux m&#234;mes difficult&#233;s et contradictions que l'enseignant en micro&#233;conomie &#8211; ce qui est &#224; l'origine d'un horrible casse-t&#234;te pour qui veut &#234;tre coh&#233;rent, la moindre des choses pour un enseignant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui d&#233;cide : consommateur ou m&#233;nage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re partie s'intitule &#171; m&#233;nage et consommation &#187;. Pourquoi pas ? L'unit&#233; de r&#233;f&#233;rence, celle qui d&#233;cide de la consommation, est donc, pour le lecteur attentif, le &#171; m&#233;nage &#187;. On voit tout de suite appara&#238;tre une premi&#232;re difficult&#233; : il faut d&#233;finir ce qu'est un m&#233;nage. Cela peut &#234;tre Robinson sur son &#238;le, ou une tribu de Touaregs, l'&#233;tudiant dans sa chambre de bonne ou le monast&#232;re. Tout d&#233;pend de la forme d'organisation et des coutumes de la soci&#233;t&#233; &#233;tudi&#233;e. Difficile de ne pas en parler, d&#232;s le d&#233;but. Dans une soci&#233;t&#233; comme la France, m&#233;nage et famille &#8211; parents et enfants sous le m&#234;me toit &#8211; sont pratiquement synonymes. En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, un m&#233;nage est compos&#233; de plus d'une personne, ce qui peut entra&#238;ner des conflits, suivis de compromis, lors des prises de d&#233;cision par ses membres. L'exp&#233;rience de chacun &#8211; lyc&#233;ens compris &#8211; est l&#224; pour rappeler combien les choix collectifs peuvent &#234;tre difficiles &#224; prendre. Au niveau &#233;th&#233;r&#233; qu'affectionnent les micro&#233;conomistes, le probl&#232;me pos&#233; est celui de l'agr&#233;gation des choix individuels, qui a donn&#233; lieu &#224; des &#171; th&#233;or&#232;mes d'impossibilit&#233; &#187; bien connus des initi&#233;s. Les facteurs &#171; culturels &#187; interviennent sans doute dans les d&#233;cisions prises effectivement, qu'elles soient coh&#233;rentes ou pas. Le programme &#233;voque ces facteurs dans sa derni&#232;re partie &#8211; celle que souvent on ne traite pas, ou que l'on b&#226;cle, faute de temps. Il y est m&#234;me sugg&#233;r&#233; de revenir &#224; la th&#233;orie du consommateur. Ce serait une sorte de plus, une touche exotique dans une th&#233;orie bien &#233;tablie, dont on peut se passer, du moins dans un premier temps. Or, il n'en est rien, la th&#233;orie r&#233;duite &#224; sa seule dimension &#233;conomique &#233;tant incapable de dire quoi que ce soit de pr&#233;cis concernant le choix d'un m&#233;nage, d&#232;s qu'il comporte plus d'une personne [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Gary Becker a bien propos&#233; une solution concernant ce choix : la dictature (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On est pr&#234;t &#224; parier que les auteurs du programme n'avaient nullement en t&#234;te ce probl&#232;me &#8211; dont il n'est pas certain qu'ils soient conscients, tellement l'habitude a &#233;t&#233; prise, en micro&#233;conomie, d'assimiler consommateur et m&#233;nage. D'ailleurs, dans la foul&#233;e, le programme propose d'&#233;tudier &#171; comment les revenus et les prix influencent les choix des consommateurs &#187;, et non plus celui des &#171; m&#233;nages &#187;. Ceux-ci sont &#224; nouveau &#233;voqu&#233;s d&#232;s qu'il s'agit de s'appuyer sur des &#171; donn&#233;es chiffr&#233;es simples &#187;. Les lyc&#233;ens n'y verront probablement que du feu. Mais c'est l&#224; une question de fond, et non seulement de langage, qu'on ne peut ignorer si on veut traiter des comportements effectifs en ce qui concerne la consommation &#8211; sans parler de la rigueur de la d&#233;marche &#224; laquelle tout enseignant aspire [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Celui-ci peut aussi &#234;tre perplexe devant la place donn&#233;e au taux d'int&#233;r&#234;t (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entreprise et calcul &#224; la marge&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un probl&#232;me similaire se pose &#224; propos de l' &#171; entreprise &#187;, &#224; moins de l'assimiler &#224; son &#171; chef &#187;, qui &#171; combine les facteurs de production &#187;, dont les travailleurs, suppos&#233;s dociles et maniables comme les objets inertes &#8211; machines, mati&#232;res premi&#232;res &#8211; qu'ils utilisent. On se demande o&#249; l'enseignant va d&#233;nicher un &#171; exemple simple &#187; de substitution de capital par du travail, o&#249; des hommes remplacent des machines (voir, &#224; ce propos, la partie sur &#171; le mythe de la substituabilit&#233; des facteurs &#187; dans &lt;a href='http://www.autisme-economie.org/article21.html' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.autisme-economie.org/article21.html&lt;/a&gt;). Sans parler des tristement c&#233;l&#232;bres courbes de co&#251;t, moyen ou marginal, peu compatibles avec l'id&#233;e de facteur de production en raison notamment de la pr&#233;sence de co&#251;ts fixes ? (Pour plus de d&#233;tails, cf. &lt;a href='http://www.bernardguerrien.com/concurrence-et-profit-nul.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.bernardguerrien.com/concurrence-et-profit-nul.pdf&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il suffit de consulter n'importe quel manuel de micro&#233;conomie pour constater que les &#171; exemples simples &#187; qu'on y trouve concernant ces courbes sont fabriqu&#233;s de toutes pi&#232;ces. Manifestement, leurs auteurs n'ont pas trouv&#233; de cas d'entreprises existant effectivement et ayant les courbes de co&#251;t appropri&#233;es. Il y a au moins une raison &#224; cela : le co&#251;t marginal est, dans la pratique, constant &#8211; c'est le co&#251;t des ingr&#233;dients qui composent une unit&#233; suppl&#233;mentaire du bien produit. Comment va-t-on expliquer aux lyc&#233;ens que l'entreprise de la th&#233;orie produit de fa&#231;on &#224; &#233;galiser son co&#251;t marginal au prix &#171; du march&#233; &#187;, alors que n'importe quelle entreprise de la r&#233;alit&#233; qui le ferait serait rapidement ruin&#233;e [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='L'exemple le plus connu est celui du &#171; dernier &#187; voyageur d'un avion et d'un (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] ? Comment expliquer que le prix du pot de yaourt diminue si on l'ach&#232;te dans des lots de plus en plus grands ? que les entreprises fusionnent de fa&#231;on &#224; diminuer leur co&#251;t unitaire, en produisant &#224; plus grande &#233;chelle ? que le prix des objets ne se r&#233;duit pas &#224; celui de la quantit&#233; de t&#244;le, de plastique, de tissu, etc. dont ils sont form&#233;s, auquel s'ajoute le travail ayant servi &#224; le fabriquer ? On va faire face, d&#232;s le d&#233;part, &#224; l'incr&#233;dulit&#233; des lyc&#233;ens, comme cela arrive chez les &#233;tudiants avec la micro&#233;conomie. Il y a l&#224; de quoi les d&#233;go&#251;ter pr&#233;matur&#233;ment de l'&#233;conomie. Surtout que l'affaire ne s'arr&#234;te pas l&#224; : elle devient m&#234;me dramatique quand le point suivant est abord&#233;, celui qui a trait aux march&#233;s et aux prix.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; En partant de l'&#233;tude d'un march&#233; concret &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le point III du programme, &#171; march&#233; et prix &#187;, demande l'impossible &#224; l'enseignant, &#224; savoir &#171; construire des courbes d'offre et de demande &#187;, puis d&#233;terminer &#224; partir d'elles le prix d'&#233;quilibre, tout cela &#171; en partant de l'&#233;tude d'un march&#233; concret &#187;. Or, pour construire ces courbes, il faut supposer que les prix sont &#171; donn&#233;s &#187;, que les m&#233;nages et les entreprises les &#171; prennent &#187; de fa&#231;on &#224; en d&#233;duire leurs offres et leurs demandes et que quelqu'un additionne ces derni&#232;res, les confronte et &#171; d&#233;termine &#187; enfin le prix d'&#233;quilibre. Il n'y a, dans le monde entier, aucun march&#233; ayant, de pr&#232;s ou de loin, ces caract&#233;ristiques. C'est pourquoi tous les exemples donn&#233;s dans les manuels de micro&#233;conomie, sont construits &#224; partir de donn&#233;es fabriqu&#233;es de toutes pi&#232;ces, totalement&lt;i&gt; ad hoc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enseignant qui veut s'en tenir au programme et se tourner vers les &#171; march&#233;s concrets &#187; sera donc devant un dilemme. Va-t-il prendre en exemple, disons, le &#171; march&#233; immobilier &#187; &#224; Paris ? Les donn&#233;es disponibles sont alors celles du prix du m&#232;tre carr&#233; dans chaque arrondissement. Il pourra alors dire quelque chose dans le genre : le prix est plus &#233;lev&#233; dans le VII-i&#232;me arrondissement que dans le XIX-i&#232;me parce que les gens (ou plus de gens) pr&#233;f&#232;rent habiter dans l'un plut&#244;t que dans l'autre, ou parce qu'il y a moins de logements en vente dans le premier que dans le second. Il pourra remarquer que le prix du m&#232;tre carr&#233; dans chaque arrondissement est en fait une moyenne calcul&#233;e &#224; partir des transactions ayant effectivement eu lieu pendant une p&#233;riode donn&#233;e (disons, le mois pr&#233;c&#233;dent) &#8211; ces transactions &#233;tant l'aboutissement de marchandages o&#249; interviennent une multitude de facteurs non quantifiables. M&#234;me s'il existait une super agence immobili&#232;re qui centralise les diverses propositions d'achat et de vente aux prix qu'elle affiche, l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des biens propos&#233;s emp&#234;cherait de parler de courbes d'offre et de demande.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsque l'offre est le fait d'entreprises, qui sont par nature &#171; faiseuses de prix &#187;, la fonction d'offre n'a plus de sens &#8211; elle n'existe pas &#8211; car leur choix porte &#224; la fois sur la quantit&#233; produite et le prix. La d&#233;termination simultan&#233;e de l'une et l'autre suppose que l'entreprise prenne en compte, ou anticipe, la fonction de demande pour le bien qu'elle se propose de vendre ainsi que les offres de ses concurrents &#8211; y compris ceux qui proposent des substituts &#224; son produit. L'id&#233;e m&#234;me d'une courbe d'offre ind&#233;pendante de la courbe de demande n'a alors aucun sens. Insistons : on ne peut tracer des courbes d'offre et de demande s&#233;par&#233;es &#8211; telles celles qui peuplent les manuels &#8211; que si on suppose des prix donn&#233;s et des agents qui se contentent de les &#171; prendre &#187; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Les offreurs croyant qu'ils peuvent vendre tout ce qu'ils veulent &#224; ces prix (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien n'emp&#234;che &#233;videmment de proposer aux lyc&#233;ens d'enqu&#234;ter sur le march&#233; des fruits et l&#233;gumes de leur quartier, en demandant aux vendeurs comment ils &#233;tablissent leurs prix&#8230; Une incursion du c&#244;t&#233; de Rungis peut aussi &#234;tre bienvenue, question de voir comment les d&#233;taillants n&#233;gocient avec les grossistes. On peut &#233;galement remonter aux rapports entre ces derniers et les producteurs, ou leurs coop&#233;ratives. Mais, dans tous les cas, l'approche par les courbes d'offre et de demande est inappropri&#233;e. En fin de compte, dans les march&#233;s &#171; concrets &#187; on se trouve soit en pr&#233;sence d'entreprises qui proposent des prix &#171; &#224; prendre ou &#224; laisser &#187; &#8211; le cas de loin le plus fr&#233;quent &#8211;, soit devant une forme ou une autre de marchandage, direct ou organis&#233;, par exemple, &#224; travers un syst&#232;me d'ench&#232;res. Il n'y a pas d'autre alternative, et le cas propos&#233; par le programme rel&#232;ve, h&#233;las, d'un monde imaginaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dernier point : on peut fort bien aborder la question d'un &#171; choc d'offre &#187; (genre r&#233;colte exceptionnelle ou exploitation d'un nouveau gisement important) en expliquant que le pouvoir de n&#233;gociation des acheteurs &#8211; qui savent que les producteurs ont plus de biens &#224; &#233;couler &#8211; a augment&#233;, de sorte qu'ils peuvent faire pression sur les prix. Une constatation similaire peut &#234;tre faite lors d'un &#171; choc de demande &#187; &#8211; par exemple, une hausse relativement importante du revenu des acheteurs &#8211;, les vendeurs &#233;tant alors en situation de force. Bien entendu, les vendeurs chercheront &#224; &#233;valuer la disponibilit&#233; &#224; payer des acheteurs, ceux-ci cherchant &#224; conna&#238;tre la disponibilit&#233; &#224; c&#233;der des vendeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est peut &#234;tre l&#224; un tissu de banalit&#233;s &#8211; fruit de l'exp&#233;rience de chacun dans sa vie de tous les jours &#8211;, mais introduire l'histoire des courbes d'offre et de demande n'apporte strictement rien de plus, si ce n'est une vision fausse de ce que sont les relations marchandes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dr&#244;le de jeu &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La partie peut-&#234;tre la plus intrigante de cet &#233;trange programme est la proposition de &#171; recourir &#224; un jeu mettant en &#233;vidence de mani&#232;re exp&#233;rimentale comment les prix s'ajustent en situation de concurrence &#187;. Il est notoire chez ceux qui ont entrepris ce genre d'&#171; exp&#233;rience &#187; &#8211; par exemple, avec des &#233;tudiants &#8211; que l'utilisation du cadre id&#233;al des manuels ne conduit nullement au &#171; prix d'&#233;quilibre &#187;, intersection des courbes d'offre et de demande &#8211; celles-ci &#233;tant une donn&#233;e a priori de l'exp&#233;rience [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Les &#233;changes ne portent &#233;videmment pas sur des biens r&#233;els, mais sur des bouts (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Il n'y a d'ailleurs l&#224; rien de bien &#233;tonnant, les intervenants ne se contentant pas d'adopter le comportement &#171; preneur de prix &#187; &#8211; na&#239;f, pour ne pas dire stupide &#8211; que leur attribue la th&#233;orie de la &#171; concurrence &#187; &#224; laquelle songent les auteurs du programme (celle qui est derri&#232;re les courbes d'offre et de demande).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171; exp&#233;rimentateurs &#187; ont donc cherch&#233; des formes d'&#233;changes &#8211;faisant appel &#224; un syst&#232;me en r&#233;seau d'ordinateurs &#8211; qui peuvent aboutir au prix d'&#233;quilibre &#171; concurrentiel &#187;, connu d'avance par eux. Le mieux qu'ils aient trouv&#233;, c'est la proc&#233;dure des &#171; doubles ench&#232;res continues &#187;, qui consiste &#224; proc&#233;der &#224; des ench&#232;res successives, chacune aboutissant &#224; un prix d'&#233;quilibre &#171; provisoire &#187; (ce n'est pas le point d'intersection des courbes d'offre et de demande donn&#233;es), la suite de ces prix convergeant, apr&#232;s plusieurs tentatives, vers une valeur proche du prix &#171; concurrentiel &#187;. On est loin des conditions postul&#233;es par la th&#233;orie. Comme le dit Vernon Smith, r&#233;compens&#233; du &#171; Prix Nobel &#187; pour l'impulsion qu'il a donn&#233;e &#224; l'exp&#233;rimentation en &#233;conomie, personne &#171; n'a la moindre id&#233;e sur les raisons d'une telle convergence &#187; &#8211; la th&#233;orie des doubles ench&#232;res continues &#233;tant en fait d'une extr&#234;me complexit&#233; et ne conduisant &#224; aucune conclusion claire, vu le nombre de param&#232;tres qui interviennent dans les d&#233;cisions de chacun (voir, par exemple, la note 29, page 516 de &lt;a href='http://nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/2002/smith-lecture.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;http://nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/2002/smith-lecture.pdf&lt;/a&gt; ).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, il y a longtemps, dans les ann&#233;es 40, Chamberlin s'&#233;tait d&#233;j&#224; livr&#233; &#224; ce genre d'exp&#233;rience avec ses &#233;tudiants. Il en &#233;tait ressorti, de fa&#231;on peu surprenante, que le prix atteint n'&#233;tait pas le prix d'&#233;quilibre &#171; concurrentiel &#187;. Le grand &#171; m&#233;rite &#187;, si on peut dire, de Vernon Smith et autres est d'avoir cherch&#233; &#224; contourner ce r&#233;sultat n&#233;gatif en trouvant des formes d'&#233;changes telles que les doubles ench&#232;res continues qui permettent d'obtenir le r&#233;sultat tellement d&#233;sir&#233;. Est-ce &#224; ces formes d'&#233;changes que songent les r&#233;dacteurs du nouveau programme ? Si tel est le cas, on se demande &#8211; outre le fait qu'elles demandent l'organisation d'un r&#233;seau d'ordinateurs avec des individus isol&#233;s les uns des autres (sans parler des r&#233;mun&#233;rations qui leur sont donn&#233;es pour les &#171; motiver &#187;, comme le veut la th&#233;orie &#8230;) &#8211; , comment l'enseignant va parvenir &#224; convaincre ses &#233;l&#232;ves que tout cela a quelque chose &#224; voir avec la vie &#233;conomique dont il doit leur faire comprendre les principaux ressorts et caract&#233;ristiques ? A supposer qu'il le fasse, ce dont on doute vu les moyens demand&#233;s, il se heurtera une fois de plus &#224; l'incr&#233;dulit&#233; des lyc&#233;ens, et les renforcera dans l'id&#233;e que ce que font les &#233;conomistes est des plus fantaisistes &#8211; ou myst&#233;rieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les r&#233;dacteurs des nouveaux programmes sont sans doute profond&#233;ment convaincus que ce qu'ils proposent va dans le sens d'une meilleure compr&#233;hension des relations &#233;conomiques dans nos soci&#233;t&#233;s. Ils ne nient d'ailleurs pas la dimension &#171; culturelle &#187;, ou &#171; sociologique &#187;, de ces relations, mais ils pensent qu'elle n'en est qu'un aspect secondaire, une sorte d' &#171; imperfection &#187; qui vient se greffer &#224; une th&#233;orie qui peut s'en passer, en premi&#232;re approximation, du moins. Elle lui apporte un plus, dont on est pr&#234;t &#224; admettre qu'il est non n&#233;gligeable, mais dont l'&#233;conomiste peut se passer. Or, il n'en est rien. Si on ne pr&#233;cise pas les institutions, les formes d'organisations sociales, la r&#233;glementation dans le cadre desquelles les d&#233;cisions des m&#233;nages et des entreprises sont prises, on est incapable de dire quoi que ce soit d'int&#233;ressant. Partir de la soci&#233;t&#233; telle qu'elle est &#8211; avec ses institutions, dont la famille, ses r&#232;gles (&#233;crites et non &#233;crites), ses groupes sociaux, sa structure productive &#8211; doit &#234;tre le point de d&#233;part de toute r&#233;flexion en &#233;conomie. C'est dans ce cadre que le comportement des agents doit alors &#234;tre &#233;tudi&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] Gary Becker a bien propos&#233; une solution concernant ce choix : la dictature bienveillante du chef de m&#233;nage altruiste. Mais on se voit difficilement raconter cela aux lyc&#233;ens. On ne le fait d'ailleurs pas avec les &#233;tudiants &#224; l'universit&#233; &#8211; sauf, peut-&#234;tre, dans des cours tr&#232;s particuliers. Aucun manuel de base de micro ne fait d'ailleurs allusion &#224; cette soi-disant solution, tellement elle doit &#234;tre jug&#233;e peu convaincante par leurs auteurs &#8211; et susceptible d'engendrer des d&#233;bats houleux en cours. Ils pr&#233;f&#232;rent parler indiff&#233;remment de &#171; consommateur &#187; ou de &#171; m&#233;nage &#187;, comme si c'&#233;tait la m&#234;me chose. Et tant pis pour la sacro-sainte rigueur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Celui-ci peut aussi &#234;tre perplexe devant la place donn&#233;e au taux d'int&#233;r&#234;t dans la d&#233;cision d'&#233;pargner (point 3 du I). Une br&#232;ve enqu&#234;te des lyc&#233;ens aupr&#232;s de leurs parents permettrait de constater combien on est l&#224; devant un facteur secondaire. Mais il est vrai que c'est si tentant de parler du taux de substitution intertemporelle dans un syst&#232;me complet de march&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] L'exemple le plus connu est celui du &#171; dernier &#187; voyageur d'un avion et d'un train non compl&#232;tement remplis dont le co&#251;t marginal est pratiquement nul. Pour la m&#234;me raison, le p&#233;age des autoroutes devrait &#234;tre nul tant que le trafic n'est pas satur&#233; (et infini quand la saturation arrive). Pour l'&#233;lectricit&#233;, le co&#251;t marginal est nul en p&#233;riode creuse (s'il provient de centrales nucl&#233;aires ou de barrages), &#233;norme quand il faut faire appel &#224; des centrales nouvelles (n&#233;cessit&#233; de recourir au p&#233;trole ou au gaz), puis constant &#224; nouveau (co&#251;t du gaz ou du p&#233;trole).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Les offreurs croyant qu'ils peuvent vendre tout ce qu'ils veulent &#224; ces prix (on dit parfois qu'ils croient que la fonction de demande est &#171; horizontale &#187;), les demandeurs pensant qu'ils peuvent acheter sans limite, si ce n'est celle de leur revenu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Les &#233;changes ne portent &#233;videmment pas sur des biens r&#233;els, mais sur des bouts de papier. On donne &#224; chaque &quot;cobaye-acheteur&quot; un papier o&#249; est &#233;crit le prix maximum qu'il est pr&#234;t &#224; payer pour le bien, &#224; chaque &quot;cobaye-vendeur&quot; le prix minimum auquel il est pr&#234;t &#224; le c&#233;der. La suite (d&#233;croissante) des prix maximum vendeur a un seul point commun avec la suite (croissante) des prix minimum acheteur, qui donne donc la valeur du prix d'&#233;quilibre &#8211; connu d'avance donc par celui qui distribue les papiers aux cobayes, et seulement par lui. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Par qui et pour qui a &#233;t&#233; fait le nouveau programme de SES de seconde ?</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article170.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article170.html</guid>
		<dc:date>2010-02-05T14:54:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Le Minist&#232;re vient de communiquer aux &#233;diteurs le projet de nouveau programme de sciences &#233;conomiques et sociales (SES) de seconde. Ce projet de programme r&#233;oriente profond&#233;ment les finalit&#233;s de l'enseignement de SES. 1. Un programme qui gomme syst&#233;matiquement les enjeux &#233;conomiques et sociaux contemporains Le Minist&#232;re a choisi d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'&#233;vacuer du programme de SES propos&#233; en classe de seconde la plupart des questions de soci&#233;t&#233; qui y &#233;taient abord&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent : suppression des (...)

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique12.html" rel="directory"&gt;3. Autres textes sur l'enseignement de l'&#233;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Minist&#232;re vient de communiquer aux &#233;diteurs le projet de nouveau programme de sciences &#233;conomiques et sociales (SES) de seconde. Ce projet de programme r&#233;oriente profond&#233;ment les finalit&#233;s de l'enseignement de SES.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Un programme qui gomme syst&#233;matiquement les enjeux &#233;conomiques et sociaux contemporains
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Minist&#232;re a choisi d&#233;lib&#233;r&#233;ment d'&#233;vacuer du programme de SES propos&#233; en classe de seconde la plupart des questions de soci&#233;t&#233; qui y &#233;taient abord&#233;es jusqu'&#224; pr&#233;sent : suppression des questionnements sur l'emploi et le ch&#244;mage, sur l'investissement, sur les revenus et les in&#233;galit&#233;s ou encore sur les transformations de la famille au profit de questions sur l'&#233;pargne, la fixation des prix (y compris du prix d'&#233;quilibre) dans une perspective positiviste et monolithique de l'&#233;conomie. Taire les questions de soci&#233;t&#233;, c'est renoncer &#224; la dimension citoyenne que v&#233;hiculent tous les enseignements g&#233;n&#233;raux du lyc&#233;e et faire perdre &#224; l'enseignement des SES ce qui fonde son succ&#232;s depuis plus de 40 ans. Le parlement avait tent&#233; de faire enseigner les &#171; aspects positifs de la colonisation &#187; en Histoire-G&#233;ographie, le Minist&#232;re souhaite-t-il faire enseigner les &#171; aspects positifs de l'&#233;conomie &#187; en SES, bref une &#171; &#233;conomie Bisounours &#187; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Un programme qui marginalise les autres sciences sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les entr&#233;es sociologiques du programme sont r&#233;duites &#224; la portion congrue et plac&#233;es &#224; la fin. Or, le document diffus&#233; par le Minist&#232;re pr&#233;cise qu'il faudra traiter &#171; au moins les 10 premi&#232;res questions &#187;. Compte tenu de sa lourdeur, les autres sciences sociales deviennent de facto optionnelles au profit d'un enseignement d&#233;sincarn&#233; d'&#233;conomie fondamentale. Le minist&#232;re rel&#232;gue la sociologie, l'anthropologie, la science politique au rang d'accessoires alors m&#234;me que ces disciplines permettent aux lyc&#233;ens de prendre du recul et donc de mieux comprendre des &#233;l&#233;ments essentiels de leur environnement quotidien comme la famille, l'&#233;cole, les m&#233;dias. Apr&#232;s avoir pourtant rendu un vibrant hommage &#224; Claude L&#233;vi-Strauss, Luc Chatel souhaite-t-il donc &#224; ce point &#171; cacher ces sciences sociales qu'il ne saurait voir &#187; ?. Mais le sort r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;conomie n'est pas pour autant plus envieux. C'est une pr&#233;sentation de l'&#233;conomie atemporelle sans hommes ni institutions, une &#233;conomie r&#233;duite &#224; des courbes, d&#233;riv&#233;es, &#233;lasticit&#233;s et autre prix d'&#233;quilibre. Le Minist&#232;re souhaite-t-il vraiment que les lyc&#233;ens puissent disposer des moyens de se rep&#233;rer dans l'actualit&#233; &#233;conomique et sociale dans laquelle ils baignent &#224; travers les discussions de famille et la t&#233;l&#233;vision ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Un programme inadapt&#233; &#224; des &#233;l&#232;ves de 15 ans qui d&#233;couvrent un nouvel enseignement
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce programme d&#233;montre une fois de plus que contrairement &#224; ses d&#233;clarations, les questions p&#233;dagogiques sont loin d'&#234;tre une pr&#233;occupation pour le Minist&#232;re. Nous avions d&#233;j&#224; pu observer cette contradiction entre la communication et les actes lorsque le Minist&#232;re, tout en affirmant haut et fort qu'il souhaitait &#233;lever la culture &#233;conomique des Fran&#231;ais, avait commenc&#233; par r&#233;duire &#224; la portion congrue le volume horaire de l'enseignement de SES (90 minutes par semaine seulement et suppression du travail en groupe r&#233;duit) ! Mais le choix des notions que le Minist&#232;re consid&#232;re qu'un &#233;l&#232;ve de seconde, doit apprendre en priorit&#233; est aussi &#233;loquent :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#167; Sur le th&#232;me de la consommation, les &#233;l&#232;ves seront sens&#233;s se passionner pour la notion &#171; d'&#233;lasticit&#233;-prix &#187;, tandis que dans le m&#234;me temps, on leur refuse de parler de pouvoir d'achat&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#167; Sur le th&#232;me de l'entreprise, ils devront d&#233;couvrir les joies des &#171; constructions des courbes de co&#251;ts &#187; tandis qu'il leur sera interdit de parler d'innovation ou de la distinction entre chiffre d'affaires et profit&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#167; Sur le th&#232;me du march&#233;, on pr&#233;f&#233;rera leur parler de la construction du &#171; prix d'&#233;quilibre &#187; plut&#244;t que de ce qu'est une &#171; &#233;conomie de march&#233; &#187; qui n&#233;cessite un ensemble de &#171; r&#232;gles &#187; que les acteurs doivent respecter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On demande &#224; des lyc&#233;ens venant de quitter le coll&#232;ge d'aborder l'&#233;conomie par l'apprentissage d'outils abstraits. C'est l'id&#233;e que l'on fait d&#233;couvrir et aimer la musique par la r&#233;p&#233;tition pr&#233;alable des gammes. Or, pour qui conna&#238;t le public lyc&#233;en, a fortiori en seconde, c'est raisonner &#224; l'envers. C'est au contraire parce qu'on part des questions contemporaines qui font sens pour les lyc&#233;ens que ces derniers consentent &#224; fournir l'effort n&#233;cessaire pour assimiler des outils. Voudrait-on r&#233;duire l'attractivit&#233; des SES et de la s&#233;rie ES que l'on ne s'y prendrait pas autrement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la confection de tout programme est une succession de choix, le Minist&#232;re a pr&#233;f&#233;r&#233; imposer les siens, au d&#233;triment m&#234;me du travail r&#233;alis&#233; par le groupe d'experts qu'il a pourtant lui-m&#234;me constitu&#233;. On en vient &#224; croire que le programme &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;crit. Cette fa&#231;on de proc&#233;der est proprement inacceptable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cons&#233;quence, l'&lt;a href='http://www.apses.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;APSES&lt;/a&gt; appelle les professeurs de SES &#224; exprimer leur refus de ce programme d&#233;mesur&#233;, inadapt&#233; et d&#233;natur&#233; lors de la consultation organis&#233;e par le Minist&#232;re &#224; partir du 8 f&#233;vrier. Si le programme n'&#233;tait pas profond&#233;ment remani&#233;, et l'horaire allou&#233; augment&#233; (pourquoi nombre d'enseignements d'exploration ont 3h ?), l'APSES se verrait dans l'obligation d'appeler les coll&#232;gues &#224; la d&#233;sob&#233;issance citoyenne et &#224; ne pas appliquer ce programme &#224; la rentr&#233;e 2010. Elle appelle d'ores et d&#233;j&#224; tous les citoyens &#224; se mobiliser lors de la semaine d'action pour les SES &#224; compter du lundi 25 janvier, et &#224; participer &#224; la manifestation du 30 janvier pour exprimer ce refus d'une r&#233;forme qui marginalise et d&#233;nature les SES.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus de d&#233;tails sur le site &lt;a href='http://www.apses.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.apses.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tribune du Monde en version int&#233;grale et quelques compl&#233;ments.</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article166.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article166.html</guid>
		<dc:date>2009-10-16T22:12:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>&lt;p&gt;La tribune publi&#233;e dans Le Monde et trois articles en compl&#233;ments&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique16.html" rel="directory"&gt;3. Dans la presse&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La tribune que nous avons publi&#233;e dans Le Monde (&#233;dition du 10 octobre) &#233;tait n&#233;cessairement courte. Plusieurs points m&#233;ritent d'&#234;tre pr&#233;cis&#233;s ou n&#233;cessitent des informations compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1/ La tribune que nous avions propos&#233;e au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; (qui a publi&#233; une version un peu plus courte) :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise et l'enseignement de l'&#233;conomie
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux Etats-Unis, comme en France, une vague de critiques submerge la recherche et l'enseignement en &#233;conomie. Paul Krugman, prix Nobel 2008, et parmi les &#233;conomistes les plus en vue, explique dans diff&#233;rents articles (voir notamment : &#171; &lt;a href='http://www.nytimes.com/2009/09/06/magazine/06Economic-t.html' class='spip_out' rel='external'&gt;How Did Economists Get It So Wrong ?&lt;/a&gt; &#187;) comment la macro&#233;conomie est progressivement tomb&#233;e dans un &#171; &lt;i&gt;&#226;ge sombre&lt;/i&gt; &#187; : m&#234;me les th&#233;ories les plus &#171; &lt;i&gt;farfelues&lt;/i&gt; &#187; pouvaient, si elles &#233;taient &#171; &lt;i&gt;int&#233;gr&#233;es dans des mod&#232;les math&#233;matiques ing&#233;nieusement construits&lt;/i&gt; &#187;, en venir &#224; dominer l'enseignement de cette discipline. Patrick Artus a fait d'ailleurs un constat similaire dans les colonnes de ce journal en &#233;crivant que &#171; &lt;i&gt;la macro&#233;conomie, depuis quelques ann&#233;es, est devenue une science formelle sans rapport avec la r&#233;alit&#233;. L'analyse de mod&#232;les d'&#233;quilibre g&#233;n&#233;ral intertemporel en horizon infini avec des fondements micro&#233;conomiques standard de type n&#233;oclassique qui domine toute la recherche en macro&#233;conomie n'apprend rien sur la vraie vie&lt;/i&gt;. &#187; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 10/09/09). Pour Brad DeLong, de l'universit&#233; de Berkeley, il s'agit l&#224; d'un &#171; &lt;i&gt;effondrement intellectuel&lt;/i&gt; &#187; d'une partie des institutions de l'&#233;conomie dominante, dont la principale cons&#233;quence est qu'une partie des &#233;conomistes cens&#233;s fournir des r&#233;ponses aux grandes questions que pose la crise actuelle sont incapables de faire avancer le d&#233;bat en raison de leur ignorance de l'histoire des faits et de la pens&#233;e &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'inverse, les &#233;conomistes cherchant &#224; expliquer cette crise accordent une place essentielle aux faits, notamment &#224; l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e des crises pass&#233;es, dont ils cherchent &#224; tirer les le&#231;ons... Les tentatives d'explication et de pr&#233;diction mobilisent un certain nombre de comportements et de raisonnements de base, que chacun peut comprendre. Interrog&#233; en juin 2009 sur ce qu'il dirait &#224; un &#233;tudiant commen&#231;ant un cursus d'&#233;conomie, Paul Samuelson, consid&#233;r&#233; comme l'un des p&#232;res de l'&#233;conomie math&#233;matique, r&#233;pondait : &#171; &lt;i&gt;Je dirais, et c'est s&#251;rement un changement par rapport &#224; ce que j'aurais dis lorsque j'&#233;tais plus jeune : ayez le plus grand respect pour l'&#233;tude de l'histoire &#233;conomique car il s'agit du mat&#233;riau d'o&#249; proviendront toutes vos conjectures et tous vos tests. Je pense que la p&#233;riode r&#233;cente l'a illustr&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;The Atlantic&lt;/i&gt;, 18/06/09).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, comme le rappelle Samuelson, &#171; &lt;i&gt;l'histoire n'&#233;crit pas sa propre histoire&lt;/i&gt; &#187;. Les explications s'appuient forc&#233;ment sur des hypoth&#232;ses et des th&#233;ories. Lesquelles ? Celles de Keynes, de Marx et, dans une moindre mesure, de Minsky, de Galbraith ou de certains r&#233;gulationnistes, se r&#233;v&#232;lent ici plus pertinentes que la th&#233;orie dominante. Tr&#232;s rares sont d'ailleurs les &#233;conomistes qui se r&#233;f&#233;rent aux th&#233;ories les plus r&#233;centes de la macro&#233;conomie ou de la micro&#233;conomie pour expliquer la crise. Ce sont pourtant ces th&#233;ories qui constituent le c&#339;ur de l'enseignement en &#233;conomie. Leurs mod&#232;les saturent les revues acad&#233;miques d'&#233;conomie les plus r&#233;put&#233;es. Ils sont d'ailleurs &#224; l'origine de la plupart des m&#233;dailles et prix que la profession s'attribue. Ultime paradoxe, &#224; l'heure o&#249; la plupart des &#233;conomistes cherchent &#224; se faire passer pour des keyn&#233;siens, la &#171; macro&#233;conomie keyn&#233;sienne &#187; n'obtient que quelques heures en tout d&#233;but de cursus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe donc un gouffre entre, d'un c&#244;t&#233;, ce que les &#233;conomistes enseignent et c&#233;l&#232;brent, et, de l'autre, ce qui est utile pour analyser nos soci&#233;t&#233;s. Ce constat n'est pas nouveau. En juin 2000, nous avions publi&#233;, avec d'autres &#233;tudiants et enseignants de la discipline, une &#171; &lt;a href='http://www.autisme-economie.org/article2.html' class='spip_out' rel='external'&gt;Lettre ouverte&lt;/a&gt; &#187; qui d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; cette situation. Ce mouvement &#233;tait rapidement devenu international. Les politiques avaient &#233;t&#233; interpell&#233;s. A la demande de Jack Lang, ministre de l'Education Nationale d'alors, un rapport avait &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Jean-Paul Fitoussi. Il est en bonne partie rest&#233; lettre morte. Le Manifeste demandait notamment que l'enseignement de l'&#233;conomie accorde une plus grande importance &#224; l'histoire des faits et des th&#233;ories, y compris les plus r&#233;centes. L'euphorie qui r&#233;gnait avant la crise n'en &#233;tait-elle pas un signe avant-coureur, que les &#233;conomistes auraient pu mieux d&#233;crypter s'ils avaient &#233;t&#233; plus familiers avec l'histoire des crises et des th&#233;ories qui essayaient de les expliquer ? Avec le recul, la macro&#233;conomie appara&#238;t surtout comme une suite de th&#233;ories dont la logique a plus &#224; voir avec l'air du temps &#8211; en fonction du rapport de force entre partisans et ennemis de l'intervention de l'Etat &#8211; qu'avec un quelconque &quot;progr&#232;s de la science&quot;. Notre manifeste regrettait l'absence, dans le cursus type en &#233;conomie, d'&#233;tudes concr&#232;tes et approfondies du fonctionnement d'institutions comme les Banques Centrales... Si nos recommandations avaient &#233;t&#233; adopt&#233;es, les &#233;conomistes auraient sans doute &#233;t&#233; moins surpris de voir ces Banques prendre en pension des actifs douteux, ouvrant la voie &#224; une cr&#233;ation mon&#233;taire loin des canons admis dans les manuels, et en opposition aux propositions d&#233;rivant de th&#233;ories ayant valu le prix Nobel d'&#233;conomie &#224; leurs auteurs. Enfin, l'&#233;nergie consacr&#233;e &#224; des exercices st&#233;riles dans le cadre de ce qu'on appelle la micro&#233;conomie, serait mieux utilis&#233;e &#224; l'&#233;tude des relations marchandes telles qu'on peut les observer, dans une perspective pluridisciplinaire. Telles sont quelques unes des pistes pour que l'enseignement en &#233;conomie sorte enfin de son &#171; autisme &#187;. La crise &#233;conomique aura-t-elle au moins le m&#233;rite d'y contribuer ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Emmanuelle B&#233;nicourt (Univ. de Valenciennes), David Cayla (Univ. d'Angers), Godefroy Clair (Univ. Paris-13), Baptiste Fran&#231;on (Univ. Paris-I), Ozgur Gun (Univ. de Reims), Pauline Hyme (Univ. Lille-I), Arthur Jatteau (EHESS), Philippe L&#233;g&#233; (Univ. d'Amiens), Ioana Marinescu (Universit&#233; de Chicago), Gilles Raveaud (Univ. Paris-8), Thomas Roca (Univ. Bordeaux-4), Damien Sauze (Univ. de Dijon), sont Ma&#238;tres de Conf&#233;rences ou doctorants en sciences &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2/ Cette tribune &#233;tait n&#233;cessairement courte. Plusieurs points m&#233;ritent d'&#234;tre pr&#233;cis&#233;s ou n&#233;cessitent des informations compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; D'abord, pour ceux qui veulent en savoir plus sur la &quot;guerre de la macro&quot; qui a lieu en ce moment aux Etats-Unis entre keyn&#233;siens et n&#233;olib&#233;raux, nous proposons une synth&#232;se et quelques liens vers les articles importants :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/Episode_1_freshwater_saltwater.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;Freshwater &amp; Saltwater.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Comme nous citons diff&#233;rentes critiques de la macr&#233;conomie contemporaine, il nous a aussi sembl&#233; important de rapporter comment ces &#233;conomistes se justifiaient :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href='http://www.autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/Episode_2-_Robinson.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;Robinson ou le meilleur des mondes.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/Episode_1_freshwater_saltwater.pdf" length="101552" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/pdf/Episode_2-_Robinson.pdf" length="109944" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ah si nous avions su &#8230;</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article165.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article165.html</guid>
		<dc:date>2009-04-08T14:52:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>La crise &#233;conomique dans laquelle nous sommes plong&#233;s justifie dramatiquement les principales revendications de notre mouvement : accorder plus de place aux faits, pr&#233;sents et pass&#233;s, aux techniques permettant de les traiter, &#224; l'&#233;tude des institutions et de leur fonctionnement, ainsi qu'&#224; l'histoire des th&#233;ories &#233;conomiques. Ce ne sont pas les cours de micro&#233;conomie ni m&#234;me, en g&#233;n&#233;ral, de macro&#233;conomie, qui permettent de comprendre ce qui se passe actuellement. Il est vrai qu'ils ne servaient d&#233;j&#224; pas &#224; (...)

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique6.html" rel="directory"&gt;2. Textes sur l'enseignement de l'&#233;conomie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise &#233;conomique dans laquelle nous sommes plong&#233;s justifie dramatiquement les principales revendications de notre mouvement : accorder plus de place aux faits, pr&#233;sents et pass&#233;s, aux techniques permettant de les traiter, &#224; l'&#233;tude des institutions et de leur fonctionnement, ainsi qu'&#224; l'histoire des th&#233;ories &#233;conomiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce ne sont pas les cours de micro&#233;conomie ni m&#234;me, en g&#233;n&#233;ral, de macro&#233;conomie, qui permettent de comprendre ce qui se passe actuellement. Il est vrai qu'ils ne servaient d&#233;j&#224; pas &#224; comprendre les ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques, mais maintenant nous ressentons encore plus vivement notre ignorance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi qu'on nous a appris que Keynes &#8211; syst&#233;matiquement pr&#233;sent&#233; comme le th&#233;oricien de la &#171; rigidit&#233; des prix &#187; &#8211; &#233;tait d&#233;finitivement enterr&#233;, m&#234;me si c'est avec tous les honneurs, suite &#224; la &#171; r&#233;volution des anticipations rationnelles &#187;, une avanc&#233;e majeure de la science... pour le ressusciter en toute urgence, tout le monde ou presque se r&#233;clamant maintenant de lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La micro&#233;conomie &#233;tait cens&#233;e &#234;tre une repr&#233;sentation id&#233;alis&#233;e des march&#233;s, permettant ensuite l'&#233;tude des &#171; imperfections &#187; et &#171; d&#233;faillances &#187; de march&#233;. C'est pourquoi il fallait absolument l'&#233;tudier. Nous avons &lt;a href='http://autisme-economie.org/article21.html' class='spip_in'&gt;montr&#233;&lt;/a&gt; que la micro&#233;conomie n'est pas une repr&#233;sentation des &quot;march&#233;s&quot; , mais le discours ambiant sur les vertus de la concurrence et de la flexibilit&#233; ne facilitait pas les choses. Certains h&#233;t&#233;rodoxes voyaient m&#234;me dans le mod&#232;le de la concurrence parfaite une repr&#233;sentation &#171; n&#233;olib&#233;rale &#187; de l'&#233;conomie &#8211; et lui reconnaissaient de fait une certaine pertinence, m&#234;me s'ils ne l'aimaient pas &#8211;, ce qui est tout &#224; fait erron&#233;. En cela ils rejoignaient, curieusement, les positions des th&#233;oriciens n&#233;oclassiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La macro&#233;conomie &#233;tait &#224; l'origine un peu plus proche de la r&#233;alit&#233;, car impr&#233;gn&#233;e des id&#233;es de Keynes. Mais il suffit de consulter les manuels r&#233;cents pour constater qu'elle est devenue une sorte de micro&#233;conomie &#233;largie, avec ses courbes d'offres et de demandes &#171; globales &#187; (ce qui est un non sens !), et ses mod&#232;les absurdes avec un &#171; &lt;a href='http://autisme-economie.org/article23.html' class='spip_in'&gt;agent repr&#233;sentatif&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le discours dominant &#233;tait loin d'&#234;tre unifi&#233;, mais il &#233;tait b&#226;ti sur l'id&#233;e que l' &#171; &#233;quilibre &#187; (de plein emploi, ou &#171; naturel &#187;) pr&#233;vaut pour peu que l'on supprime les &#171; rigidit&#233;s &#187;. S'il subsistait des probl&#232;mes, c'&#233;tait &#224; cause des interventions intempestives de l'Etat, qu'elles soient directes ou via la politique mon&#233;taire. Il fallait donc rendre celle-ci &quot;ind&#233;pendante&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous nous doutions bien que les choses ne sont pas simples. Que l&#224; o&#249; le ch&#244;mage avait fortement diminu&#233;, le nombre d' &#171; invalides &#187; avait curieusement augment&#233; (Su&#232;de, Pays Bas, Royaume Uni, par exemple). Que le travail pr&#233;caire, &#224; temps partiel, avait explos&#233; (ph&#233;nom&#232;ne des &#171; travailleurs pauvres &#187;, notamment aux &#201;tats-Unis). Que le salaire m&#233;dian stagnait un peu partout, alors qu'on nous vantait la croissance des PIB. L'accroissement des in&#233;galit&#233;s &#233;tait devenu notoire, mais elle &#233;tait pr&#233;sent&#233;e comme un mal in&#233;luctable, n&#233;cessaire &#224; ladite croissance. Le gonflement de la sph&#232;re financi&#232;re, surtout aux &#201;tats-Unis et en Grande Bretagne, &#233;tait pr&#233;sent&#233;e comme &#171; cr&#233;atrice de valeur &#187;, sans qu'on sache de quoi exactement. Mais peu importait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On voit maintenant qu'il y avait l&#224; les germes d'une crise profonde, dont on ignore comment on va sortir, et dans quel &#233;tat. En quelques mois, la vision d'&#171; &#233;quilibre &#187; a &#233;t&#233; remplac&#233;e par celle d'un processus que l'on cherche &#224; tout prix &#224; contr&#244;ler, pour &#233;viter le d&#233;sastre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quels sont les concepts de la micro et de la macro, telles qu'on nous les a enseign&#233;es, qui survivent &#224; l'&#233;preuve ? Quelle est la grille de lecture utilis&#233;e pour &#233;tudier la nouvelle situation &#8211; et, r&#233;trospectivement, les situations pass&#233;es ? Voil&#224; des questions qu'on ne peut manquer de se poser, surtout pour un mouvement qui pr&#233;conise une profonde r&#233;forme dans l'enseignement de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien que la crise n'en soit qu'&#224; ses d&#233;buts, on peut d&#233;j&#224; apporter quelques r&#233;ponses &#224; ces questions. On constatera d'ailleurs qu'elles ne font que confirmer la justesse des revendications de notre mouvement, formul&#233;es &#224; l'&#233;poque o&#249; la micro&#233;conomie &#8211; et plus g&#233;n&#233;ralement la th&#233;orie n&#233;oclassique &#8211; connaissait sa p&#233;riode de gloire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De quoi causent actuellement les &#233;conomistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il suffit de jeter un coup d'&#339;il aux blogs de Krugman, Mankiw, DeLong, pour constater que le d&#233;bat tourne essentiellement sur la valeur du &quot;multiplicateur&quot; &#8211; la principale ligne de clivage &#233;tant entre ceux qui pr&#233;conisent une hausse des d&#233;penses publiques et ceux qui lui pr&#233;f&#232;rent une baisse des imp&#244;ts. Certains pensent qu'il est nul ou m&#234;me n&#233;gatif, mais ils sont peu nombreux ou ne cherchent pas &#224; d&#233;fendre leur point de vue. Robert Barro est l'exception qui confirme la r&#232;gle, mais son &#233;valuation &#224; partir des donn&#233;es de la deuxi&#232;me guerre mondiale ne convainc pas grand monde. En fait, si les &#233;valuations des uns et des autres divergent tellement c'est parce qu'elles proviennent de donn&#233;es tir&#233;es d'&#233;pisodes diff&#233;rents de la vie &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;bat est toutefois int&#233;ressant, parce qu'il donne l'occasion de revenir sur ces &#233;pisodes et donc de comparer avec la situation actuelle dans tel ou tel pays. Les divergences portent, comme toujours, &#224; la fois sur le choix du cas retenu &#224; titre d'exp&#233;rience ainsi que sur ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme invariant (&#171; toutes choses &#233;gales par ailleurs &#187;) dans cette exp&#233;rience non contr&#244;l&#233;e &#8211; en l'occurrence, une hausse des d&#233;penses publiques ou une baisse d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a l&#224; l'occasion d'&#233;tudier de fa&#231;on relativement d&#233;taill&#233;e telle ou telle p&#233;riode historique pr&#233;cise, et de r&#233;fl&#233;chir sur la fa&#231;on dont des relations de type causal peuvent &#234;tre &#233;tablies &#8211; avec toutes les r&#233;serves d'usage &#8211; &#224; partir des donn&#233;es disponibles. Ce genre d'&#233;tudes et de r&#233;flexions devraient faire partie de la formation de base en &#233;conomie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;bat fait rage aussi, surtout aux &#201;tats-Unis, sur les cons&#233;quences d'une augmentation massive de la dette des administrations publiques. Tr&#232;s rares sont ceux qui d&#233;fendent l'id&#233;e que l'on nous a tellement rebattue selon laquelle il y aurait &#171; effet d'&#233;viction &#187;, l'emprunt public d&#233;pla&#231;ant l'emprunt priv&#233;. L'id&#233;e qui pr&#233;vaut actuellement est au contraire celle de la dette publique qui se substitue &#224; la dette priv&#233;e, d&#233;faillante &#8211; les dettes ayant pour contrepartie des d&#233;penses, d'investissement ou de consommation, peu importe. Dans le premier cas, l'&#233;pargne &#8211; sollicit&#233;e par les emprunteurs &#8211; est consid&#233;r&#233;e comme exog&#232;ne (d&#233;termin&#233;e par les conditions d'une &#233;conomie en plein emploi), alors que ce n'est pas ainsi dans le deuxi&#232;me cas : si une &#233;pargne n'a pas pour contrepartie une d&#233;pense, le revenu baisse, et l'&#233;pargne avec.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve le vieux d&#233;bat entre Keynes et ses adversaires &#8211; ce que Keynes appelait le &#171; point de vue du Tr&#233;sor &#187;. On peut voir une version moderne, et raffin&#233;e, de ce point de vue dans la th&#233;orie de l' &#171; &#233;quivalence ricardienne &#187; &#8211; les m&#233;nages b&#233;n&#233;ficiant des largesses de l'Etat n'augmentent pas leurs d&#233;penses car ils se pr&#233;munissent contre la hausse future des imp&#244;ts &#8211; mais il est difficile de la prendre au s&#233;rieux, surtout en p&#233;riode de crise, puisqu'elle suppose le plein emploi (et l'absence d'incertitude).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toutes fa&#231;ons, la question de la r&#233;action des m&#233;nages &#224; l'accroissement de l'endettement public ne peut &#234;tre tranch&#233;e qu'empiriquement. On peut, par exemple, chercher &#224; &#233;valuer la part &#233;pargn&#233;e suite &#224; un versement d'un revenu suppl&#233;mentaire ; on peut aussi enqu&#234;ter aupr&#232;s d'eux en leur demandant si cette &#233;pargne, &#224; supposer qu'elle existe, est faite en pr&#233;vision des imp&#244;ts futurs ou afin de se pr&#233;munir contre des al&#233;as du futur, tel un possible ch&#244;mage. A &#233;couter ce que disent les uns et les autres &#224; propos des &#171; plans de relance &#187;, c'est cette deuxi&#232;me r&#233;ponse qui est consid&#233;r&#233;e, et de loin, comme la plus cr&#233;dible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une id&#233;e qui revient souvent &#224; propos de la crise, et qui est en rapport avec ce qui vient d'&#234;tre dit, est ce que Keynes avait appel&#233; le &#171; paradoxe de l'&#233;pargne &#187; (&#171; &lt;i&gt;paradox of thrift&lt;/i&gt; &#187;) : en restreignant ses d&#233;penses, ou ses co&#251;ts, chacun impose une diminution du revenu aux autres, accentuant ainsi la crise. On aurait bien aim&#233; entendre parler dans nos cours de ce &#171; paradoxe &#187;, et des d&#233;bats &#224; son propos, vu que l'enjeu est la sortie de crise &#8211; mais aussi la mani&#232;re de l'&#233;viter. On ne trouve aucune trace de ce d&#233;bat dans les manuels r&#233;cents de macro&#233;conomie, pour lesquels la crise rel&#232;ve de l'inconcevable (Robert Lucas ayant tranch&#233; d&#233;finitivement en disant en 2003 que &#171; le probl&#232;me de la pr&#233;vention de la d&#233;pression a &#233;t&#233; r&#233;solu, dans toutes les situations concr&#232;tes qui peuvent se pr&#233;senter &#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut faire la m&#234;me constatation &#224; propos de la &#171; trappe &#224; liquidit&#233; &#187; dont on parle maintenant un peu partout. Les manuels &#224; large diffusion comme ceux de Mankiw, de Stiglitz, de Baumol et Blinder, de Cohen et Blanchard n'en soufflent mot [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='1 Blanchard et Cohen y font une vague allusion dans un encadr&#233; sur la crise (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Le dipl&#244;m&#233; en &#233;conomie n'en sait pas plus &#224; son propos que l'homme de la rue, ce qui est un comble ! En revanche il a &#233;t&#233; abreuv&#233; de courbes d'offre et demande &#171; globales &#187; qui sont un non sens, sans parler des tristement c&#233;l&#232;bres &lt;a href='http://autisme-economie.org/article15.html' class='spip_in'&gt;anticipations rationnelles&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On nous dira : c'est la crise, personne ne pouvait la pr&#233;voir, ou ne l'a pr&#233;vue. Peut &#234;tre. Mais n'est-ce pas le r&#244;le du scientifique de chercher &#224; pr&#233;voir, ou du moins &#224; en envisager la possibilit&#233; &#8211; m&#234;me si on pense qu'elle est tr&#232;s faible ? On raconte maintenant &#171; qu'il n'y en a qu'une par si&#232;cle &#187;, mais on aimerait savoir pourquoi. Et, surtout, quand la crise arrive, &#234;tre moins d&#233;sarm&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la place de cela nous avons &#233;t&#233; berc&#233;s par des allusions permanentes &#224; la &#171; main invisible &#187; du march&#233;, dont il faudrait tout au plus corriger les &#171; d&#233;faillances &#187; et autres &#171; imperfections &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monnaie et cr&#233;ation mon&#233;taire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En lisant les journaux, en &#233;coutant la radio ou en regardant la r&#233;vision, on en apprend de belles concernant la monnaie et la cr&#233;ation mon&#233;taire. Nous ignorions par exemple que les Banques Centrales pouvaient prendre en d&#233;p&#244;t des actifs des banques &#8211; et m&#234;me des billets de tr&#233;sorerie des entreprises &#8211; et cr&#233;er ainsi de la monnaie. Il para&#238;t qu'elles peuvent m&#234;me, si n&#233;cessaire, ouvrir des comptes directement aux agents priv&#233;s. Nous avions appris pourtant qu'elles agissaient essentiellement &#224; travers le taux d'int&#233;r&#234;t, car sinon leur cr&#233;dibilit&#233; serait en jeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant la dette des administrations publiques, il para&#238;t que la Fed peut acheter les bons du Tr&#233;sor, ce qui permet &#224; ce dernier d'emprunter sans limite &#8211; et &#224; la Fed de cr&#233;er par ce biais toute la monnaie n&#233;cessaire. Avec quelles cons&#233;quences ? La Banque Centrale Europ&#233;enne ne peut, de par ses statuts, faire de m&#234;me, mais elle peut aussi contourner la contrainte en achetant les titres en circulation &#8211; &#233;mis par le pass&#233; par les Etats de l'Union Europ&#233;enne &#8211; permettant &#224; ces Etats de continuer &#224; emprunter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On nous explique &#8211; sans trop insister parce que mieux vaut &#234;tre discret sur ce point &#8211; que toutes les exp&#233;riences historiques prouvent que la question de la dette publique s'est r&#233;gl&#233;e par le refus de payer (faillite partielle de l'Etat, surtout pour les pays de la p&#233;riph&#233;rie) ou par l'inflation, suite souvent &#224; une guerre. Est-ce forc&#233;ment une mauvaise solution (si on abstrait la question de la guerre), comme on le laisse entendre &#8211; l'inflation &#233;tant encore pr&#233;sent&#233;e comme le diable ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour pouvoir r&#233;pondre &#224; cette question, on ne voit pas, une fois de plus, d'autre alternative que d'&#233;tudier les diverses exp&#233;riences pass&#233;es &#8211; nombreuses si on remonte dans le temps et dans l'espace. Il serait vain de s'attendre &#224; une r&#233;ponse claire et unique &#8211; du genre de celles qui sont ass&#233;n&#233;es dans les manuels (d'avant la crise) &#8211; puisque, une fois de plus, on ne peut appliquer, m&#234;me tr&#232;s approximativement, la condition &#171; toutes choses &#233;gales par ailleurs &#187;, chaque cas (p&#233;riode et pays) ayant ses particularit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut toutefois esp&#233;rer en tirer quelques le&#231;ons, m&#234;me partielles, qui permettent de comprendre un peu mieux ce qui se passe, et d'envisager des sc&#233;narios sur ce qui peut arriver dans un futur plus ou moins longtemps. N'est-ce pas l&#224; ce qu'on attend d'un &#233;conomiste ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Finance : et soudain la lumi&#232;re jaillit !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout le monde explique maintenant de fa&#231;on simple et claire &#8211; on trouve m&#234;me sur internet une explication &#171; pour les nuls &#187; ! &#8211; l'aberration des pr&#234;ts &quot;subprime&quot;, de la titrisation qui a permis de les noyer dans des &#171; CDO &#187; sous pr&#233;texte de diluer le risque, d'&#171; assurer &#187; leurs possesseurs contre r&#233;mun&#233;ration (les CDS). On comprend qu'en fait on construisait un ch&#226;teau de cartes b&#226;ti sur l'hypoth&#232;se que les prix de l'immobilier continueraient toujours &#224; monter &#8211; on nous rappelle m&#234;me &#171; le vieil adage boursier &#187; selon lequel &#171; les arbres ne montent pas jusqu'au ciel &#187;. Le risque a peut &#234;tre &#233;t&#233; dilu&#233;, mais pas avec le r&#233;sultat annonc&#233; : au lieu de peser marginalement sur l'ensemble des investisseurs, il s'est r&#233;pandu comme la v&#233;role, provoquant un climat de d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233; et une paralysie progressive du syst&#232;me de cr&#233;dit, telle une chape de plomb dont personne ne sait comment s'en extirper sans trop de d&#233;g&#226;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, alors que la crise commen&#231;ait &#224; poindre, dans une chronique publi&#233;e le 27 juillet 2007 dans &lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;, deux &#233;minents professeurs de finance, issus des meilleurs &#233;coles, Augustin Landier et David Thesmar expliquaient doctement que &quot;le m&#233;gakrach n'aura pas lieu&quot; parce que &quot;nous sommes dans une 'nouvelle &#233;conomie financi&#232;re' &quot; o&#249; &quot;des instruments innovants s'&#233;changent sur des march&#233;s bien plus liquides qu'il y a une d&#233;cennie&quot; de sorte que &quot;le risque de la dette n'est plus support&#233; par quelques acteurs (les banques, les assurances) mais r&#233;partis dans l'ensemble de l'&#233;conomie&quot;. Parmi ces instruments innovants, il y a &quot;la titrisation et les d&#233;riv&#233;s de cr&#233;dit&quot; dont &quot;l'effet net est une diminution et non un accroissement du risque syst&#233;mique&quot;, car &quot;ces produits sont d&#233;sormais &#233;chang&#233;s par une masse critique d'acteurs constituant un march&#233; devenu liquide&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-on expliquer un tel aveuglement par l'&#233;ducation re&#231;ue, ou dominait le th&#232;me de l' &#171; efficience des march&#233;s &#187;, le choix rationnel d'individus qui utilisent pour le mieux toute l'information disponible, dans un monde o&#249; les march&#233;s s'ajustent automatiquement, pourvu qu'on ne cherche pas &#224; les entraver ? M&#234;me si on n'y croit pas vraiment, ce discours laisse des traces, tous les cours &#8211; en micro&#233;conomie, en macro&#233;conomie, en &#233;conomie du d&#233;veloppement comme en finance &#8211; &#233;tant construits sur ce sch&#233;ma. A force de l'entendre et de le raconter, on se laisse embarquer &#8211; surtout si on a un petit faible pour les &#233;quations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut &#233;videmment pas reprocher aux cours d'avant la crise de ne pas avoir d&#233;crit les derni&#232;res &#171; innovations financi&#232;res &#187; ainsi que les germes du d&#233;sastre qu'elles portaient en elle (surtout que personne ne semble en avoir &#233;t&#233; conscient). Un certain recul est sans doute n&#233;cessaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pourquoi, au moins, n'avoir jamais attir&#233; l'attention sur l'endettement des m&#233;nages &#8211; alors qu'on ne manquait pas de le faire sur celui des administrations publiques &#8211;, alors qu'il augmentait &#224; un rythme effr&#233;n&#233; ? Dans ce cas aussi, l'&#233;tude de l'&#233;volution pass&#233;e de ce param&#232;tre aurait pu attirer l'attention sur les similitudes avec la crise de 1929, o&#249; les &quot;call loans&quot; ont jou&#233; un r&#244;le similaire aux subprime actuels. La crise des ann&#233;es 1930 a profond&#233;ment marqu&#233; son &#233;poque. Elle a &#233;t&#233; une exp&#233;rience majeure par sa dur&#233;e et par son &#233;tendue. Elle a donn&#233; lieu &#224; des d&#233;bats tr&#232;s importants entre les &#233;conomistes parmi les plus c&#233;l&#232;bres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malheureusement, les discussions ont peu &#224; peu disparu, la th&#232;se selon laquelle la Fed aurait &#233;t&#233; la grande fautive, avec ses actions &#224; contretemps, s'&#233;tant impos&#233;e &#8211; faute de combattants. Th&#232;se qui a l'avantage de pr&#233;coniser une r&#232;gle simple &#8211; l&#226;cher sur la monnaie &#8211; en cas de menace s&#233;rieuse. Il se peut que l'application de cette r&#232;gle ait march&#233; lors des krachs boursiers de 1987 et de 2000 &#8211; voil&#224; encore deux cas qu'il serait int&#233;ressant d'&#233;tudier &#8211;, mais la crise actuelle a apport&#233; un d&#233;menti cinglant &#224; ce qui &#233;tait consid&#233;r&#233; jusqu'alors comme une th&#233;orie solidement &#233;tablie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Revenir aux d&#233;bats des ann&#233;es 1930 et de l'apr&#232;s-guerre, conna&#238;tre les arguments des uns et des autres, les m&#234;mes qu'on retrouve aujourd'hui, aurait sans doute &#233;t&#233; d'une grande utilit&#233; pour comprendre ce qui se passe actuellement. Comme Paul Krugman l'a remarqu&#233;, il est affligeant de constater l'ignorance crasse de la plupart des &#233;conomistes qui discutent actuellement de la n&#233;cessit&#233; et de la port&#233;e des diverses solutions &#224; apporter &#224; la crise et qui reprennent sans le savoir de vieux arguments &#233;cul&#233;s, maintes et maintes fois mis en pi&#232;ces.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un autre point important : pour faire face &#224; la crise, et &#233;viter son &#233;ventuel retour, une s&#233;v&#232;re r&#233;glementation des march&#233;s financiers avait alors &#233;t&#233; mis en place, notamment aux Etats Unis. R&#233;glementation qui a &#233;t&#233; progressivement d&#233;mantel&#233;e &#224; partir du milieu des ann&#233;es 1970, d'abord par Carter, suivie par Reagan et Bush, puis achev&#233;e par Clinton. L'&#233;tude des arguments avanc&#233;s pour ou contre &#8211; pour justifier la mise en place de la r&#233;glementation puis son d&#233;mant&#232;lement &#8211; est une excellente occasion pour voir comment s'applique le raisonnement &#233;conomique, dans un contexte pr&#233;cis, compte tenu du cadre institutionnel. On peut rajouter &#224; cela l'&#233;tude des cas comme la crise des Saving and Loans et du syst&#232;me bancaire su&#233;dois, &#224; la fin des ann&#233;es 80 et au d&#233;but des ann&#233;es 90, ainsi que le cas japonais, dont on parle tellement maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qui peut nier que tout cela soit bien plus instructif, et formateur, que de calculer les d&#233;riv&#233;es partielles des fonctions venant de nulle part ou de d&#233;placer des courbes dans tous les sens ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la micro&#233;conomie l&#224;-dedans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout ce que l'on vient de voir rel&#232;ve de la macro&#233;conomie. Ce qui n'a pas de quoi nous &#233;tonner : notre mouvement est n&#233; de la constatation que la micro est une pure sp&#233;culation sur des mondes totalement fictifs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce que l'on peut entendre, les seules notions utilis&#233;es dont on peut consid&#233;rer qu'elles rel&#232;vent de la micro&#233;conomie sont celles d'asym&#233;trie d'information, d'al&#233;a de moralit&#233; et de &#171; m&#233;canisme d'incitation &#187;. Il suffit toutefois d'ouvrir n'importe quel manuel de micro pour constater que soit ces notions occupent une place n&#233;gligeable, soit elles donnent lieu &#224; des d&#233;veloppements plus ou moins clairs, dont les conclusions sont loin d'&#234;tre tranch&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenons l'al&#233;a de moralit&#233; : tout le monde s'accorde pour dire &#224; la fois qu'on ne peut laisser sombrer le syst&#232;me bancaire et que si on sauve telle ou telle banque ayant pris des risques inconsid&#233;r&#233;s, d'autres seront incit&#233;s &#224; prendre des risques inconsid&#233;r&#233;s, puisqu'elles savent qu'on ne les laissera pas couler. Il faut choisir, mais comment ? Certains pensent qu'en voulant faire un exemple avec la banque Lehman, la Fed a d&#233;clench&#233; la crise, alors que d'autres pensent le contraire (la crise &#233;tant ant&#233;rieure). On peut longuement gloser l&#224;-dessus, et m&#234;me essayer de d&#233;fendre l'une ou l'autre th&#232;se en &#233;tudiant de pr&#232;s ce qui s'est pass&#233; &#8211; notamment l'&#233;volution des principales variables &#8211;, mais il est clair que le micro&#233;conomiste n'a pas grand chose &#224; dire, tellement la situation est complexe et sp&#233;cifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#234;me constatation peut &#234;tre faite &#224; propos des syst&#232;mes d'incitations, sur lesquels assureurs, employeurs et banquiers se sont pench&#233;s depuis plusieurs si&#232;cles, du moins pour certains d'entre eux. Dans ce cas l&#224; aussi, l'&#233;tude des tenants et aboutissants de quelques exp&#233;riences concr&#232;tes serait bien plus int&#233;ressante que celle des comportements &#171; bayesiens &#187; d'individus hypoth&#233;tiques plac&#233;s dans des situations d'interaction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plateforme de notre mouvement &#8211; qui demandait plus d'&#233;tudes de situations concr&#232;tes, &#224; la lumi&#232;re des diverses th&#233;ories, et moins de gribouillages avec des mod&#232;les sans queue ni t&#234;te &#8211; est plus d'actualit&#233; que jamais. Il est important de la faire conna&#238;tre, pour qu'enfin les &#233;tudes en &#233;conomie soient r&#233;form&#233;es en profondeur, sur la base propos&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] 1 Blanchard et Cohen y font une vague allusion dans un encadr&#233; sur la crise japonaise des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/IMG/jpg/wanna_be.jpg" length="48853" type="image/jpeg" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>MICROECONOMIE de Pindyck et Rubinfeld : encore un manuel qui se moque de nous (et pour 48 euros !)</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article164.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article164.html</guid>
		<dc:date>2009-02-24T06:45:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>La micro&#233;conomie &#8211; qui est b&#226;tie autour de l'id&#233;e que les &#171; march&#233;s concurrentiels &#187; conduisent &#224; une affectation optimale des ressources &#8211; survivra-t-elle &#224; la crise qui nous submerge depuis la mi 2008 ? Elle ne devrait pas, si le bon sens pr&#233;valait chez les &#233;conomistes. Mais il est tr&#232;s dur de laisser tomber ce &#224; quoi on a tellement cru &#8211; et dans lequel on a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; (pour ne pas dire dress&#233;). C'est pourquoi il n'est pas inutile de revenir, une fois de plus, sur son absence de pertinence &#8211; et sur les (...)

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique7.html" rel="directory"&gt;3. Textes critiques sur la th&#233;orie n&#233;oclassique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La micro&#233;conomie &#8211; qui est b&#226;tie autour de l'id&#233;e que les &#171; march&#233;s concurrentiels &#187; conduisent &#224; une affectation optimale des ressources &#8211; survivra-t-elle &#224; la crise qui nous submerge depuis la mi 2008 ?
Elle ne devrait pas, si le bon sens pr&#233;valait chez les &#233;conomistes. Mais il est tr&#232;s dur de laisser tomber ce &#224; quoi on a tellement cru &#8211; et dans lequel on a &#233;t&#233; &#233;lev&#233; (pour ne pas dire dress&#233;). C'est pourquoi il n'est pas inutile de revenir, une fois de plus, sur son absence de pertinence &#8211; et sur les incoh&#233;rences de ceux qui cherchent &#224; tout prix, dans les manuels, &#224; faire croire le contraire.
On va prendre ici l'exemple du Micro&#233;conomie de Robert Pindyck et Robert Rubinfed (P&amp;R), l'un des derniers manuels am&#233;ricains &#224; avoir &#233;t&#233; traduit en fran&#231;ais (2005). Il est l'&#339;uvre de deux enseignants d'universit&#233;s tr&#232;s prestigieuses (Bank of Tokyo-Mitsubishi Professor of Economics and Finance et MIT- Sloan School of Management pour le premier ; Robert L. Bridges Professor of Law, Professor of Economics, Universit&#233; de Berkeley pour l'autre). Malgr&#233; cela, nous allons voir qu'ils se moquent du monde, comme les autres manuels, quand ils traitent les questions cl&#233; pour l'&#233;conomiste que sont le march&#233;, la concurrence, l'offre et la demande, la substituabilit&#233; des inputs (voir, &#224; ce propos, pour &#234;tre dans le coup, &#171; A quoi sert la micro&#233;conomie ? &#187; &lt;a href='http://www.autisme-economie.org/article21.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;www.autisme-economie.org/art...&lt;/a&gt;). Les parties sur la concurrence imparfaite et la th&#233;orie des jeux sont tout aussi lamentables. On va revenir sur tous ces points.
Cela valait-il la peine de traduire encore un trait&#233; de micro&#233;conomie, alors qu'il reprend les m&#234;mes &#226;neries que tous les manuels existants ? On peut en douter, sans parler du fait que son prix est exorbitant (48 euros), pour un livre qui ne servira tout au plus que pour r&#233;ussir un examen (en r&#233;p&#233;tant servilement ce que disent ses auteurs, sous peine d'&#234;tre sanctionn&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ca commence mal : la micro&#233;conomie serait comme la physique &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les auteurs de manuels de micro&#233;conomie se sentent oblig&#233;s de commencer par une section ou m&#234;me un chapitre o&#249; ils essaient de montrer que la micro&#233;conomie sert &#224; quelque chose, qu'elle proc&#232;de comme les autres sciences (de la nature). Car ils savent pertinemment qu'ils vont se heurter au scepticisme des lecteurs devant les histoires farfelues qu'ils vont leur raconter, avec des maths mais sans donn&#233;es (&#224; moins qu'elles ne soient construites de toutes pi&#232;ces). Physiciens, chimistes et biologistes n'ont pas besoin de justifier ce qu'ils font lorsqu'ils r&#233;digent des manuels, tellement c'est &#233;vident pour tout le monde &#8211; chacun le constate dans la vie de tous les jours. P&amp;R ne d&#233;rogent pas &#224; la r&#232;gle. Comme dans les autres manuels, ils choisissent de comparer l'&#233;conomie &#224; la physique &#8211; la reine des sciences &#8211;, en insistant sur le caract&#232;re imparfait de toute th&#233;orie (ce qui permet de parer aux objections les plus pressantes). C'est ainsi qu'ils &#233;crivent page 6 :
&#171; Quand on &#233;value une th&#233;orie, il est important de garder &#224; l'esprit qu'elle est n&#233;cessairement imparfaite&#8230; En physique, par exemple, la loi de Boyle relie le volume, la temp&#233;rature et la pression d'un gaz. La loi est fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se que les mol&#233;cules ne se comportent pas toujours comme des boules de billard, ce qui explique pourquoi la loi de Boyle ne s'applique pas pour des pressions et temp&#233;ratures extr&#234;mes. Mais dans la plupart des cas, elle pr&#233;dit tr&#232;s bien comment la temp&#233;rature du gaz change quand la pression et le volume varient, et elle est de ce fait un instrument essentiel pour les ing&#233;nieurs et les scientifiques. La situation est quasiment la m&#234;me pour l'&#233;conomie &#187; (p 6-7, nous soulignons). Ainsi, la micro&#233;conomie fournirait des pr&#233;dictions qui sont comparables, ou presque, &#224; celles de la physique. Rien que &#231;a ! Ca commence mal &#8230; Laisser entendre qu'il existe en &#233;conomie au moins une loi qui serait l'&#233;quivalent de celle de Boyle (Mariotte pour les fran&#231;ais) rel&#232;ve de la tromperie caract&#233;ris&#233;e. P&amp;R sont &#233;videmment incapables de donner un seul exemple de loi de ce genre. Dans l'index de leur livre, au mot &#171; loi &#187;, on trouve &#171; loi antitrust, des grands nombres, des probabilit&#233;s, des rendements &#187;, c'est-&#224;-dire rien qui ne soit en rapport avec ce qu'on entend par &#171; loi &#187; dans les sciences de la nature (telle la relation entre pression et temp&#233;rature &#233;tablie par Boyle). Il suffit d'ailleurs de feuilleter rapidement le livre de P&amp;R pour constater, qu'en dehors d'encadr&#233;s anecdotiques, on n'y trouve aucune donn&#233;e ou formule &#224; propos de laquelle on pourrait parler de loi. Il y a d&#232;s le d&#233;part, tromperie sur la marchandise : P&amp;R ne font l&#224; que reprendre une veille tradition en ce qui concerne les manuels de micor&#233;conomie. Ce qui n'est &#233;videmment pas une justification. Venons-en aux concepts essentiels en &#233;conomie que sont le march&#233; et la concurrence (on peut aussi lire, &#224; ce propos, &#171; Ces merveilleux manuels am&#233;ricains &#8230; &#187;, &lt;a href='http://www.autisme-economie.org/article7.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.autisme-economie.org/art...&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;MARCHES ET CONCURRENCE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; March&#233;s et concurrence &#187; est le titre de la section 2 du chapitre 1. On y trouve la d&#233;finition suivante :
&#171; Un&lt;i&gt; march&#233;&lt;/i&gt; est un groupe d'acheteurs et de vendeurs qui d&#233;terminent par leurs actions effectives ou potentielles le prix d'un bien ou d'un ensemble de biens &#187; (p 8).
Reste &#224; savoir comment ce &#171; groupe &#187; de personnes &#171; d&#233;terminent &#187; le prix des biens. C'est peut-&#234;tre pour l'expliquer que P&amp;R introduisent dans la foul&#233;e les march&#233;s &#171; concurrentiels &#187; ou &#171; de pure concurrence &#187; (appel&#233;s aussi, &#224; d'autres endroits, &#171; de concurrence parfaite &#187;). Ils les pr&#233;sentent comme des march&#233;s &#171; comprenant un grand nombre d'acheteurs et de vendeurs, de telle sorte qu'un acheteur ou un vendeur seul n'a pas d'influence sur les prix &#187; (p 9). Suit ensuite une longue liste de march&#233;s (de type agricole ou de ressources naturelles) qui &#171; ne sont pas loin d'&#234;tre des march&#233;s de concurrence &#187; ou qui peuvent &#234;tre qualifi&#233;s comme tels &#171; pour les besoins de l'analyse &#187;.
Personne n'influence les prix. Fort bien. Mais rien n'est dit sur qui les fixe. P&amp;R remarquent seulement que : &#171; sur un march&#233; de pure concurrence, un prix unique &#8211; &lt;i&gt;le prix du march&#233;&lt;/i&gt; &#8211; pr&#233;domine habituellement &#187; (p 10). Le &#171; prix du bl&#233; &#224; Paris &#187; et le prix de l'or &#224; Zurich sont donn&#233;s en exemple car ils seraient &#171; faciles &#224; mesurer &#187; puisqu'on peut &#171; les trouver chaque jour dans les pages &#8216;&#233;conomie' des journaux &#187; (p 10). Toute personne ayant un peu de bon sens se demande alors comment les journaux connaissent ces prix. On songe alors aux agences d'information sp&#233;cialis&#233;es telles que Bloomberg ou Reuter, inform&#233;es des transactions effectu&#233;es par les (gros) acheteurs et les (gros) vendeurs de bl&#233; &#8211; transactions qui peuvent r&#233;sulter de marchandages directs, d'ench&#232;res, etc. Ces transactions se font &#233;videmment &#224; des prix diff&#233;rents, chacun marchandant ou ench&#233;rissant en fonction de son appr&#233;ciation de la situation, pr&#233;sente et future. Le &#171; prix des journaux &#187; n'est donc que la moyenne des prix auxquels les principales transactions &#8211; ou celles dont sont inform&#233;es les agences sp&#233;cialis&#233;es &#8211; ont &#233;t&#233; effectu&#233;es pendant une p&#233;riode donn&#233;e (la journ&#233;e, par exemple). Les transactions n'ont &#233;videmment pas lieu avec &#171; le march&#233; &#187;, qui serait assimil&#233; &#224; une personne (ou une machine) qui propose un prix unique par bien. On dira, &#224; juste titre, que cela est &#233;vident, mais d&#232;s le d&#233;but du livre on baigne dans la confusion sur l'origine et l'unicit&#233; des prix. Il est vrai qu'en cela le livre de P&amp;R ne se distingue pas non plus des autres ouvrages de micro&#233;conomie. Le fait qu'il y ait &#171; un grand nombre &#187; d'acheteurs et de vendeurs n'implique donc nullement que les transactions se font &#224; un prix unique &#8211; bien au contraire. Elles ont lieu, sauf pr&#233;cision contraire, &#224; un &#171; grand nombre &#187; de prix, cons&#233;quence d'un &#171; grand nombre &#187; de transactions entre acheteurs et vendeurs. Voil&#224; ce que peut constater toute personne sens&#233;e. Mais pas le lecteur du livre de P&amp;R &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; fondements de l'offre et de la demande &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tel est le titre du chapitre 2, o&#249; est d&#233;crit le &#171; m&#233;canisme du march&#233; &#187; dans lequel &#171; l'interaction de l'offre et de la demande conduit &#224; un &#233;quilibre et d&#233;termine ainsi le prix du march&#233; et la quantit&#233; totale produite &#187; p 17). L'offre et la demande &#171; d&#233;terminent &#187; donc le prix du march&#233;. Mais de quoi d&#233;pendent l'offre et la demande ? Du prix du march&#233;, pardi ! (celui que donnent les journaux &#8230;). On tourne en rond.
P&amp;R commencent par expliquer que &#171; la &lt;i&gt;courbe d'offre&lt;/i&gt; repr&#233;sente la quantit&#233; de biens qu'un producteur (sic !) est dispos&#233; &#224; vendre pour un certain prix &#187; (p 18). Ce qui, soit dit en passent, est absurde : une courbe ne repr&#233;sente pas une quantit&#233;, mais une infinit&#233; de quantit&#233;s (sinon, elle se r&#233;duit &#224; un point). Mais passons ; c'est peut-&#234;tre la faute du traducteur. Venons-en &#224; l'essentiel : qu'est-ce donc que ce &#171; certain prix &#187; de la courbe d'offre ? Myst&#232;re. Il n'est pas le fait du producteur, puisque c'est &#224; partir de lui qu'il d&#233;termine la quantit&#233; qu'il offre (not&#233;e Qs(P)). Un peu plus loin dans le texte, le &#171; certain prix &#187; devient tout &#224; coup le &#171; prix du march&#233; &#187; (celui qui est d&#233;termin&#233; par l'offre et la demande, tout en les d&#233;terminant &#8230;) (p 19). Au lecteur de comprendre.
Une autre absurdit&#233;, la courbe d'offre est pr&#233;sent&#233;e comme correspondant &#224; des productions effectives : &#171; plus le prix est &#233;lev&#233;, plus les entreprises vont produire et vendre &#187;. Quel que soit le &#171; certain prix &#187;, les entreprises produisent et vendent tout ce qu'elles veulent. Ce qui n'est possible qu'au prix d'&#233;quilibre, dont il sera question plus loin, et qui est un prix tr&#232;s particulier. Une fois de plus, il y a confusion entre une courbe et un point de cette courbe. Remarquons au passage que, habituellement, quand on a une expression de la forme y = f(x), on met x en abscisses et y en ordonn&#233;es (x &#171; cause &#187; y). Pourtant, dans les manuels de micro., comme celui de P&amp;R, la relation d'offre not&#233;e Qs = Qs(P) est repr&#233;sent&#233;e dans un syst&#232;me d'axes avec P &#8230; en ordonn&#233;e et Qs en abscisse. Sans explication. A l'&#233;tudiant de comprendre &#8230; ou d'accepter, h&#233;las, sans chercher &#224; comprendre !
On s'attend &#224; une d&#233;finition identique pour la courbe de demande (dans laquelle on changerait &#171; vendre &#187; par &#171; acheter &#187;). Pas du tout ! On a droit &#224; une autre formulation confuse : &#171; La&lt;i&gt; courbe de demande&lt;/i&gt; montre (sic !) la quantit&#233; de biens que les consommateurs sont dispos&#233;s &#224; acheter quand le prix unitaire varie &#187;. Une quantit&#233; de biens (au pluriel !) correspondant &#224; une variation (de prix) ! Encore une absurdit&#233; (ou un probl&#232;me de traduction ?). On pourrait s'attendre &#8211; pour 48 euros &#8230; - &#224; un peu plus de s&#233;rieux dans la d&#233;finition de concepts cens&#233;s &#234;tre &#233;l&#233;mentaires, qui seront utilis&#233;s abondamment par la suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Offres et demandes : individuelles ou &#171; du march&#233; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;tudiant attentif aura remarqu&#233; que dans la d&#233;finition de la courbe d'offre donn&#233;e par P&amp;R, allusion est faite &#224; un producteur, alors qu'ensuite il est parl&#233; des quantit&#233;s offertes par les entreprises. En revanche, la courbe de demande est pr&#233;sent&#233;e comme donnant &#171; la quantit&#233; de biens que les consommateurs sont dispos&#233;s &#224; acheter &#187;. Il est clair, toutefois, que la &#171; courbe d'offre &#187; repr&#233;sente l'offre de l'ensemble des producteurs, comme celle de demande celle de l'ensemble des consommateurs. Encore une (petite) source de confusion. Le point essentiel est, toutefois, ailleurs. Prenons la courbe de demande. Puisqu'elle concerne l'ensemble des consommateurs, il est normal de se poser la question sur la fa&#231;on dont elle est obtenue. P&amp;R ne disent strictement rien &#224; ce propos &#8211; tellement cela semble &#234;tre &#233;vident pour eux. Il faut se reporter 100 pages plus loin pour avoir un semblant d'explication. La section 3 du chapitre 4 s'appelle &#171; la demande du march&#233; &#187;. Il y est dit : &#171; dans cette section nous montrons que les &lt;i&gt;courbes de demande du march&#233;&lt;/i&gt; peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme la somme des courbes de demande individuelles de tous les consommateurs sur un march&#233; donn&#233; &#187; (p 125). On appr&#233;ciera la subtilit&#233; : la courbe du demande du march&#233; serait un objet qui existe (puisqu'on en a parl&#233; longuement jusqu'&#224; pr&#233;sent) et qui peut donc &#171; &#234;tre consid&#233;r&#233; &#187; comme la somme des courbes individuelles. On va m&#234;me le &#171; montrer &#187;, alors que la &#171; demande du march&#233; &#187; est &#233;gale, par d&#233;finition, &#224; cette somme. On baigne, une fois de plus, dans la confusion totale. Pour faire plus vrai, on a alors droit &#224; un &#171; exemple &#187; num&#233;rique bidon (ici, de trois consommateurs de caf&#233; &#8230;) o&#249; il est &#171; montr&#233; &#187; &#8230; comment on additionne trois courbes &#8211; toujours avec le prix en ordonn&#233;e, bien entendu, question de rendre les choses plus compliqu&#233;es (p 129).
La question essentielle ne porte pas sur la fa&#231;on d'additionner les courbes, mais sur qui les additonne ? P&amp;R ne soul&#232;vent &#233;videmment pas cette question. Ils seraient bien emb&#234;t&#233;s d'y r&#233;pondre. Ils laissent donc entendre que c'est &#171; le march&#233; &#187; qui additionne, mais sans le dire (tellement c'est absurde). Pourquoi cette question est-elle si importante ? Parce que la r&#233;ponse qui lui est apport&#233;e &#8211; addition des demandes (offres) individuelles &#8211; implique qu'on est en pr&#233;sence d'un syst&#232;me avec centre, qui propose un prix unique, recueille et additionne les offres et les demandes individuelles &#224; ce prix. Telle est la seule interpr&#233;tation &#233;conomique qui peut &#234;tre donn&#233;e des fameuses courbes d'offre et de demande qui remplissent les manuels de micro&#233;conomie. Pourquoi ne pas le dire clairement, plut&#244;t que de semer la confusion avec l'histoire sur le &#171; grand nombre &#187; d'acheteurs et de vendeurs, dont les relations, sans centralisation, prennent la forme d'une multitude d'&#233;changes bilat&#233;raux &#224; des prix diff&#233;rents ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &lt;strong&gt;
Le &#171; m&#233;canisme du march&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tel est le titre de la section 2 du chapitre 2. Ce &#171; m&#233;canisme &#187; correspondrait &#224; :
&#171; la tendance qu'ont les prix, dans un march&#233; sans entraves, &#224; se modifier jusqu'&#224; qu'il y ait &#233;quilibre &#8211; c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; ce que la quantit&#233; offerte et la quantit&#233; demand&#233;e soient &#233;gales &#187; (p 22).
Comment s'exerce cette &#171; tendance &#187; ? Si le prix est initialement au-dessus du prix d'&#233;quilibre, alors, selon P&amp;R, &#171; les producteurs commenceront &#224; baisser les prix &#187;. Cela semble aller de soi mais est en fait contradictoire avec l'hypoth&#232;se &#224; la base des courbes d'offre et de demande, selon laquelle &#171; aucun vendeur et acheteur n'a d'influence sur le prix &#187;. Il n'est pas possible de dire &#224; la fois que les producteurs n'ont pas d'influence sur le prix et que certains d'entre eux, au moins, le baissent ! Poursuivons jusqu'au bout le raisonnement de P&amp;R. Apr&#232;s avoir constat&#233; qu'ils ne peuvent pas vendre au prix propos&#233;, des entreprises vont donc baisser leur prix. Ce qui attirera des consommateurs, dispos&#233;s &#224; faire la transaction avec elles. Ces entreprises et ces consommateurs vont ensuite &#171; se retirer du march&#233; &#187;, et ne participeront plus &#224; l'offre et &#224; la demande globales. Conclusion : les courbes d'offre et de demande vont se d&#233;placer &#171; &#224; gauche &#187; (&#224; un prix donn&#233;, l'offre et la demande totales auront diminu&#233;). Leur intersection, l'&#233;quilibre, va donc aussi se d&#233;placer. Autrement dit, le &#171; m&#233;canisme du march&#233; &#187; ne conduit nullement au point o&#249; se coupent les deux courbes de demande &#171; de d&#233;part &#187; - celles d'avant les &#233;changes. Le raisonnement de P&amp;R, et de tous les manuels de micro., est faux, puisqu'il suppose des courbes fixes, qui ne bougent pas en cours du processus d'&#233;changes. Pour &#234;tre coh&#233;rent, il faudrait dire que c'est l'entit&#233; qui propose le prix qui le fait varier, puis recueille ensuite les offres et les demandes au nouveau prix, en interdisant les &#233;changes entre acheteurs et vendeurs, et ainsi de suite, jusqu'&#224; ce qu'il y ait &#233;galit&#233; entre l'offre et la demande totales. C'est seulement &#224; ces conditions que les courbes d'offre et de demande ne bougent pas, et l'&#233;quilibre non plus, en cours de processus de recherche du prix d'&#233;quilibre. Evidemment, P&amp;R se gardent bien d'&#233;noncer ces conditions, parce qu'ils devraient admettre le caract&#232;re tr&#232;s centralis&#233; de ce qu'ils appellent &#171; march&#233; concurrentiel &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pure concurrence &#187;, &#171; parfaitement concurrentiel &#187;, &#171; hautement concurrentiel &#187;, &#171; concurrence efficace &#187; ?
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Curieusement, P&amp;R ne d&#233;finissent la &#171; pure concurrence &#187; que dans le chapitre 8, apr&#232;s en avoir longuement parl&#233; pendant pr&#232;s de 300 pages ! Toute une section &#8211; la section 1 intitul&#233;e &#171; la pure concurrence &#187; - lui est alors consacr&#233;e. Ils y expliquent que &#171; un mod&#232;le de pure concurrence &#233;tait sous-jacent dans l'analyse du chapitre 2 &#187;, avec les courbes d'offre et de demande et pr&#233;cisent que l'hypoth&#232;se d' &#171; atomicit&#233; &#187; du chapitre 2 peut &#234;tre r&#233;sum&#233;e en disant que &#171; les entreprises&#8230; sont preneuses de prix &#187;. Ils demandent ensuite au lecteur de se mettre &#224; la place d'une &#171; petite entreprise de distribution d'ampoules &#233;lectriques (sic !) &#187; qui fait partie &#171; des nombreux distributeurs en concurrence sur le march&#233; &#187; et qui a donc &#171; peu de marge de n&#233;gociation avec ses clients &#187;. Si &#171; vous ne proposez pas un prix concurrentiel &#8211; celui qui est d&#233;termin&#233; par la march&#233; &#8211;, vos clients iront voir ailleurs. De plus vous savez que le nombre d'ampoules que vous vendez n'a que peu d'influence sur le prix de gros des ampoules. Vous &#234;tes preneur de prix &#187; (p 292).
Ainsi on est &#171; preneur de prix &#187; &#8230; tout en en proposant un (le &#171; prix concurrentiel &#187; ou un autre) ! D'o&#249; vient-il ? Du &#171; march&#233; &#187;, qui le &#171; d&#233;termine &#187;. Comment ? Il r&#233;sulte des d&#233;cisions des autres distributeurs qui ne peuvent, non plus, proposer un prix diff&#233;rent car sinon leurs clients iraient &#171; voir ailleurs &#187;. On tourne en rond ! Le prix est d&#233;termin&#233; sans que personne le d&#233;termine.
Pour &#233;viter ce cercle vicieux, on peut soit supposer que les prix sont donn&#233;s au d&#233;part et que chacun les &#171; prend &#187; puis fait des offres et des demandes &#224; partir d'eux, soit supposer que les distributeurs proposent des prix aux clients et &#233;tudier le processus de marchandage et d'&#233;changes qui en r&#233;sulte. Personne n'opte en fait pour cette deuxi&#232;me option &#8211; qui est pourtant la plus &#171; r&#233;aliste &#187;, puisque les distributeurs y proposent des prix, m&#234;me s'ils ont &#171; peu de marge de n&#233;gociation &#187; - parce qu'elle est pratiquement impossible &#224; formaliser. En outre, les &#233;changes s'y font &#224; des prix diff&#233;rents et ne peuvent donc conduire au prix &#171; concurrentiel &#187; (et unique). C'est donc la premi&#232;re option qui est retenue, la plus logique : puisque tout le monde &#171; prend &#187; les prix, il faut bien que quelqu'un d'autre que les entreprises (ou leurs clients) les propose. Il y a alors, par hypoth&#232;se, un prix unique par bien. Parmi ses valeurs possibles, il se peut qu'il y en ait une qui corresponde au prix &#171; concurrentiel &#187; (qui &#233;galise l'offre et la demande totales). Tout est alors tr&#232;s clair. Trop, probablement, puisque l'&#233;tudiant ne peut que se demander : &#171; mais qu'est ce que cette histoire ? Par qui les prix que tout le monde &#8216;prend' sont-ils &#8216;donn&#233;s' ? &#187;. P&amp;R font souvent allusion &#224; l'&#171; agriculture &#187; (&#171; &#224; part l'agriculture, peu de march&#233;s sont parfaitement concurrentiels au sens o&#249; chaque entreprise fait face &#224; une courbe de demande parfaitement horizontale pour un bien homog&#232;ne dans un secteur o&#249; elle peut librement entrer et sortir &#187; (p293)). Mais m&#234;me dans ce secteur, les prix sont &#171; faits &#187; par des entreprises &#8211; &#233;ventuellement &#224; travers une Bourse &#8211; en pensant que la quantit&#233; qu'elles peuvent vendre d&#233;pend d'eux (et donc qu'elles ne font pas face &#224; une &#171; courbe de demande parfaitement concurrentielle &#187;). Il n'existe aucun exemple de &#171; march&#233; &#187; - m&#234;me approximatif &#8211; o&#249; tous les agents seraient &#171; preneurs de prix &#187;. Mais cela P&amp;R ne peuvent le dire. Alors, comme tous les auteurs de manuels de micro&#233;conomie, ils baignent dans le flou. C'est ainsi qu'ils utiliseront parfois &#171; pure concurrence &#187;, parfois &#171; parfaitement concurrentiel &#187; (citation pr&#233;c&#233;dente) ou &#171; hautement concurrentiel &#187;. Ou alors &#171; concurrence efficace &#187; : &#171; L'hypoth&#232;se de libre entr&#233;e-sortie est essentielle pour que la concurrence soit efficace &#187; (p 293). Avec la pr&#233;cision : &#171; elle implique que les consommateurs peuvent facilement se fournir aupr&#232;s d'une autre entreprise si leurs fournisseurs actuels augmentent leurs prix &#187;. Une fois de plus, les agents (ici les fournisseurs) sont suppos&#233;s &#234;tre &#171; preneurs de prix &#187; tout en ayant la possibilit&#233; de les augmenter. Une contradiction de plus.
Le lecteur se dira : peu importe. Tout cela se ressemble, pourquoi couper les cheveux en quatre ? Parce que si le but est de dire &#171; la concurrence est une bonne chose, elle fait baisser les prix, le march&#233; les ajuste selon la loi de l'offre et de la demande, pourvu qu'il ne soit pas entrav&#233; &#187;, il suffit d'aller causer au comptoir du caf&#233; du commerce avec le premier venu. Inutile de d&#233;penser 48 euros pour cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;SUR LE CALCUL A LA MARGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le calcul &#224; la marge est un autre grand non-sens de la micro&#233;conomie, au moins dans le cas de la production (voir le point II de &lt;a href='http://www.autisme-economie.org/article21.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.autisme-economie.org/art...&lt;/a&gt; ). L&#224; aussi P&amp;R tombent dans les orni&#232;res usuelles. Ainsi ils &#233;crivent :
&#171; Lorsque le capital est fixe mais que le travail est variable, la seule fa&#231;on pour l'entreprise d'augmenter la production de biens est d'accro&#238;tre l'utilisation du facteur travail. Imaginons que vous g&#233;riez une usine de v&#234;tements. Si vous disposez d'un &#233;quipement non ajustable, vous pouvez embaucher plus ou moins de travailleurs pour coudre et faire fonctionner vos machines. Vous devez alors d&#233;cider du nombre de travailleurs &#224; embaucher et du nombre de v&#234;tements que vous allez produire &#187; (p 209).
Si les machines sont install&#233;es, on ne peut &#171; embaucher plus ou moins de travailleurs &#187;, mais un nombre d&#233;termin&#233; de travailleurs (disons, un par machine &#224; coudre) plus, disons, un technicien pour l'entretien de 10 d'entre elles. A moins de supposer que des machines ne sont pas occup&#233;es, mais alors on ne peut supposer &#8211; comme le fait la fonction de production (et ses isoquantes) &#8211; que les inputs sont utilis&#233;s de fa&#231;on efficace. Une fa&#231;on de noyer le poisson consiste a subrepticement abandonner les histoires ayant un parfum de concret, en ne parlant plus de machines ou d'&#233;quipements, mais de &#171; capital &#187;, notion floue s'il en est, mais qui permet de moins heurter le bon sens. Comme dans le tableau suivant (p 210) :&lt;/p&gt; &lt;table class=&quot;spip&quot;&gt;
&lt;thead&gt;&lt;tr class='row_first'&gt;&lt;th scope='col'&gt;Quantit&#233; de travail&lt;/th&gt;&lt;th scope='col'&gt;Quantit&#233; de capital&lt;/th&gt;&lt;th scope='col'&gt;Productivit&#233; marginale&lt;/th&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;10&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;20&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;30&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;4&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;20&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even'&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;5&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;10&lt;/td&gt;
&lt;td style='text-align: right'&gt;15&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Si au lieu de &#171; capital &#187; on avait &#233;crit &#171; machines &#187;, alors on peut se demander comment on peut affecter efficacement, 1, puis 2, &#8230; puis 5 &#171; quantit&#233;s de travail &#187; (travailleurs ?) aux m&#234;mes 10 machines.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On trouve un peu plus loin, page 212, un exemple qui se veut plus concret (mais invent&#233; de toutes pi&#232;ces, comme celui des &#171; machines &#224; coudre &#187;) :
&#171; Prenons l'exemple d'un site d'assemblage de t&#233;l&#233;viseurs. La cha&#238;ne ne peut fonctionner avec moins de 10 travailleurs. Elle peut tourner avec 10-15 mais de fa&#231;on peu efficace. Le gain d'efficacit&#233; augmente jusqu'&#224; 20 travailleurs mais commence &#224; s'amoindrir &#224; partir de l&#224;. Avec 30 travailleurs, un travailleur suppl&#233;mentaire permet encore d'augmenter la production, mais tr&#232;s faiblement. A partir de 40 travailleurs, rajouter des travailleurs baisserait la production (ils se marcheraient sur les pieds) &#187;.
Conclusion : comme la cha&#238;ne fonctionne de fa&#231;on vraiment efficace avec 20 travailleurs, la fonction de production est donn&#233;e par la formule : f(x,y) = min &lt;i&gt;x, y/20&lt;/i&gt; et ses isoquantes sont &#171; en L &#187;. Les productivit&#233;s marginales sont nulles, &#233;videmment : il ne sert &#224; rien d'augmenter la quantit&#233; x d'&#233;quipements si on n'augmente pas en m&#234;me temps celle, y, de travailleurs (ni d'augmenter y avec x fix&#233;), si chaque poste de la cha&#238;ne est occup&#233;e par une et une seule personne. Pourtant P&amp;R nous gratifient de fonctions de productions d&#233;rivables &#8211; genre Cobb-Douglas &#8211; et des isoquantes &#171; arrondies &#187; correspondantes, ce qui suppose des productivit&#233;s marginales non nulles.
C'est ainsi que page 225, P&amp;R donnent pour exemple d'inputs parfaitement substituables la fabrication d'instruments de musique (sic !) qui &#171; peut se faire presque enti&#232;rement de fa&#231;on automatis&#233;e (&#224; l'aide de machines-outils sp&#233;cifiques) ou bien de fa&#231;on plus artisanale, qui n&#233;cessite beaucoup moins de machines mais plus de travail hautement sp&#233;cialis&#233; &#187;.
On peut douter que la &#171; fa&#231;on automatis&#233;e &#187; donne le m&#234;me produit que la mani&#232;re artisanale, surtout dans le cas des instruments de musique. Le choix de cet exemple bizarre revient &#224; donner des verges pour se faire battre, ou &#224; prendre le lecteur pour un imb&#233;cile (comme on veut), mais le probl&#232;me se retrouve pour pratiquement tous les biens. Car le point essentiel est que quand la d&#233;cision a &#233;t&#233; prise d'installer des machines-outils, il est tr&#232;s co&#251;teux &#8211; et donc peu efficace &#8211; de changer d'avis et de produire de fa&#231;on artisanale. C'est une d&#233;cision irr&#233;versible, d&#232;s qu'elle est prise, qui d&#233;termine le nombre de travailleurs embauch&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;P&amp;R donnent n&#233;anmoins quelques exemples d'inputs compl&#233;mentaires, comme s'ils &#233;taient un cas parmi d'autres. Par exemple : &#171; un homme, un marteau pilon &#187;. Ou &#171; avoine et noix &#187; dans les c&#233;r&#233;ales (80% et 20%) Dans ce cas ils reconnaissent que changer la proportion des inputs change le produit. Mais cela vaut pour n'importe quel bien. C'est pourquoi, l'exemple de substituts ne peut qu'&#234;tre stupide : &#171; c&#233;r&#233;ales : &#8230; cultiv&#233;es dans les grandes exploitations des pays industrialis&#233;es &#8230; obtenues gr&#226;ce &#224; une technologie intensive en capital (b&#226;timents, &#233;quipements) et donc un recours au travail plus faible. Toutefois elles peuvent l'&#234;tre avec peu de capital (la houe) et beaucoup de travail (beaucoup de personnes ayant le courage et la patience de travailler la terre) &#187;.
Imaginons les paysans fran&#231;ais, mettre leurs machines &#224; la casse, revenir &#224; la houe et embaucher massivement, suite &#224; l'effondrement du co&#251;t du travail (un des bienfaits de la crise) &#8230; De toutes fa&#231;ons, une fois la d&#233;cision prise (houe ou tracteurs), travail et capital ne sont nullement substituables : une houe, ou un tracteur, par homme. On ne peut substituer une demi houe &#224; 1/3 de travailleur. Ou mettre un homme et un quart sur un demi tracteur. D&#233;cid&#233;ment, payer 48 euros pour lire de telles c&#8230;
Preuve de plus qu'on ne peut trouver d'exemple, dans la r&#233;alit&#233;, d'inputs substituables. Tout bien est obtenu en combinant selon des proportions fixes, et immuables, d'inputs. Et on ne peut remplacer des fractions d'hommes par des fractions de machines &#8211; ou vice versa. Pas besoin d'&#234;tre dipl&#244;m&#233; du MIT ou de Yale pour le comprendre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi vouloir &#224; tout prix faire croire le contraire ? Une seule explication : on veut faire passer que pour arriver &#224; une affectation efficiente &#8211; optimale selon le crit&#232;re de Pareto &#8211; il suffit de laisser varier les prix, les inputs (ou les &#171; facteurs de production &#187;) s'adaptant en cons&#233;quent. En particulier, s'il y a du ch&#244;mage, il suffit de baisser les salaires : les entreprises &#171; substituent &#187; alors du travail &#224; du capital (elles remplacent les machines par des hommes), et le probl&#232;me est r&#233;gl&#233;. C'est la fameuse &#171; flexibilit&#233; &#187;, dont la th&#233;orie aurait prouv&#233; &#171; math&#233;matiquement &#187; les vertus. Tout est si simple &#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE MONOPOLE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s qu'on suppose que les entreprises ne se r&#233;solvent pas au comportement absurde de &#171; preneuses de prix &#187; (hypoth&#232;se constitutive de la concurrence parfaite), alors elles doivent forc&#233;ment avoir une id&#233;e des quantit&#233;s de biens qu'elles peuvent vendre aux diff&#233;rents prix possibles de ces biens. Autrement dit, elles doivent anticiper, ou estimer, la demande qui s'adresse &#224; elles. Cela vaut pour l'unique l'&#233;picerie du village comme pour le fabricant d'automobiles ou de machines &#224; laver. P&amp;R, comme tous les autres auteurs de manuels de micro&#233;conomie parlent de &#171; monopole &#187; d&#232;s qu'une entreprise tient compte de la demande qui s'adresse &#224; elle. Dans ces conditions, on peut consid&#233;rer que pratiquement toutes les entreprises, grandes ou petites, sont des &#171; monopoles &#187;. Ce qui est absurde.
Tout cela pour prouver que l'allocation obtenue n'est pas &#171; efficiente &#187; (optimale selon le crit&#232;re de Pareto). Sans doute. Mais alors on confirme que la seule fa&#231;on d'obtenir l'efficience, c'est de supposer un syst&#232;me o&#249; il y a un centre qui propose des prix &#224; des agents qui agissent (b&#234;tement) comme des preneurs de prix. Ce qui est aux antipodes du syst&#232;me des march&#233;s.
Le reste, ce sont de vains petits calculs, avec des fonctions de co&#251;t et de demande totalement ad hoc. Aucun int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
LES MODELES DU DUOPOLE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les mod&#232;les du duopole ressemblent &#224; ceux du monopole dans la mesure o&#249; les entreprises sont suppos&#233;es conna&#238;tre, ou anticiper, la fonction de demande du bien qu'elles produisent. Ils sont cependant plus compliqu&#233;s, dans le sens o&#249; l'entreprise doit aussi anticiper ce que vont faire les entreprises qui produisent le m&#234;me bien qu'elles. Les croyances de chacune sur ce que vont faire les autres sont un &#233;l&#233;ment d&#233;terminant des mod&#232;les. Comme il n'y a aucune raison pour que chacune pr&#233;voie correctement ce que les autres vont faire, ces mod&#232;les ne conduisent &#224; aucune pr&#233;diction pr&#233;cise. Malheureusement, P&amp;R, comme les autres manuels, sugg&#232;rent le contraire en concentrant leur attention sur les &#233;quilibres des mod&#232;les, qui n'en sont absolument pas des pr&#233;dictions.
Ils &#233;crivent ainsi &#224; propos du mod&#232;le de Cournot que &#171; chaque entreprise doit d&#233;terminer quelle quantit&#233; produire et les deux entreprises prennent leur d&#233;cision simultan&#233;ment. Lorsqu'une entreprise d&#233;termine son niveau de production, elle prend en compte la d&#233;cision de son concurrent &#187; (leurs italiques, p 504).
C'est quoi &#171; prendre en compte la d&#233;cision de son concurrent &#187; ? Cela veut dire qu'elle la conna&#238;t ? On ne sait trop. De toutes fa&#231;ons, il est logiquement impossible que chacune connaisse la d&#233;cision de son concurrent. Pourtant on lit un peu plus loin :
&#171; L'hypoth&#232;se fondamentale du mod&#232;le de Cournot est que chaque entreprise, lorsqu'elle prend sa d&#233;cision de production, suppose que la quantit&#233; produite par son concurrent est fix&#233;e &#187;. Ils ne disent pas que chacun conna&#238;t la quantit&#233; produite par l'autre, mais en disant qu'elle est &#171; fix&#233;e &#187;, le lecteur non averti peut le penser. Le lecteur (tr&#232;s) averti se rappelle alors que comme il a &#233;t&#233; dit plus haut que les d&#233;cisions sont prises &#171; simultan&#233;ment &#187;, les entreprises ne peuvent conna&#238;tre le choix de l'autre lors de la prise de d&#233;cision. Mais cela demande de sa part une vigilance tr&#232;s particuli&#232;re, bien au-del&#224; de ce qu'on attend d'un manuel &#233;l&#233;mentaire. Or, ce point est fondamental, car faute de savoir ce que l'autre va faire, les entreprises de Cournot ne peuvent choisir leur production qu'au hasard : n'importe quoi peut arriver et donc que le mod&#232;le est sans int&#233;r&#234;t.
P&amp;R en sont plus ou moins conscients, parce qu'ils s'en tirent par une pirouette, en se situant d'embl&#233;e dans le cas o&#249; il y a &#233;quilibre, donc o&#249; chaque entreprise anticipe correctement (et miraculeusement) la d&#233;cision de l'autre. C'est ainsi que quand on en vient &#224; ce que feront les entreprises, on lit &#171; D&#233;terminons maintenant la d&#233;cision de production de chaque entreprise &#224; l'&#233;quilibre &#187;. Toute l'astuce est dans les deux derniers mots &#171; &#224; l'&#233;quilibre &#187;. On suppose donc qu'on y est. Au lecteur de voir la nuance. P&amp;R. &#233;voquent un &#233;ventuel processus d'ajustement menant &#224; l'&#233;quilibre tout en signalant, correctement, qu'il est incompatible avec l'hypoth&#232;se selon laquelle chacun cro&#238;t &#171; que la quantit&#233; produite par son concurrent est fix&#233;e &#187; (conjecture de Cournot). Ils remarquent alors qu'&#171; il faut un autre mod&#232;le pour comprendre la dynamique d'ajustement, et nous en &#233;tudierons certains dans le chapitre 13 &#187;. Mais si on se reporte &#224; ce chapitre, on constate que leur soit-disant dynamique d'ajustement ne conduit pas &#224; l'&#233;quilibre de Cournot ! Comprenne qui pourra. Il est vrai que quand le lecteur est dans ce chapitre, il a oubli&#233; ce qui avait &#233;t&#233; dit dans les pr&#233;c&#233;dents. P&amp;R sont conscients des probl&#232;mes du mod&#232;le, mais ils se gardent bien de les formuler clairement. Ils se contentent de conclure, de fa&#231;on sibylline : &#171; Ainsi, le mod&#232;le de Cournot ne permet d'&#233;tudier que le comportement des entreprises &#224; l'&#233;quilibre &#187;.
On n'a pas avanc&#233; d'un pouce. On ne saura jamais pourquoi il faut privil&#233;gier l'&#233;quilibre. Mais le lecteur aura &#233;t&#233; tellement emberlificot&#233; qu'il ne se posera m&#234;me pas la question.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur l'&#233;quilibre de Stackelberg&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On croit que le leader a pour seul avantage de produire en premier. En fait P&amp;R oublient de rappeler l'hypoth&#232;se essentielle que le leader conna&#238;t la fonction de r&#233;action du suiveur. On ne l'apprend incidemment, dans la phrase : &#171; l'entreprise 1 sait que son concurrent choisira Q2 en fonction de sa courbe de r&#233;action (12.2). Ainsi en rempla&#231;ant Q2 par son expression donn&#233;e par (12.2) dans l'&#233;quation (12.3)&#8230; &#187;. Suivent les petits calculs qui noient le poisson. Et il n'en reste pas moins que comme l'entreprise 2 ne conna&#238;t rien de 1, elle fera donc son choix au hasard, comme dans le mod&#232;le de Cournot, de sorte que l'&#233;quilibre de Stackelberg n'est pas non plus une pr&#233;diction de la th&#233;orie. Pourquoi lui donner plus d'importance qu'&#224; n'importe quel autre couple de productions ? Le fait d'&#234;tre la solution d'un syst&#232;me d'&#233;quations n'est pas justification&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
Sur l'&#233;quilibre de Bertrand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &#8230; les entreprises se font concurrence par les prix et fixent le m&#234;me prix, comme le pr&#233;dit le mod&#232;le &#8230; &#187; (p 510). La seule pr&#233;diction du mod&#232;le est que les entreprises &#8211; si elles sont rationnelles &#8211; ont int&#233;r&#234;t &#224; fixer des prix diff&#233;rents et sup&#233;rieurs au prix d'&#233;quilibre (comme cela, elles ont une chance de faire un profit strictement positif).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;SUR LA THEORIE DES JEUX&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous les manuels de micro&#233;conomie se sentent oblig&#233;s de rajouter un chapitre sur la th&#233;orie des jeux, sujet tr&#232;s &#224; la mode depuis quelques ann&#233;es. La particularit&#233; de la th&#233;orie des jeux est d'&#234;tre le r&#233;sultat de r&#233;flexions de math&#233;maticiens, extr&#234;mement soucieux dans leurs formulations &#8211; seule condition pour pouvoir utiliser les math&#233;matiques et pour savoir de quoi on parle. En particulier, le mot &#171; strat&#233;gie &#187; y a un sens tr&#232;s pr&#233;cis (c'est une liste d'instructions) et cela n'a pas de sens de parler de &#171; solution &#187; si, au pr&#233;alable, on n'a pas pr&#233;cis&#233; le type de solution (solution concept) que l'on consid&#232;re. Les r&#232;gles du jeu et l'information dont dispose chacun doivent aussi &#234;tre pr&#233;cis&#233;s dans toute pr&#233;sentation s&#233;rieuse d'un mod&#232;le de jeu.
Sans cela, la th&#233;orie des jeux devient une vague discussion, genre caf&#233; du commerce, un baratin autour de petits tableaux chiffr&#233;s, qui peut parfaitement se faire sans se r&#233;f&#233;rer &#224; tout son appareillage math&#233;matique complexe &#8211; cens&#233; &#234;tre sa force, en raison de sa &#171; rigueur &#187;. Malheureusement, P&amp;R ne d&#233;rogent pas &#224; la r&#232;gle des manuels de micro&#233;conomie : le baratin flou, avec des mots que les th&#233;oriciens des jeux se gardent bien &#224; utiliser (car ils savent qu'ils induisent en erreur). C'est ainsi qu'ils parlent de solution &#171; stable &#187;, d'&#233;quilibre &#171; rationnel &#187;, d'&#171; action strat&#233;gique &#187;, de strat&#233;gie &#171; robuste &#187;, de &#171; d&#233;cisions strat&#233;giques &#187;, de &#171; solution d'&#233;quilibre &#187;, de &#171; comportement sym&#233;trique &#187;, ce qui ne veut rien dire pour un th&#233;oricien des jeux (ils n'ont aucune traduction math&#233;matique). Selon P&amp;R, leur chapitre sur la th&#233;orie des jeux &#171; montre comment elle peut &#234;tre utilis&#233;e pour comprendre le fonctionnement des march&#233;s et comment les chefs d'entreprise devraient r&#233;fl&#233;chir aux d&#233;cisions strat&#233;giques (sic !) auxquelles ils sont constamment confront&#233;s &#187; (p 535).
La th&#233;orie des jeux serait donc &#224; la fois une th&#233;orie positive, sur le monde tel qu'il est (elle permet de &#171; comprendre le fonctionnement des march&#233;s &#187;) et normative, sur le monde tel qu'il doit &#234;tre (comment les chefs d'entreprise &#171; devraient &#187; r&#233;fl&#233;chir &#8230;). Elle permettrait notamment d'&#233;tudier ce qui se passe quand &#171; les entreprises d'un oligopole fixent et ajustent strat&#233;giquement (sic !) leurs prix en fonction du temps &#187;. Rien que &#231;a ! &#171; Nous montrons &#233;galement comment ces entreprises adoptent des actions strat&#233;giques (sic !) qui leur conf&#232;rent des avantages sur leurs concurrents ou un pouvoir de n&#233;gociation plus important et comment elles peuvent, par la menace, par la promesse ou par l'action concr&#232;te, dissuader des concurrents d'entrer sur leur march&#233; &#187;.
Vaste programme ! Pouvoir de n&#233;gociation, menace, promesse, dissuasion : voil&#224; des notions complexes, dont on se demande comment elles peuvent &#234;tre mesur&#233;e ou repr&#233;sent&#233;es math&#233;matiquement. Il suffit de jeter un rapide coup d'&#339;il au chapitre sur la th&#233;orie des jeux de P&amp;R pour constater qu'il ne comporte aucune donn&#233;e concr&#232;te, ni de formule math&#233;matique d'ailleurs : que des petits tableaux 2&#61620;2 (plus un 3&#61620;3). Des entreprises fictives, qui n'ont donc le choix qu'entre deux ou trois actions. Quant au &#171; temps &#187;, il n'appara&#238;t &#8211; et encore ! &#8211; que dans un petit arbre de jeu &#224; deux coups. La t&#226;che du chef d'entreprise est bien simple &#8230; Il est vrai que des cas concrets sont &#233;voqu&#233;s dans quelques encadr&#233;s ; mais ils n'ont qu'un rapport lointain avec les histoires des petits tableaux, et leurs conclusions sont passablement vagues, loin des &#171; d&#233;monstrations &#187; annonc&#233;es.
En fait, le seul int&#233;r&#234;t que peut avoir la th&#233;orie des jeux, c'est de faire r&#233;fl&#233;chir sur certains types de situations, m&#234;me simples, o&#249; des d&#233;cisions sont prises par des individus conscients d'&#234;tre en interaction (voir &#224; ce propos &lt;a href='http://www.autisme-economie.org/article16.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.autisme-economie.org/art...&lt;/a&gt;). Faire r&#233;fl&#233;chir est toujours une bonne chose, mais il faut alors le faire correctement (puisque c'est l'int&#233;r&#234;t de l'exercice). Or tel n'est pas le cas avec P&amp;R qui embrouillent tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un notion absurde : la &#171; strat&#233;gie optimale &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'il faut expliquer ce que fait la th&#233;orie des jeux (&#224; quoi elle sert), P&amp;R &#233;crivent (p 536) :
&#171; Un objectif essentiel de la th&#233;orie des jeux est de d&#233;terminer la strat&#233;gie optimale de chaque agent &#187;.
Ce qui est un non sens : il n'y a pas, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, de &#171; strat&#233;gie optimale &#187; pour un agent, puisque le gain qui r&#233;sulte du choix d'une strat&#233;gie, quelle qu'elle soit, d&#233;pend des choix des autres. Prenons le cas pr&#233;f&#233;r&#233; de P&amp;R (et de tous ceux qui se targuent de causer th&#233;orie des jeux) : le dilemme des prisonniers. La strat&#233;gie (dominante) consistant &#224; &#171; d&#233;noncer l'autre &#187; est-elle &#171; optimale &#187; ? Non, puisque son choix par les deux joueurs se traduit pas une situation sous-optimale, au sens de Pareto (ils font tous deux de la prison, alors qu'ils auraient pu &#234;tre libres). C'est de l&#224; que vient le &#171; dilemme &#187; qui donne son nom au jeu. &#171; Ne pas d&#233;noncer &#187; est-il alors &#171; optimal &#187; ? Non, bien s&#251;r, parce qu'on risque fort de se trouver en prison pour longtemps (si l'autre d&#233;nonce). Il n'y a pas de &#171; strat&#233;gie optimale &#187; et cette notion est un non-sens &#8211; aucun th&#233;oricien des jeux s&#233;rieux ne l'utilise, &#233;videmment.
P&amp;R s'embourbent en &#233;voquant l'&#233;ventuelle &#171; irrationalit&#233; &#187; de l'un des joueurs qui emp&#234;cherait les autres de choisir leur &#171; strat&#233;gie optimale &#187; &#8211; alors que cela n'a rien &#224; voir &#8211; pour ensuite constater qu'&#171; il peut &#234;tre difficile de d&#233;terminer les strat&#233;gies optimales, m&#234;me dans des cas o&#249; les comportements sont parfaitement sym&#233;triques o&#249; lorsqu'il n'y a pas d'asym&#233;trie d'information &#187; (p 537).
Encore une nouvelle invention : &#171; comportements sym&#233;triques &#187;. Et l'asym&#233;trie d'information n'a rien &#224; voir ici : les strat&#233;gies optimales n'existent pas m&#234;me quand il y a information compl&#232;te et parfaite !
Un peu plus loin, la &#171; strat&#233;gie optimale &#187; devient la &#171; meilleure strat&#233;gie &#187; :
&#171; Comment lorsque nous participons &#224; un jeu, pouvons-nous d&#233;cider de notre meilleure strat&#233;gie ? &#187; Puis, quand P&amp;R introduisent la notion de strat&#233;gie dominante, ils &#233;crivent :
&#171; Nous commen&#231;ons par pr&#233;senter le concept de&lt;i&gt; strat&#233;gie dominante&lt;/i&gt; &#8211; qui est optimale quelles que soient les actions des concurrents &#187; (italiques de P. et R.).
La phrase en italiques n'a aucun sens ; on a d&#233;j&#224; expliqu&#233; pourquoi dans le cas du dilemme des prisonniers(ou la strat&#233;gie &#171; d&#233;noncer l'autre &#187; est dominante).
Pour finir sur le dilemme des prisonniers : &#171; le r&#233;sultat id&#233;al est celui o&#249; aucun des prisonniers n'avoue &#187;. Ca veut dire quoi &#171; r&#233;sultat id&#233;al &#187; ? (p 545). Encore une invention de P&amp;R. Et id&#233;al pour qui ? En fait, ni pour l'un, ni pour l'autre. Pour chaque joueur, le r&#233;sultat id&#233;al est quand il avoue alors que l'autre ne le fait pas (il obtient alors le plus grand gain possible). Evidemment, ces id&#233;aux sont incompatibles. Remarquons que, pour parler comme P&amp;R, le choix par chacun de sa &#171; strat&#233;gie optimale &#187; (d&#233;noncer l'autre) ne conduit pas au &#171; r&#233;sultat id&#233;al &#187; (&#234;tre libre)&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
L'&#233;quilibre de Nash&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le type de solution privil&#233;gi&#233; par les th&#233;oriciens des jeux. Il est caract&#233;ris&#233; par le fait que chacun pr&#233;voit correctement le choix des autres. Les croyances des joueurs sont donc essentielles dans sa d&#233;termination. Or, une fois de plus, P&amp;R tombent dans les travers usuels, en ne soufflant mot pratiquement jamais sur les croyances et en laissant plus ou moins entendre que chacun prend sa d&#233;cision en ayant connaissance de celle des autres (ce qui est absurde, puisque les choix sont simultan&#233;s).
C'est ainsi qu'ils donnent la d&#233;finition suivante :
Equilibre de Nash : &#171; chaque entreprise prend des d&#233;cisions optimales en fonction des actions de ses concurrents &#187; (p 501).
Ca veut dire quoi &#171; en fonction de &#187; ?
Ou encore :
&#171; Dans le mod&#232;le de Cournot, par exemple, chaque entreprise d&#233;cide de la quantit&#233; qu'elle mettra sur le march&#233; en prenant comme fix&#233;es les quantit&#233;s produites par ses concurrentes &#187; (l'&#233;quilibre de Cournot est un &#233;quilibre de Nash).
Ca veut dire quoi &#171; en prenant comme fix&#233;es les quantit&#233;s produites par ses concurrents &#187; ?
Ou encore :
&#171; En tenant compte de la strat&#233;gie de la concurrente, chaque entreprise fait du mieux qu'elle peut (sic !) et n'a aucune incitation &#224; d&#233;vier &#187;.
C'est quoi &#171; en tenant compte de la strat&#233;gie de la concurrente &#187; ?
On peut multiplier les citations.
L' &#171; originalit&#233; &#187;, si on peut dire, de P&amp;R est qu'ils rajoutent &#224; l'id&#233;e de Nash celle de &#171; stabilit&#233; &#187;, comme si cela la rendait plus intuitive. En fait, et une fois de plus, ils s&#232;ment la confusion. Parce que la stabilit&#233; suppose un processus, qu'ils se gardent bien de d&#233;crire : depuis Von Nemann, au moins, les th&#233;oriciens de jeux ont mis en garde contre l'id&#233;e m&#234;me de processus (de &#171; dynamique &#187;) en th&#233;orie des jeux, parce que des individus rationnels modifient leurs croyances pendant le processus, en tenant compte de ce qu'ils observent, et par cons&#233;quent l'&#233;quilibre &#8211; puisqu'il d&#233;pend lui-m&#234;me des croyances.
En fait, ce que P&amp;R appelle &#171; stabilit&#233; &#187; n'est rien d'autre que la propri&#233;t&#233; qui sert &#224; d&#233;finir un &#233;quilibre (situation ou &#171; rien ne bouge &#187;). Cela est flagrant quand ils &#233;crivent : &#171; parce qu'aucun des joueurs n'a int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;vier de sa strat&#233;gie de Nash, l'ensemble des strat&#233;gies&lt;i&gt; est stable &lt;/i&gt; &#187;.
Etre &#224; l'&#233;quilibre, c'est par d&#233;finition &#171; ne pas avoir int&#233;r&#234;t &#224; d&#233;vier &#187;. La stabilit&#233; n'a rien &#224; voir l&#224;-dessus. C'est une erreur grossi&#232;re, indigne d'un &#233;tudiant de premi&#232;re ann&#233;e. Encore :
&#171; Chaque &#233;quilibre de Nash est stable parce qu'une fois les strat&#233;gies choisies, aucun joueur ne d&#233;viera unilat&#233;ralement &#187;.
C'est la caract&#233;ristique d'un &#233;quilibre de ne pas d&#233;vier. Rien &#224; voir avec la stabilit&#233;.
Encore (p 542) : &#171; Ainsi la paire de strat&#233;gies qui se situe en bas &#224; gauche du tableau &lt;i&gt;est stable&lt;/i&gt; et constitue un &#233;quilibre de Nash &#187;. Enlever les trois mots &#171; &lt;i&gt; est stable et &lt;/i&gt; &#187; et c'est correct &#8230;
Il y aurait encore beaucoup &#224; dire sur la tendance de P&amp;R &#224; laisser entendre que les &#233;quilibres de Nash sont des pr&#233;dictions de la th&#233;orie ou que les jeux &#224; plusieurs coups &#8211; ou s&#233;quentiels &#8211; supposent les joueurs prennent des d&#233;cisions successives (ce qui est tout &#224; fait faux). Mais on en restera l&#224;. Cela suffit pour savoir si ce livre m&#233;rite une d&#233;pense de 48 euros &#8230; ou une d&#233;pense quelconque !
Mais si vous d&#233;celez d'autres incongruit&#233;s et approximations (il y en a des tonnes, le livre &#233;tant long &#8230;), &#233;crivez-nous (&lt;a href='http://www.autisme-economie.org/contact.html' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.autisme-economie.org/con...&lt;/a&gt;), et on l'incorporera dans ce texte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="es">
		<title>EL MUNDO DE HAL VARIAN: MERCADO O PLAN ?</title>
		<link>http://autisme-economie.org/article161.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://autisme-economie.org/article161.html</guid>
		<dc:date>2008-07-03T14:10:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>es</dc:language>
		<dc:creator>Philippe</dc:creator>



		<description>Los libros de microeconom&#237;a de Hal Varian, An&#225;lisis Microecon&#243;mico y Microeconom&#237;a Intermedia , han invadido al mundo - o, por lo menos, las universidades donde se estudia la econom&#237;a. Lo cual se explica por sus cualidades pedag&#243;gicas, y por su manera elegante y (relativamente) simple de utilizar las matem&#225;ticas, adapt&#225;ndose - seg&#250;n el libro utilizado - al nivel de los estudiantes. En este art&#237;culo le vamos a dar una importancia particular a Varian, por el impacto de sus libros. Pero lo que diremos (...)

-
&lt;a href="http://autisme-economie.org/rubrique7.html" rel="directory"&gt;3. Textes critiques sur la th&#233;orie n&#233;oclassique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Los libros de microeconom&#237;a de Hal Varian, &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt; y &lt;i&gt;Microeconom&#237;a Intermedia&lt;/i&gt; , han invadido al mundo - o, por lo menos, las universidades donde se estudia la econom&#237;a. Lo cual se explica por sus cualidades pedag&#243;gicas, y por su manera elegante y (relativamente) simple de utilizar las matem&#225;ticas, adapt&#225;ndose - seg&#250;n el libro utilizado - al nivel de los estudiantes.
En este art&#237;culo le vamos a dar una importancia particular a Varian, por el impacto de sus libros. Pero lo que diremos es v&#225;lido para todos los libros de microeconom&#237;a, bien sean b&#225;sicos o avanzados.
Nos proponemos mostrar que existe una gran diferencia entre el &quot;mundo de Varian&quot; - es decir al tipo de sociedad que describen los modelos matem&#225;ticos de sus libros de microeconom&#237;a - y la imagen que quiere dar Varian de ese mundo. En efecto, la forma de organizaci&#243;n social impl&#237;cita en las ecuaciones del modelo b&#225;sico de Varian, el de la competencia perfecta, es la de un sistema altamente centralizado, en donde los agentes econ&#243;micos toman sus decisiones respetando reglas muy estrictas; pero lo que dicen Varian y los microeconomistas en general, sobre ese modelo, es que describe el caso ideal de los &quot;mercados competitivos&quot;. La ambig&#252;edad proviene de que, por una parte, Varian nunca define lo que es un &quot;mercado&quot; y, por otra parte, tampoco presenta de manera clara y precisa todas las caracter&#237;sticas de la competencia perfecta.
Uno puede leg&#237;timamente preguntarse: porque Varian y los microeconomistas mantienen una tal ambig&#252;edad? La respuesta es simple: porque el &quot;mensaje&quot; que quieren hacer pasar los libros de microeconom&#237;a - empezando por los de Varian - es que &quot;el mercado competitivo permite la asignaci&#243;n eficiente de los recursos&quot;, cuando en realidad el &quot;mensaje&quot; del modelo de competencia perfecta estima que solo un sistema centralizado, con reglas muy estrictas, permite una tal eficiencia . Dada la diferencia entre estos dos mensajes, casi opuestos, solo la ambig&#252;edad - o, mas bien, la confusi&#243;n - pueden prevalecer.
Claro esta que no hay nada nuevo en lo que estamos diciendo: es sabido que Walras encaraba un sistema en cuyo centro se encuentra un subastador muy activo, y que su modelo fue resucitado en los a&#241;os treinta, cuando el debate sobre el &quot;socialismo de mercado&quot;. Lo que queremos, aqu&#237;, es mostrar como esas cosas &quot;sabidas&quot; est&#225;n ocultadas, o oscurecidas, por Varian.
En lo que sigue, empezaremos por ver lo que &#233;l dice sobre formaci&#243;n de precios y mercados en su libro &quot;avanzado&quot;, &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt;; despu&#233;s haremos lo mismo - pero m&#225;s r&#225;pidamente - con su otro libro, &lt;i&gt;Microeconom&#237;a Intermedia&lt;/i&gt;. El &quot;mensaje&quot; sobre la &quot;eficiencia de los mercados&quot; es evidentemente el mismo en los dos libros; pero Varian tiene una actitud m&#225;s prudente en el primero que en el segundo - como si el hecho de escribir para un publico m&#225;s amplio autorizar&#237;a a tomar mas libertades con la l&#243;gica elemental.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Precios y mercados en el mundo de Varian&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;El intercambio es un tema central de la econom&#237;a pol&#237;tica. Pero el intercambio supone, o implica, la existencia de &lt;i&gt;tasas de intercambio&lt;/i&gt;, que se pueden interpretar como precios. Es por eso que la primera pregunta que uno se plantea - o que deber&#237;a plantearse ... - cuando estudia una econom&#237;a donde hay individuos que est&#225;n dispuestos a hacer intercambios es: De d&#243;nde vienen los precios? La respuesta a esta pregunta parece obvia: los mismos agentes econ&#243;micos proponen precios, al momento del intercambio. Esto es lo que sugiere Varian cuando escribe al principio de &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt;: &quot; El problema de la empresa se reduce pues al problema de la determinacion de los precios a los cuales quiere vender sus productos y pagar sus insumos, y a las cantidades de ellos que quiere utilisar&quot; (p 30). Pero si se supone que los agentes - por ejemplo, las empresas - proponen precios, entonces no se puede impedir que existan, en un momento dado, precios diferentes para el mismo bien. Es para evitar esta posible multiplicidad de precios que Varian, y todos los libros de microeconom&#237;a, empiezan por suponer que los precios est&#225;n dados, y que los agentes econ&#243;micos los &quot;toman&quot; (son &quot;price taker&quot;):
&quot;... las empresas descritas en lo que sigue van a tener la conducta de mercado el mas simple posible, el que consiste a actuar como &lt;i&gt;price-taker&lt;/i&gt;. Se supone que cada empresa toma los precios &lt;i&gt;como dados&lt;/i&gt;, como variables exogeneas al problema de obtener la renta maxima &quot; (p 30 ; las cursivas son de Varian).
Varian alude aqu&#237; a la &quot;conducta de mercado&quot; - en su variante la m&#225;s simple, seg&#250;n &#233;l. Para justificar esta conducta, utiliza otras hip&#243;tesis - vagas - seg&#250;n las cuales hay un &quot;gran numero de empresas&quot;, los consumidores est&#225;n &quot;perfectamente informados&quot; y el producto es &quot;homog&#233;neo&#8221;:
&quot;Supongamos que tenemos un conjunto de consumidores perfectamente informados que compran un producto homog&#233;neo que es producido por un gran numero de empresas. En este caso, es razonablemente evidente que todas las empresas deben cobrar el mismo precio por su producto, pues las que cobren un precio superior al del mercado perder&#237;an inmediatamente todos sus clientes. Por lo tanto, cada una de las empresas deben considerar el precio del mercado dado, cuando establecen su pol&#237;tica optima&quot; (p 31).
No discutiremos aqu&#237; de estas nuevas seudo hip&#243;tesis - sean o no &quot;intuitivamente&quot; razonables - ya que no tienen nada que ver con el modelo matem&#225;tico de la competencia perfecta . Lo que nos interesa aqu&#237;, es constatar que Varian habla por primera vez de &quot;precio de mercado&quot;, sin decir de donde viene tal precio (el hecho que las empresas que cobran un precio superior al &quot;del mercado&quot; no vendan nada, no explica por que este esta &quot;dado&quot;). En los cap&#237;tulos siguientes, Varian va a seguir suponiendo que los precios est&#225;n dados, como si eso fuese obvio - o como si su alusi&#243;n a lo que es &quot;intuitivamente razonable&quot; fuese suficiente.
Sin embargo, el problema del origen de los precios aparece de nuevo mucho mas adelante en su libro, en el capitulo 13, llamado &quot;mercados competitivos&quot; - sin que estos est&#233;n definidos. Al principio del capitulo, Varian habla de la manera siguiente de la determinaci&#243;n de los precios en este tipo de mercado. Escribe :
&quot;En un mercado competititivo cada empresa toma al precio como siendo independiente de sus proprias acciones, mismo si son las acciones de todas las empresas, en su conjunto, que determinan el precio del mercado&quot; (p 254).
Esta frase clave plantea un &lt;i&gt;problema l&#243;gico&lt;/i&gt;: como, al mismo tiempo, cada empresa puede considerar el precio como dado (independiente de sus acciones), y &quot;determinarlo&quot;? La &#250;nica manera de evitar una contradicci&#243;n, es razonar en dos etapas, suponiendo: &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; primero, que los precios est&#225;n dados, y que las empresas deciden sus &quot;acciones&quot;, a esos precios;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; segundo, que esas acciones tienen una influencia sobre los precios, y que los modifican tanto que no se llega a alg&#250;n equilibrio.
En este caso, se puede decir que los precios &lt;i&gt;de equilibrio&lt;/i&gt; est&#225;n &quot;determinados&quot; por las acciones de todas las empresas . Pero entonces surgen otras preguntas: de donde salen los precios &quot;dados&quot;? Como las &quot;acciones&quot; de las empresas los &quot;determinan&quot; (mas bien, como determinan los precios de equilibrio)?
Varian no contesta a estas preguntas ya que ni las encara : el lector tiene que arreglarse como puede con la idea de que los precios est&#225;n al mismo tiempo &quot;dados&quot; y determinados por las acciones de los agentes. Salvo si tiene mucha paciencia, ya que &lt;i&gt;200 paginas m&#225;s lejos&lt;/i&gt;, Varian plantea - al fin!- el problema del origen y de la determinaci&#243;n de los precios, diciendo as&#237; mismo que es el &quot;m&#225;s fundamental&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;El problema &quot;m&#225;s fundamental&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En la parte final del &#250;ltimo capitulo sobre la competencia perfecta de &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt;, el capitulo 21, Varian aborda el tema de la din&#225;mica del ajuste de precios, y lo hace con una interrogaci&#243;n:
&quot; El mas gran problema es tambien el mas fundamental, es el de la la relacion paradojica entre la idea de competencia y el ajuste de precios : si todos los agentes economicos toman los precios del mercado como dados y fuera de su control, como los precios hacen para cambiar ? Quien los cambia ?&quot; (p 467).
Estas preguntas, esenciales, hubiesen tenido que aparecer en el primer capitulo del libro, y no en el &#250;ltimo (para que el lector entienda desde el principio la l&#243;gica del modelo). Si Varian las plantea solamente en el &#250;ltimo momento, es porque todo libro de microeconom&#237;a &quot;avanzada&quot; tiene que tratar algo de la din&#225;mica del tanteo, y explicar minimamente el porqu&#233; del sistema de ecuaciones diferenciales utilizado . Pero lo hace de mala gana, ya que la &#250;nica respuesta que puede proponer - y que obviamente no le gusta - es la siguiente:
&quot; Estas preguntas han conducido a la elaboracion de un cuento muy sofisticado, en el cual se supone que existe un &#8216;subastador walrasiano &#8221; cuya sola funcion es de buscar los precios de equilibrio&quot; (p 467).
El modelo de la competencia perfecta - modelo b&#225;sico de la microeconom&#237;a - se reduce pues a un &quot;cuento m&#237;tico elaborado&quot;, que funciona de la manera siguiente:
&quot; Al momento zero, el subastador walrasiano propone un vector cualquiera de precios, presentes y futuros. Todos los agentes le hacen sus ofertas y demandas de los bienes presentes y futuros,. El subastador examina al vector de las demandas netas agregadas y ajusta los precios segun alguna regla, aumentando por ejemplo el precio de los bienes cuya demanda excede la oferta, y bajando el de los otros. El proceso sigue hasta que el precio de equilibrio haya sido encontrado. Entonces, todos los intercambios se hacen, incluso los contratos que describen los intercambios futuros. Ya no queda mas que cumplir, en el tiempo, esos contratos. &quot; (p 468).
Como, entonces, Varian puede decir - como lo hace en el capitulo 13 - que este &#8220; cuento sofisticado &#8221; da una buena &quot;aproximaci&#243;n de la realidad&quot; de los mercados ? Si el modelo describe una &quot;realidad&quot; cualquiera, es la de un sistema donde hay un planificador que busca, proponiendo precios, coordinar la actividad de individuos que le hacen ofertas y demandas (&quot;leales&quot;, es decir comport&#225;ndose en &quot;tomadores de precios&quot;) a partir de esos precios . El mundo de Hal Varian, tal como aparece en las hip&#243;tesis de &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt;, es pues un mundo cuyas caracter&#237;sticas principales son mucho m&#225;s cercanas a las de un sistema planificado - o semi-planificado - que a las de un sistema de mercados, seg&#250;n se entiende en general.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formaci&#243;n de los precios en Microeconom&#237;a Intermedia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Microeconom&#237;a Intermedia&lt;/i&gt; es un libro que tiene la ambici&#243;n de ser mas simple, menos &quot;te&#243;rico&quot;, que &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt;. Menos matem&#225;ticas, mas presentaciones de tipo &quot;intuitivo&quot;, para que el estudiante entienda mejor - por lo menos, eso es lo que Varian piensa. Pero eso implica menos rigor en la presentaci&#243;n. Por ejemplo, en lo que aqu&#237; nos interesa, Varian toma mucho menos precauciones que en &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt; : habla de precios dados y de mercados como si fueran cosas conocidas . Tampoco plantea las preguntas &quot;fundamentales&quot; sobre el origen y las variaciones de los precios. Pero, a pesar de todo, en el capitulo 28 - sobre el intercambio (en equilibrio general) - Varian siente la necesidad de introducir al subastador. Esto pasa en la parte de ese capitulo llamada &quot;el intercambio de mercado&quot;, donde propone &quot;definir un mecanismo de intercambio que simule el resultado de un mercado competitivo&quot; de la manera siguiente: &quot;Supongamos que existe una tercera persona que esta dispuesta a actuar de 'subastador' de los bienes de los dos agentes A y B. Este subastador elige un precio del bien 1 y otro del bien 2 y se los presente a los dos agentes A et B . Cada uno ve entonces cuanto vale su dotacion a los precios propuestos y decide que cantidad compraria a esos precios&quot; (p 560).
Uno se encuentra de nuevo frente a un hecho: el &quot;mercado competitivo&quot; de la microeconom&#237;a no se concibe sin el subastador walrasiano. Adem&#225;s, Varian explica que este no solo propone precios, sino que &quot;busca&quot; los precios de equilibrio aplicando la regla del tanteo. De hecho, lo que describe es el &quot;cuento&quot; walrasiano, pero sin llamarlo as&#237; : el lector piensa probablemente que es un peque&#241;o cuento, cuya funci&#243;n es puramente pedag&#243;gica. Nada de ecuaciones, ni de la incapacidad del tanteo para lograr el equilibrio - como Varian lo reconoce en su otro libro.
El lector tiene tambi&#233;n que pensar lo mismo - cuento pedag&#243;gico - cuando Varian introduce la producci&#243;n en su modelo de equilibrio general. El cuento utiliza ahora al muy famoso Robinson Crusoe. Ya que este vive solo, no hay intercambios, y no tiene sentido de hablar de precios o de mercados. Es por eso que Varian supone que Robinson se divide en dos personas, un consumidor y un productor, lo que le va permitir encarar intercambios. Escribe :
&quot;Supongamos que Robinson esta cansado de ser simultaneamente un productot y un consumidor y decide alternar estos dos papeles. Un dia se comporta totalmente como un productor y al siguiente se comporta totalmente como un consumidor. Para coordinar estas actividades, decide crear un mercado de trabajo y un mercado de cocos &quot;(p 587) .
As&#237;, gracias a la &quot;esquizofrenia&quot; de Robinson - es el termino que Varian utiliza, se puede hablar de precios y de mercados en el cuento. Claro que nadie se lo puede tomar en serio, como el mismo Varian lo reconoce: &quot;Cuando en la economia solo hay una persona, no tiene mucho sentido utilizar el mercado. Por que habria de molestarse Robinson en separar su decision en dos partes ? &quot; (p 591).
Buena pregunta. La respuesta que le da Varian es totalmente sorprendente :
&quot; Sin embargo, cuando hay muchas personas, ya no parece tan raro separar las decisiones. Si hay muchas empresas, es sencillamente enviable preguntar a cada una que cantidad desea de cada bien. En una economia de mercado, las empresas solo tienen que fijarse en los precios de los bienes para tomar sus decisiones de produccion, pues estos muestran el valor que conceden los consumidores a las unidades adicionales de consumo &#8221; (p 591) &quot; (591).
Del &#250;nico Robinson que &quot;instituye&quot; mercados (in&#250;tiles), se pasa pues como por encanto a &quot;muchas empresas&quot; que solo tienen que &quot;mirar los precios&quot; para hacer su elecci&#243;n. Otra vez mas, Varian toma ciertas libertades con la l&#243;gica m&#225;s elemental, para evitar hablar del subastador walrasiano.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercados y eficiencia&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Uno puede preguntarse : por que tanto af&#225;n para ocultar el rol decisivo del subastador en el modelo de la competencia perfecta, y para hacer creer que este representa el &quot;sistema de mercados&quot;, o de &quot;mercados competitivos&quot; ? La respuesta es simple : porque el &quot;mensaje&quot; que quieren hacer pasar Varian y todos los microeconomistas es que el &quot;sistema de mercados es eficiente&quot;, lo que no cuaja con la representaci&#243;n de ese sistema por un subastador que regenta casi todo .
Para eso, se apoyan sobre el primer teorema de la econom&#237;a del bienestar. Es as&#237; que Varian escribe en &lt;i&gt;Microeconom&#237;a Intermedia&lt;/i&gt; :
&quot;El primer teorema de la econom&#237;a del bienestar muestra que un mercado libre y eficiente da lugar a un resultado eficiente, si no hay externalidades&quot; (p 589),
y en &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt; :
&quot; El primer teorema de la econom&#237;a del bienestar afirma que el equilibrio en un conjunto de mercados es eficiente en el sentido de Pareto&quot; (p 520). Muy bien. Pero, qu&#233; dice &lt;i&gt;exactamente&lt;/i&gt; el primer teorema de la econom&#237;a del bienestar ? Que una distribuci&#243;n de los recursos correspondientes a un equilibrio de competencia perfecta, es eficiente en el sentido de Pareto. Ello implica que si : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; cada bien tiene un precio &quot;dado&quot; ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; los precios dados son de equilibrio competitivo (igualdad de las demandas y de las ofertas globales) ;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; cada agente act&#250;a como &#8220; tomador de precios &#8221; y obtiene lo que demanda - y remite lo que ofrece - a los precios dados (de equilibrio competitivo), &lt;i&gt;entonces&lt;/i&gt; la asignaci&#243;n de recursos as&#237; obtenida es eficiente en el sentido de Pareto.
As&#237;, para que haya eficiencia, como lo entienden Varian y los microeconomistas, se necesita una instituci&#243;n del tipo subastador que :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; proponga precios;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; calcule los precios de equilibrio sobre la base de las oferta y de las demanda de los agentes &#8220; tomadores de precios &#8221;;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; que le de a cada uno lo que demand&#243; a esos precios (retir&#225;ndole lo que ofreci&#243;). La &#250;nica conclusi&#243;n que se puede sacar de este teorema es que la asignaci&#243;n de los recursos es eficiente s&#243;lo si existe una instituci&#243;n del tipo subastador que se ocupa de coordinar los planes individuales y de organizar los intercambios entre los agentes - todo eso ben&#233;volamente. Estamos muy lejos de los &quot;mercados competitivos&quot; - cualquiera sea la manera en que se los defina - y muy cerca de un sistema planificado. Claro est&#225; que no hay que deducir de esto que &quot;la planificaci&#243;n es mas eficiente que el mercado&quot;, ya que las tareas del subastador son abrumadoras, y muy costosas en tiempo y informaci&#243;n. Si uno toma en cuenta estos costos, entonces ya no hay asignaci&#243;n eficiente de los recursos (algunos - que pueden ser muchos - se pierden en la b&#250;squeda y el tratamiento de la informaci&#243;n, en la organizaci&#243;n de los intercambios, etc...). La pregunta ya no es : como llegar a un &#243;ptimo de Pareto (lo que es exigir demasiado), sino, mas bien : entre el mercado o la planificaci&#243;n, cual es el m&#225;s eficiente (o el menos ineficiente), seg&#250;n el criterio de Pareto ? Claro esta que, ni Varian, ni ning&#250;n microeconomista, contestan a esta pregunta - para hacerlo, tendr&#237;an que empezar por definir lo que es un &quot;mercado&quot;, lo que nadie hace .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;
El caso de las externalidades&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La manera en que los microeconomistas tratan del problema de las externalidades es muy interesante, ya que es un buen ejemplo de lo que dijimos sobre lo que significa el primer teorema del bienestar. Lo que todo el mundo dice sobre las externalidades es que, en tanto el mercado asigna eficientemente los recursos, lo mejor es resolver las ineficiencias que resultan de las externalidades &quot;creando nuevos mercados&quot;. Pero eso implica decir lo que es un mercado, explicar por qu&#233; ciertos bienes tienen un mercado y otros no, y especificar quien implementa los mercados. Veamos como Varian procede en &lt;i&gt;An&#225;lisis Microecon&#243;mico&lt;/i&gt;. Empieza con el ejemplo de dos empresas, la actividad de una de ellas influyendo negativamente (poluci&#243;n) sobre la otra . Para obtener m&#225;s eficiencia, se puede entonces fusionar las dos empresas; es la soluci&#243;n claramente centralizadora, sin que intervenga alg&#250;n &quot;mercado&quot; (es decir, un sistema de precios). Otra posibilidad es la de &quot;crear un mercado&quot;, que sea adem&#225;s &quot;competitivo&quot;. Es lo que encara Varian en una parte del capitulo sobre externalidades - parte llamada &quot;missing markets&quot; - donde escribe :
&quot;Agregando un mercado para la empresa 2 para que pueda expresar su demanda de polucion - o de reducion de polucion - permite obtener un mecanismo de asignacion eficiente de recursos&quot; (p 509).
Quien &quot;agrega&quot; un tal mercado ? Varian no lo dice. En que consiste ese mercado ? En un precio dado r para el &quot;bien&quot; poluci&#243;n. Cu&#225;l es entonces el &#8220;mecanismo&#8221; que lleva a una asignaci&#243;n eficiente ? Se supone que es un proceso de tipo &#8220;tanteo&#8221; que lleva al precio de equilibrio, ya que Varian escribe, al concluir el capitulo sobre externalidades: &quot;si cada agente se encuentra frente al precio apropriado para sus acciones, el equilibrio de mercado conducira a una asignation eficiente &#8221; (p 514).
Finalmente, el &quot;mercado competitivo&quot; que ha sido &quot;creado&quot; consiste en un substador que propone precios, agentes que aceptan actuar como &quot;tomadores de precios&quot;, y un proceso de b&#250;squeda de precios (por el subastador) que lleve al equilibrio (igualdad de la demanda y de la oferta globales). Otra vez, vemos que la eficiencia es el resultado de un proceso centralizado - salvo que aqu&#237; Varian habla claramente de &quot;creaci&#243;n de mercados&quot;.
Lo mismo pasa con el otro ejemplo que Varian propone (la interferencia del consumo de un bien entre dos consumidores), en el cual &quot;se dan&quot; dos precios al bien, seg&#250;n quien lo consume. En este caso, la creaci&#243;n de &quot;mercados&quot; supone precios personalizados, uno por individuo; lo que significa que hay un solo agente de cada lado del mercado: no es eso extra&#241;o, sobre todo cuando se caracteriza a un mercado competitivo por el &quot;gran numero&quot; de participantes, como lo hace Varian a lo largo de su libro ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusi&#243;n&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;El mundo de Hal Varian - y de la microeconom&#237;a en general - tiene poco o nada que ver con los mercados, cualquiera sea la forma de estos. Si el modelo de competencia perfecta tiene alg&#250;n inter&#233;s, es para la gente que quiere construir un sistema planificado, donde se deja cierto lugar a las elecciones individuales, pero a condici&#243;n que estas se hagan dentro de un marco muy estricto, y mismo autoritario (ya que esta, por ejemplo, prohibido fijar precios y hacer intercambios directos, sin pasar por el subastador). Esta es la condici&#243;n para llegar a la &quot;eficiencia&quot;.
Varian y los microeconomistas no quieren, obviamente, defender este tipo de organizaci&#243;n econ&#243;mica; al identificarla a los &quot;mercados competitivos&quot;, crean una gran confusi&#243;n, y hacen de una forma de planificaci&#243;n el mercado ideal ! Uno puede obviamente preguntarse porque no aclaran las cosas, porque no salen del modelo ultra centralizado de la competencia perfecta, admitiendo que hay agentes &quot;que hacen lors precios&quot;, que los intercambios no pasan por el subastador, etc. Si no lo hacen es, segun nostoros, por dos razones fundamentales :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; abandonar la competencia perfecta implica abandonar la idea seg&#250;n la cual se va a llegar a un estado eficiente (caso, por ejemplo, de los modelos del monopolio y del oligopolio ) y, por ende, abandonar en buena parte la dimensi&#243;n normativa de la microeconom&#237;a;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://autisme-economie.org/sites/autisme-economie.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; al desaparecer el subastador, surge la cuesti&#243;n fundamental de la &lt;i&gt;indeterminaci&#243;n del intercambio&lt;/i&gt; - viejo problema de la economia politica, al centro de la pol&#233;mica entre Walras y Edgeworth, entre otros. Adem&#225;s, el problema de la informaci&#243;n utilizada por cada agente al momento de su elecci&#243;n, y el de las conjeturas sobre la reacci&#243;n de los otros a su propia elecci&#243;n, vuelven la modelizaci&#243;n terriblemente complicada - sobre todo en equilibrio general -, sin que lleve a resultados claros y definidos (tantos son los par&#225;metros que intervienen en el modelo).
Es por eso que Varian y los microeconomistas prefieren seguir dando una importancia central a la competencia perfecta, aunque &#233;sta no tenga &lt;i&gt;nada que ver&lt;/i&gt; con los &quot;mercados competitivos&quot;, sean lo que sean, como ellos lo pretenden.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
